
Web-série — Abritée dans un bâtiment militaire à l’architecture triangulaire, la caserne Champerret a la particularité d’être située sur le site de l’état-major de la BSPP. Derrière les imposantes portes en bois du 3 boulevard de l’Yser, nous rencontrons Adrien, permanent remise de la 5e compagnie, qui nous partage son quotidien au cœur de cette caserne unique.
Bonjour Adrien, pourrais-tu te présenter ?
Salut, je suis le première classe Adrien Thivent. Je suis affecté au CS Champerret depuis sept ans et demi. Je suis conducteur d’engin-pompe et, depuis le 1er mars, je suis passé permanent remise de la 5e compagnie. C’est un gros travail qui implique la gestion de trois remises : Champerret, Dauphine et Levallois. Depuis décembre dernier, je suis aussi devenu papa d’une petite fille, et ce statut de permanent me permet d’être d’autant plus présent pour ma famille.
Quel est le premier aspect positif qui te vient en tête en pensant à ce CS ?
Champerret, c’est un très beau secteur. Opérationnellement, on n’est pas à plaindre : on dispose de l’Arc de Triomphe, d’une partie des Champs-Élysées et de tout Neuilly-sur-Seine. À Champerret, on ressent aussi, d’une certaine manière, l’âme de la BSPP, par la beauté du CS, par le fait qu’il s’agisse de l’état-major de la Brigade, et malheureusement parce que le centre a connu cinq morts au feu en 2002. Enfin, en tant que remisard, je suis obligé de parler du BEA, parce que ce n’est pas courant : il n’y en a que six à la Brigade !

Quelles spécificités ou type d’inter’ pour ce secteur ?
Sur le secteur de Champ’, on a la particularité d’intervenir aussi bien en intra-muros, avec le XVIIe arrondissement et une petite partie du XVIe, qu’en extra-muros, avec Neuilly-sur-Seine. De manière générale, notre secteur est assez aisé, et on retrouve une forte présence de nombreux VIP, d’ambassades et de consulats.
Quelle est l’intervention qui t’a le plus marqué dans ce CS ?
Je n’ai pas d’intervention marquante à citer, mais on a réalisé une superbe manœuvre avec les mecs du CS, le Groupe de recherche et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP) et une ambulance de réanimation. L’objectif était d’intervenir sur un personnel de la sécurité de l’Arc de Triomphe simulant une douleur thoracique. Lors de la manœuvre, le personnel médical a ordonné une descente de la victime en position allongée stricte. Les escaliers et l’ascenseur ne permettant pas ce type de descente, nous avons mis en place un dispositif de rappel depuis le sommet de l’Arc, soit 50 mètres de haut. C’était une belle manœuvre, que l’on n’a pas souvent l’occasion de pratiquer. C’est pour cette raison que je voulais en parler : c’était assez unique. À la fin de l’exercice, certains ont eu la chance d’effectuer cette descente en rappel inédite… malheureusement, je n’ai pas fait partie des chanceux !
Souvenir personnel/cohésion le plus marquant dans ce CS ?
S’il ne fallait en choisir qu’un, je pense que ce serait les tournois de rugby ! Quand je suis arrivé, il y avait un tournoi de rugby du troisième groupement. J’étais jeune sapeur, je ne connaissais pas du tout ce sport, et on m’a dit : « Tu viens et tu participes au tournoi. » J’ai répondu : « Reçu ! » On m’a fait un maillot avec mon surnom, et j’ai joué. Honnêtement, je ne pensais pas aimer, et finalement j’ai trouvé ça génial… même si ça fait parfois très mal ! Avec la période COVID, le tournoi n’a pas pu continuer, mais j’ai bon espoir qu’il soit un jour réorganisé.