ENGINS — VLI, à la croisée des chemins

Harry Couvin
14 août 2024
Marie-Liesse Yon —  — Modi­fiée le 31 octobre 2024 à 10 h 19 

Engins et matériels – Entre l’ambulance de réanimation et le véhicule de secours à victimes, le Véhicule léger infirmier (VLI) est un des tous derniers engins de la Brigade… Découverte.

Le véhi­cule léger infir­mier révo­lu­tionne le fonc­tion­ne­ment de la coor­di­na­tion médi­cale. Qui plus est, il aug­mente l’offre de soins au pro­fit de la popu­la­tion sur le sec­teur BSPP. Mis en ser­vice il y a quelques années, en 2019, il a per­mis une amé­lio­ra­tion de la qua­li­té de ser­vice ren­du aux popu­la­tions ain­si qu’aux sapeurs-pom­piers en garan­tis­sant une rapi­di­té d’intervention et des soins conformes. Cepen­dant, l’engin spé­ci­fi­que­ment adap­té n’existe que depuis quelques semaines seule­ment ! De fait, son arme­ment a eu lieu le 18 avril der­nier, et sa mise en ser­vice a été effec­tive dès le len­de­main. Ce n’est pas par ses dimen­sions — 5,50 mètres de lon­gueur sur 2,10 mètres de hau­teur — mais bien par son usage que ce nou­vel engin en impose.

En 2018, le géné­ral Jean-Marie Gon­tier, de concert avec le méde­cin-chef Pru­net, décide d’introduire un nou­veau véhi­cule à la Bri­gade, le VLI, comme nou­veau moyen de secours à vic­times. « Nous avons mis en place un troi­sième type de prise en charge du patient. Avec le VLI, nous créons une offre de soins inter­mé­diaire » pré­cise l’adjudant-chef Jérôme Pal­lier, cadre de san­té au bureau de méde­cine d’urgence (BMU). Le nou­veau camion est à la croi­sée des che­mins entre le véhi­cule de secours à vic­times (VSAV) et l’ambulance de réani­ma­tion (AR) ou le ser­vice mobile d’urgence et de réani­ma­tion (SMUR).

Aujourd’hui, pas moins de deux VLI sont opé­ra­tion­nels. Le pre­mier, mis en ser­vice le 4 novembre 2019, est affec­té au centre de secours Cham­pi­gny-Sur-Marne et couvre une par­tie des com­munes des dépar­te­ments du 93 et du 94. Un deuxième véhi­cule com­plète la paire : le VLI du centre de secours Cour­be­voie, ins­tau­ré le 4
jan­vier 2021, couvre quant à lui plu­sieurs com­munes du dépar­te­ment du 92 ain­si que les VIIIe, XVIe et XVIIe arron­dis­se­ments de Paris. Depuis le 8 jan­vier der­nier, les deux VLI sont opé­ra­tion­nels 24H/​24, 7 jours sur 7 sur leurs sec­teurs respectifs.

« Le pre­mier VLI a été inau­gu­ré à Cham­pi­gny-Sur-Marne pour un test de six mois. C’était une camion­nette trans­for­mée avec des caisses, rien à voir avec cette nou­velle ver­sion ! » explique l’adjudant-chef Emi­lie Tau­vron, réfé­rente para­mé­di­cale du BMU et res­pon­sable du dos­sier VLI. En effet, le desi­gn de l’engin a été mûre­ment réflé­chi et soi­gné afin d’aboutir à une ver­sion fonc­tion­nelle. Depuis avril der­nier, la der­nière ver­sion du véhi­cule est en ser­vice dans deux centres de secours du sec­teur Brigade.

Un panel de mis­sions. Les opé­ra­tions assu­rées par ce véhi­cule sont diverses. « Véri­table avan­cée pour le sou­tien sani­taire opé­ra­tion­nel » selon l’adjudant-chef Tau­vron, il per­met en pre­mier lieu d’assurer une plus-value à la qua­li­té du sou­tien san­té appor­té aux sapeurs-pom­piers. « Aupa­ra­vant, sur inter­ven­tion, on avait ten­dance à prio­ri­ser les vic­times civiles, au détri­ment des pom­piers. Désor­mais, on est tout à fait dis­po­nible pour eux », ajoute l’adjudant-chef.
Quant aux secours et soins d’urgence aux per­sonnes, le VLI peut inter­ve­nir de manière « auto­nome ». En d’autres termes, il peut agir sans équipe médi­cale, si elle n’est pas néces­saire. Grâce au VLI, l’équipe peut réa­li­ser des exa­mens para­cli­niques ou appor­ter une pre­mière réponse thérapeutique.

