UN POMPIER, UN CS — Alissa au CS Montrouge

Raphaël Orlan­do —  — Modi­fiée le 24 mars 2025 à 08 h 58 

Web-série — Derrière les portes rouges de la remise du CS Montrouge, l’ambiance familiale se ressent immédiatement. Petit, mais parfaitement aménagé, le CS optimise chaque espace pour offrir un cadre de travail adapté au pompier. C’est ici que nous rencontrons le caporal Alissa, une sapeur-pompier au parcours peu commun.

Bon­jour Alis­sa, pour­rais-tu te présenter ?

Bon­jour, je suis le capo­ral Alis­sa Billy-Ter­ren et je suis affec­tée au CS Mon­trouge depuis cinq ans et demi. Au CS, j’ai plu­sieurs cas­quettes : je suis cheffe d’équipe incen­die, mais éga­le­ment conduc­trice d’engins-pompes et éche­lière. J’ai 30 ans et je vis dans le Sud-Ouest de la France, dans les Landes. Lors de mon inté­gra­tion à Mon­trouge, j’ai rejoint la remise assez rapi­de­ment car je pos­sé­dais déjà mon per­mis poids lourd, grâce à mon ancien métier : ouvrière agricole.

Quel est le pre­mier aspect posi­tif qui te vient en tête en pen­sant à ce CS ?

L’esprit de famille, c’est vrai­ment la pre­mière chose à laquelle je pense. Pour moi, c’est un élé­ment majeur du CS, d’autant plus qu’il se per­pé­tue depuis de nom­breuses années. La confi­gu­ra­tion de la caserne y contri­bue aus­si : on est comme dans une grande mai­son, on vit beau­coup ensemble. Nous sommes nom­breux à res­ter sur nos jours de repos car beau­coup viennent de loin. Je pense que cet esprit de famille vient de là : on vit éga­le­ment beau­coup avec les logés et les sous-offi­ciers, dont les appar­te­ments se trouvent juste au-des­sus de la caserne. For­cé­ment, ça crée de la proximité.

Quelles spé­ci­fi­ci­tés ou type d’inter’ pour ce secteur ?

Mon­trouge, c’est un centre de secours extra-muros dans une com­pa­gnie intra-muros. On béné­fi­cie donc des avan­tages des deux, avec des inter­ven­tions variées, aus­si bien dans les cités que dans des quar­tiers pavillon­naires ou plus aisés. Avec l’intra-muros, on inter­vient éga­le­ment sur des immeubles hauss­man­niens, notam­ment sur les sec­teurs de Port-Royal et de Plai­sance. Le sec­teur com­prend un vaste réseau fer­ré, à la fois sou­ter­rain et aérien, ain­si que de nom­breux axes rou­tiers. En termes de typo­lo­gie d’interventions, on peut donc être appe­lées sur toutes sortes de mis­sions, à l’exception du flu­vial, seul élé­ment man­quant à notre secteur.

Quelle est l’intervention qui t’a le plus mar­qué dans ce CS ?

L’un de nos anciens chefs de centre disait : « Les noms de rue, c’est le nom de per­sonnes connues sou­vent. Chez nous c’est des noms de baroudes. » Alors je vais citer la rue Irène et Fré­dé­ric Joliot-Curie, à Mala­koff. C’était un ren­fort habi­ta­tion, une très belle inter­ven­tion menée avec tout le Départ Nor­mal (DN) de Mon­trouge. Le DN a son­né au petit matin, vers 4 h 30. Le panache était visible de très loin et une phrase de mon chef d’agrès m’a mar­quée : « Les petits gars, il va y avoir du tra­vail pour tout le monde. » Et en effet, ce fut le cas, même pour moi en tant que conduc­trice. Les deux engins-pompes de Mon­trouge ont pu s’alimenter juste en face du sinistre, ce qui nous a per­mis d’être au plus près des col­lègues, ce qui n’est pas tou­jours pos­sible. Cela a per­mis au conduc­teur du Pre­mier-secours éva­cua­tion (PSE) de com­men­cer la prise en charge d’un défe­nes­tré et moi de pré­pa­rer le maté­riel de secours à vic­times pour les dif­fé­rentes équipes. On reparle par­fois de ce feu, et pour tout le monde, ça reste un très bon souvenir.

Sou­ve­nir personnel/​cohésion le plus mar­quant dans ce CS ?

Je passe énor­mé­ment de temps ici, donc j’en ai beau­coup. Nous ne sommes que deux femmes au CS, et en plus, nous sommes toutes les deux conduc­trices, ce qui fait de nous un peu les mas­cottes. Je pense d’abord aux jour­nées portes ouvertes : tout le monde a été très fier de pré­sen­ter le CS. Ça a atti­ré beau­coup de monde et ça fai­sait très long­temps que ça n’avait pas été orga­ni­sé. On a pu faire décou­vrir notre métier et ren­con­trer la popu­la­tion, dans un contexte autre que l’urgence et la détresse. Des sou­ve­nirs j’en ai beau­coup d’autres mais il serait dif­fi­cile de faire une liste, tout sim­ple­ment parce qu’on s’en crée énor­mé­ment à Montrouge.


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