DPS AU SDF — La Brigade au cœur de la mêlée

Harry Couvin
25 mars 2026
Renaud Da Sil­va Min­hard —  — Modi­fiée le 25 mars 2026 à 13 h 11 

#BrigadeInside – France-Angleterre au Stade de France : au cœur du dispositif de sécurité du Crunch 2026. Ce samedi 14 mars 2026, la ferveur du Tournoi des Six Nations atteint son paroxysme. Alors que les joueurs se préparent pour un choc de haute intensité, l’enjeu est tout aussi crucial en coulisses. Nous avons suivi l’organisation du Dispositif Prévisionnel de Secours (DPS) mobilisé pour encadrer ce match sous haute surveillance. Immersion dans les rouages de la sécurité civile pour ce sommet du rugby mondial.

Lors de chaque évé­ne­ment majeur, la sécu­ri­té est pri­mor­diale. Sur notre sec­teur BSPP, de mul­tiples mani­fes­ta­tions cultu­relles et spor­tives ras­semblent des mil­liers, voire des cen­taines de mil­liers de per­sonnes. Le Stade de France en a vu pas­ser des choses ! La vic­toire fran­çaise lors de la Coupe du monde de foot­ball en 1998, les der­niers Jeux olym­piques ou encore le concert du rap­peur Jul. En ce same­di plu­vieux et froid du mois de mars, le rug­by pose ses valises à Saint-Denis. Pour assu­rer leur bon dérou­le­ment, un DPS (dis­po­si­tif pré­vi­sion­nel de secours) com­pre­nant les acteurs de la sécu­ri­té inté­rieure est mis en place. La Bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris y prend régu­liè­re­ment part sur des sites comme Paris la Défense Are­na, le parc des Princes et le Stade de France.

Ultimes répé­ti­tions. Il est 16 heures quand les spea­kers du stade com­mencent à révi­ser leurs gammes. Pen­dant ce temps-là, au poste de com­man­de­ment opé­ra­tion­nel (PCO) les par­ties pre­nantes au DPS arrivent au fur et à mesure. Sont notam­ment repré­sen­tés : la pré­fec­ture du 93, la pré­fec­ture de police, la police natio­nale, la CRS, le RAID, le SAMU, la Croix-Rouge, ISMA (Inter­na­tio­nal Ser­vice Medi­cal Assis­tance) et la sécu­ri­té du Stade de France. Cet endroit per­ché sur les hau­teurs du stade est le point névral­gique de la sécu­ri­té. Les enti­tés qui y siègent mutua­lisent leurs com­pé­tences pour assu­rer le bon dérou­le­ment de l’événement.

Ce jour-là, pour la BSPP, le COS pré-dis­po­si­tion­né est le capi­taine Bre­wenn Chaus­set, com­man­dant adjoint de la 33e com­pa­gnie. À ses côtés, le capi­taine Erwin Sala­gnac, méde­cin à l’antenne médi­cale de Mas­se­na tient le rôle de DSM pré-dis­po­si­tion­né (direc­teur des secours médi­caux). À leur arri­vée dans l’enceinte, ils effec­tuent la recon­nais­sance des dif­fé­rents postes de secours avant l’ouverture au public. L’occasion d’établir un pre­mier contact avec la Croix-Rouge et ISMA qui assurent, la prise en charge des vic­times à l’intérieur et aux abords du stade. Leur action per­met de sou­la­ger le nombre d’interventions sur le sec­teur de la 26e com­pa­gnie. « En cas d’évènement majeur et sur déci­sion de la pré­fec­ture, les acteurs d’État prennent le relais, confie le capi­taine Sala­gnac. La Croix-Rouge et ISMA passent alors sous l’autorité de la Bri­gade. L’avantage d’être sur site est que l’on fait un pre­mier tri et on a une vision directe de la situa­tion. L’état-major opé­ra­tion­nel sait donc en temps réel ce qu’il se passe. »

Le DPS opère selon deux modes. En pos­ture de pré­ven­tion, lorsque le dis­po­si­tif est adap­té aux risques iden­ti­fiés. Et en pos­ture opé­ra­tion­nelle, si le risque néces­site l’engagement de moyens supplémentaires.

