UN POMPIER, UN CS — Adrien au CS Champerret

Raphaël Orlan­do —  — Modi­fiée le 24 mars 2025 à 04 h 23 

Web-série — Abritée dans un bâtiment militaire à l’architecture triangulaire, la caserne Champerret a la particularité d’être située sur le site de l’état-major de la BSPP. Derrière les imposantes portes en bois du 3 boulevard de l’Yser, nous rencontrons Adrien, permanent remise de la 5e compagnie, qui nous partage son quotidien au cœur de cette caserne unique.

Bon­jour Adrien, pour­rais-tu te présenter ?

Salut, je suis le pre­mière classe Adrien Thivent. Je suis affec­té au CS Cham­per­ret depuis sept ans et demi. Je suis conduc­teur d’engin-pompe et, depuis le 1er mars, je suis pas­sé per­ma­nent remise de la 5e com­pa­gnie. C’est un gros tra­vail qui implique la ges­tion de trois remises : Cham­per­ret, Dau­phine et Leval­lois. Depuis décembre der­nier, je suis aus­si deve­nu papa d’une petite fille, et ce sta­tut de per­ma­nent me per­met d’être d’autant plus pré­sent pour ma famille.

Quel est le pre­mier aspect posi­tif qui te vient en tête en pen­sant à ce CS ?

Cham­per­ret, c’est un très beau sec­teur. Opé­ra­tion­nel­le­ment, on n’est pas à plaindre : on dis­pose de l’Arc de Triomphe, d’une par­tie des Champs-Ély­sées et de tout Neuilly-sur-Seine. À Cham­per­ret, on res­sent aus­si, d’une cer­taine manière, l’âme de la BSPP, par la beau­té du CS, par le fait qu’il s’agisse de l’état-major de la Bri­gade, et mal­heu­reu­se­ment parce que le centre a connu cinq morts au feu en 2002. Enfin, en tant que remi­sard, je suis obli­gé de par­ler du BEA, parce que ce n’est pas cou­rant : il n’y en a que six à la Brigade !

Quelles spé­ci­fi­ci­tés ou type d’inter’ pour ce secteur ?

Sur le sec­teur de Champ’, on a la par­ti­cu­la­ri­té d’intervenir aus­si bien en intra-muros, avec le XVIIe arron­dis­se­ment et une petite par­tie du XVIe, qu’en extra-muros, avec Neuilly-sur-Seine. De manière géné­rale, notre sec­teur est assez aisé, et on retrouve une forte pré­sence de nom­breux VIP, d’ambassades et de consulats.

Quelle est l’intervention qui t’a le plus mar­qué dans ce CS ?

Je n’ai pas d’intervention mar­quante à citer, mais on a réa­li­sé une superbe manœuvre avec les mecs du CS, le Groupe de recherche et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP) et une ambu­lance de réani­ma­tion. L’objectif était d’intervenir sur un per­son­nel de la sécu­ri­té de l’Arc de Triomphe simu­lant une dou­leur tho­ra­cique. Lors de la manœuvre, le per­son­nel médi­cal a ordon­né une des­cente de la vic­time en posi­tion allon­gée stricte. Les esca­liers et l’ascenseur ne per­met­tant pas ce type de des­cente, nous avons mis en place un dis­po­si­tif de rap­pel depuis le som­met de l’Arc, soit 50 mètres de haut. C’était une belle manœuvre, que l’on n’a pas sou­vent l’occasion de pra­ti­quer. C’est pour cette rai­son que je vou­lais en par­ler : c’était assez unique. À la fin de l’exercice, cer­tains ont eu la chance d’effectuer cette des­cente en rap­pel inédite… mal­heu­reu­se­ment, je n’ai pas fait par­tie des chanceux !

Sou­ve­nir personnel/​cohésion le plus mar­quant dans ce CS ?

S’il ne fal­lait en choi­sir qu’un, je pense que ce serait les tour­nois de rug­by ! Quand je suis arri­vé, il y avait un tour­noi de rug­by du troi­sième grou­pe­ment. J’étais jeune sapeur, je ne connais­sais pas du tout ce sport, et on m’a dit : « Tu viens et tu par­ti­cipes au tour­noi. » J’ai répon­du : « Reçu ! » On m’a fait un maillot avec mon sur­nom, et j’ai joué. Hon­nê­te­ment, je ne pen­sais pas aimer, et fina­le­ment j’ai trou­vé ça génial… même si ça fait par­fois très mal ! Avec la période COVID, le tour­noi n’a pas pu conti­nuer, mais j’ai bon espoir qu’il soit un jour réorganisé.


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