
Web-série — Derrière les portes rouges de la remise du CS Montrouge, l’ambiance familiale se ressent immédiatement. Petit, mais parfaitement aménagé, le CS optimise chaque espace pour offrir un cadre de travail adapté au pompier. C’est ici que nous rencontrons le caporal Alissa, une sapeur-pompier au parcours peu commun.
Bonjour Alissa, pourrais-tu te présenter ?
Bonjour, je suis le caporal Alissa Billy-Terren et je suis affectée au CS Montrouge depuis cinq ans et demi. Au CS, j’ai plusieurs casquettes : je suis cheffe d’équipe incendie, mais également conductrice d’engins-pompes et échelière. J’ai 30 ans et je vis dans le Sud-Ouest de la France, dans les Landes. Lors de mon intégration à Montrouge, j’ai rejoint la remise assez rapidement car je possédais déjà mon permis poids lourd, grâce à mon ancien métier : ouvrière agricole.
Quel est le premier aspect positif qui te vient en tête en pensant à ce CS ?
L’esprit de famille, c’est vraiment la première chose à laquelle je pense. Pour moi, c’est un élément majeur du CS, d’autant plus qu’il se perpétue depuis de nombreuses années. La configuration de la caserne y contribue aussi : on est comme dans une grande maison, on vit beaucoup ensemble. Nous sommes nombreux à rester sur nos jours de repos car beaucoup viennent de loin. Je pense que cet esprit de famille vient de là : on vit également beaucoup avec les logés et les sous-officiers, dont les appartements se trouvent juste au-dessus de la caserne. Forcément, ça crée de la proximité.

Quelles spécificités ou type d’inter’ pour ce secteur ?
Montrouge, c’est un centre de secours extra-muros dans une compagnie intra-muros. On bénéficie donc des avantages des deux, avec des interventions variées, aussi bien dans les cités que dans des quartiers pavillonnaires ou plus aisés. Avec l’intra-muros, on intervient également sur des immeubles haussmanniens, notamment sur les secteurs de Port-Royal et de Plaisance. Le secteur comprend un vaste réseau ferré, à la fois souterrain et aérien, ainsi que de nombreux axes routiers. En termes de typologie d’interventions, on peut donc être appelées sur toutes sortes de missions, à l’exception du fluvial, seul élément manquant à notre secteur.
Quelle est l’intervention qui t’a le plus marqué dans ce CS ?
L’un de nos anciens chefs de centre disait : « Les noms de rue, c’est le nom de personnes connues souvent. Chez nous c’est des noms de baroudes. » Alors je vais citer la rue Irène et Frédéric Joliot-Curie, à Malakoff. C’était un renfort habitation, une très belle intervention menée avec tout le Départ Normal (DN) de Montrouge. Le DN a sonné au petit matin, vers 4 h 30. Le panache était visible de très loin et une phrase de mon chef d’agrès m’a marquée : « Les petits gars, il va y avoir du travail pour tout le monde. » Et en effet, ce fut le cas, même pour moi en tant que conductrice. Les deux engins-pompes de Montrouge ont pu s’alimenter juste en face du sinistre, ce qui nous a permis d’être au plus près des collègues, ce qui n’est pas toujours possible. Cela a permis au conducteur du Premier-secours évacuation (PSE) de commencer la prise en charge d’un défenestré et moi de préparer le matériel de secours à victimes pour les différentes équipes. On reparle parfois de ce feu, et pour tout le monde, ça reste un très bon souvenir.
Souvenir personnel/cohésion le plus marquant dans ce CS ?
Je passe énormément de temps ici, donc j’en ai beaucoup. Nous ne sommes que deux femmes au CS, et en plus, nous sommes toutes les deux conductrices, ce qui fait de nous un peu les mascottes. Je pense d’abord aux journées portes ouvertes : tout le monde a été très fier de présenter le CS. Ça a attiré beaucoup de monde et ça faisait très longtemps que ça n’avait pas été organisé. On a pu faire découvrir notre métier et rencontrer la population, dans un contexte autre que l’urgence et la détresse. Des souvenirs j’en ai beaucoup d’autres mais il serait difficile de faire une liste, tout simplement parce qu’on s’en crée énormément à Montrouge.