Jouez Mes­sieurs ! À 18 heures, les portes du stade s’ouvrent au public. La ren­contre débute à 21 heures 10. Les pre­miers spec­ta­teurs affluent vers le stade pou­vant accueillir jusqu’à 80 698 per­sonnes en confi­gu­ra­tion foot­ball ou rug­by et 97 000 per­sonnes pour un concert. Pen­dant ce temps-là au PCO, on s’active. Les pre­mières infor­ma­tions remontent. Arri­vées des auto­ri­tés, arri­vées des joueurs, pre­mières inter­ven­tions de secours à vic­times… la soi­rée est lancée.

La par­faite coor­di­na­tion entre les dif­fé­rents ser­vices per­met d’assurer la mon­tée en puis­sance de l’événement. Elle repose éga­le­ment sur une anti­ci­pa­tion des scé­na­rios pos­sibles. Chaque ser­vice connaît ain­si pré­ci­sé­ment son rôle, ses zones d’action et ses inter­lo­cu­teurs directs en cas d’accident. Cette orga­ni­sa­tion se maté­ria­lise par un sui­vi constant de la situa­tion, avec des points régu­liers entre les res­pon­sables des dif­fé­rentes enti­tés. La capa­ci­té d’adaptation du dis­po­si­tif consti­tue un atout majeur face aux risques. Ils sont nom­breux et prin­ci­pa­le­ment liés au public. On pense alors aux mou­ve­ments de foules, aux risques ter­ro­ristes et aux vio­lences. Mais ils peuvent aus­si éma­ner des dif­fé­rents spec­tacles pyro­tech­niques qui ont lieu avant et après le match. Sur et en dehors du ter­rain, l’enjeu est donc de taille, comme le sou­ligne le capi­taine Bre­wenn Chaus­set : « Ici, nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne, nous ne sommes pas le prin­ci­pal inter­ve­nant. Sur place, nous assu­rons en temps réel une remon­tée d’informations pour la Bri­gade et fai­sons une demande de moyen le cas échéant. Chaque par­ti­ci­pant au DPS a un impact, un rôle dans ce genre d’évènements. Il est impor­tant de bien col­la­bo­rer. » La Mar­seillaise reten­tit a capel­la dans tout le stade. Place au jeu.

Durant le match, tout le monde est à son poste au PCO. Les 79 176 per­sonnes atten­dues ont pris place en tri­bune. Il s’agit main­te­nant de veiller au grain et de regar­der du coin de l’œil la France et l’Angleterre se rendre coup pour coup.

Coup de sif­flet final. Le XV de France triomphe de l’ennemi bri­tan­nique dans les der­niers ins­tants du match ! Pen­dant ce temps-là, en cou­lisses, aucune inter­ven­tion majeure à déplo­rer. L’évacuation du public débute sous sur­veillance. Une phase cri­tique qui doit être maî­tri­sée afin d’éviter tout mou­ve­ment de foule. D’autant plus qu’après 80 minutes sous ten­sion, les sup­por­ters sou­haitent s’approcher au plus près de leurs héros du jour pour fêter la vic­toire. Les dif­fé­rentes célé­bra­tions imposent le main­tien du DPS, pour accom­plir la mis­sion reçue jusqu’au bout. Peu à peu, la fer­veur retombe et les flux de spec­ta­teurs se dis­sipent dans le calme. L’ensemble du dis­po­si­tif est levé aux alen­tours de 3 heures du matin.

La pré­sence de la Bri­gade dans ce type de mani­fes­ta­tion illustre son enga­ge­ment per­ma­nent au ser­vice de la popu­la­tion. Un enga­ge­ment sans faille en com­plé­men­ta­ri­té avec l’ensemble des acteurs de la sécurité.

Dénom­bre­ment ter­rain : 27 UR dont 3 trans­por­tées. Et… une deuxième vic­toire consé­cu­tive de la France dans le tour­noi des six nations.

Photos : CCH François-Julien Léonetti


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