Le véhi­cule léger infir­mier peut éga­le­ment être mis­sion­né « en pré­cur­seur ». En clair, s’il est envoyé en même temps qu’une équipe médi­cale et s’il arrive avant cette der­nière, il peut alors com­men­cer à prendre en charge la vic­time, grâce à l’application des Pro­to­coles infir­miers de soins d’urgence (PISU). Grâce à la mise en place du livret PISU, l’infirmier peut en effet admi­nis­trer des trai­te­ments dans le cadre de 19 pro­to­coles, comme par exemple l’arrêt car­diaque, la crise d’asthme, la prise en charge de la dou­leur, l’hypoglycémie ou encore la crise convul­sive. Les pres­crip­tions médi­cales télé­pho­niques à la coor­di­na­tion médi­cale sont éga­le­ment envi­sa­geables, si la réponse thé­ra­peu­tique n’est pas suf­fi­sante au sein des PISU.

En somme, le VLI apporte une réponse non seule­ment plus rapide sur inter­ven­tion, mais aus­si moins oné­reuse et per­met éga­le­ment de sou­la­ger la charge de tra­vail des méde­cins. « Main­te­nant que nous avons les nou­veaux VLI avec du per­son­nel qua­li­fié, que les PISU sont com­plets, et que nous sommes connus de la coor­di­na­tion médi­cale et des SAMU, nous pou­vons appor­ter une véri­table plus-value sur inter­ven­tion » constate la réfé­rente du pro­jet, satisfaite.

Un arme­ment bien opti­mi­sé. Le VLI, dont la charge totale est de 2 560 kg, dis­pose d’un équi­pe­ment, lui per­met­tant d’intervenir dans de nom­breuses situa­tions. Etant don­né que ce véhi­cule ne trans­porte aucune vic­time, il n’y a pas de cel­lule. « Tout le maté­riel est acces­sible depuis l’extérieur » indique l’adjudant-chef Tau­vron. Le sac d’intervention, la sta­tion de tra­vail MEDPACK, le moni­teur mul­ti-para­mé­trique, le sac feu et la planche à mas­ser consti­tuent l’essentiel du maté­riel. Les espaces de ran­ge­ment sont opti­mi­sés. De fait, ils aug­mentent la qua­li­té et le confort du tra­vail des équipes.

Quant à l’équipage : un infir­mier — vali­dé VLI — qui endosse la res­pon­sa­bi­li­té de chef d’agrès et un conduc­teur ambu­lan­cier — vali­dé AR — agissent de pair. Plu­sieurs jour­nées théo­riques, d’ateliers pra­tiques et de jour­nées de simu­la­tion, au Val-de-Grâce, sont néces­saires pour deve­nir infir­mier VLI et plu­sieurs dou­blures viennent par­faire leur formation.

Les pro­jets pour l’année à venir. En plus de la mise en ser­vice d’un troi­sième véhi­cule léger infir­mier dans le G1, il est envi­sa­gé de com­plé­ter la « Bible » que repré­sente le livret de PISU. De fait, l’objectif est d’aboutir à une uni­for­mi­sa­tion des aides cog­ni­tives, en s’alignant sur celles réa­li­sées par l’ambulance de réani­ma­tion. À cette occa­sion, de nou­velles pos­si­bi­li­tés d’administration thé­ra­peu­tique et des aides cog­ni­tives pour­raient être ajou­tées. En com­plé­tant le maillon man­quant de la chaîne de la coor­di­na­tion médi­cale, le VLI révo­lu­tionne la prise en charge des urgences. « Un dis­po­si­tif dont on ne va plus pou­voir se pas­ser sur inter­ven­tion » conclut avec satis­fac­tion l’adjudant-chef Tauvron !


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