PARIS 2024 - LCL David Menigon : "La mobilisation est intense et tout le monde est sur le pont"

Harry Couvin
21 mars 2023
Har­ry Cou­vin —  — Modi­fiée le 25 juillet 2024 à 21 h 08 

Les rencontres d’ALLO DIX-HUIT – Référent Brigade pour la gestion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, le lieutenant-colonel David Menigon a bien voulu répondre à nos questions autour de l’organisation de la BSPP pour cet événement majeur.

Pou­vez-vous nous retra­cer les grandes lignes de votre par­cours pro ?

Je suis issu d’un recru­te­ment semi-direct. Après deux années de conscrip­tion et 3 années pas­sées au Groupe de Défense Nucléaire Bio­lo­gique et Chi­mique de Dra­gui­gnan (GDNBC deve­nu 2e régi­ment de dra­gons de Fon­te­vraud), j’ai rejoint en 2002 la 42e pro­mo­tion de l’École Mili­taire Inter­armes. J’ai eu l’opportunité de choi­sir la com­po­sante sécu­ri­té et de rejoindre la BSPP en 2005, à l’issue de mon année de for­ma­tion en divi­sion d’application au sein de l’École du génie d’Angers. J’ai fait mes pre­mières armes à la 10e com­pa­gnie où j’ai occu­pé la fonc­tion de chef de garde pen­dant trois belles années, sur un sec­teur extrê­me­ment riche et intense sur le plan opé­ra­tion­nel. J’ai ensuite décou­vert les mul­tiples facettes de la ban­lieue en rejoi­gnant la 26e com­pa­gnie en 2008 que j’ai eu l’honneur de com­man­der pen­dant trois années de 2010 à 2013. Puis, affec­té à l’état-major du 1er grou­pe­ment d’incendie et de secours, j’ai occu­pé suc­ces­si­ve­ment la fonc­tion d’adjoint de chef SOI puis de chef SOI. Encore cinq belles années… Une période dif­fé­rente de la com­pa­gnie d’incendie mais éga­le­ment très enri­chis­sante au sein d’une équipe sou­dée et très professionnelle.

Ensuite, chan­ge­ment d’univers…

Oui. Après la réus­site du diplôme tech­nique et une année de sco­la­ri­té en Mas­ter Spé­cia­li­sé à l’École Natio­nale Supé­rieure d’Arts et métiers, j’ai décou­vert un nou­vel envi­ron­ne­ment au sein du Contrôle Géné­ral des Armées où j’ai exer­cé la fonc­tion d’inspecteur du tra­vail dans les armées au sein du pôle tra­vail du groupe des ins­pec­tions spé­cia­li­sées. Une belle oppor­tu­ni­té pro­fes­sion­nelle : com­mis­sion­né par le ministre des armées et asser­men­té auprès des tri­bu­naux judi­ciaires, j’ai en effet mesu­ré concrè­te­ment la grande diver­si­té des orga­nismes du minis­tère des Armées lors de mes dif­fé­rentes ins­pec­tions. Je contrô­lais notam­ment l’application de la régle­men­ta­tion rela­tive à la san­té et à la sécu­ri­té du tra­vail sur les emprises pla­cées sous l’autorité du ministre des armées, à la fois pour le per­son­nel civil et mili­taire mais éga­le­ment pour les sala­riés des entre­prises de droit pri­vé inter­ve­nant sur les emprises de la défense… un nou­veau départ pro­fes­sion­nel et une pro­fonde remise en ques­tion après treize années à la BSPP.

Quel est votre rôle à la Brigade ?

Je suis affec­té à la Divi­sion Emploi au sein du Bureau Pla­ni­fi­ca­tion Opé­ra­tion­nelle. J’occupe prin­ci­pa­le­ment la fonc­tion d’officier de marque, de réfé­rent, pour les Jeux olym­piques et para­lym­piques (JOP). Inté­gré au sein d’une équipe pro­jet pilo­tée par le colo­nel adjoint ter­ri­to­rial, je par­ti­cipe à la grande majo­ri­té des groupes de tra­vail ou ate­liers tech­niques sous la hou­lette de la Mis­sion Paris 2024 de la pré­fec­ture de police qui coor­donne l’ensemble des dos­siers. Je suis éga­le­ment appuyé par les experts des dif­fé­rents bureaux, comme le bureau pré­ven­tion lorsque les thé­ma­tiques font appel à des connais­sances bien spé­ci­fiques. Ce tra­vail est réa­li­sé de concert avec les réfé­rents iden­ti­fiés au sein de chaque divi­sion, bureau et grou­pe­ment. Les sujets ne manquent pas. La pré­pa­ra­tion des Jeux s’est inten­si­fiée depuis sep­tembre der­nier. Aujourd’hui, les JOP repré­sentent 90 % de mon tra­vail quo­ti­dien. Pour mémoire c’est la prio­ri­té immé­diate du géné­ral com­man­dant la bri­gade dans son plan d’action. L’intention du chef est claire : réus­sir la pré­pa­ra­tion de ren­dez-vous sécu­ri­taires majeurs avec un effort spé­ci­fique sur la pré­pa­ra­tion des JOP. Les enjeux sont effec­ti­ve­ment de taille : pour reprendre les termes du Comi­té inter­na­tio­nal olym­pique (CIO), les JO sont « l’équivalent de 42 cham­pion­nats du monde, d’un G20, d’une assem­blée géné­rale de l’ONU, et d’un som­met de Davos se dérou­lant simul­ta­né­ment au même endroit ». Les chiffres parlent d’eux même. Paris 2024, ce sera 15 000 ath­lètes, 50 000 volon­taires à l’œuvre, 206 nations repré­sen­tées, 13,5 mil­lions de spec­ta­teurs atten­dus, 20 000 jour­na­listes accré­di­tés, 4 mil­liards de télé­spec­ta­teurs et 100 000 heures de dif­fu­sion TV. 

Réfèrent JOP, quand on sait que c’est l’objectif prin­ci­pal du com­man­de­ment, est-ce que ça vous met la pression ?

Non, pas du tout. Au contraire. C’est une réelle oppor­tu­ni­té de pou­voir tra­vailler sur un sujet trans­verse qui inté­resse toutes les divi­sions et l’ensemble des grou­pe­ments. La mobi­li­sa­tion des bureaux est intense et tout le monde est sur le pont. C’est plu­tôt ras­su­rant et ça per­met d’avancer sur l’ensemble des sujets en toute confiance. N’oublions pas que la Bri­gade est une ins­ti­tu­tion aguer­rie et rom­pue à ce genre de mis­sion. Sa capa­ci­té de mobi­li­sa­tion, sa rési­lience et son apti­tude à rele­ver les défis ne sont plus à prou­ver. Il faut effec­ti­ve­ment gar­der à l’esprit que les enjeux sont consi­dé­rables, sur le plan poli­tique ou encore de la répu­ta­tion du corps, mais les savoir-faire et l’expérience sont là. Donc une légère pres­sion peut être… mais on sait faire. 

Grand palais (pho­to paris 2024)

Quelle est la pro­blé­ma­tique d’en­semble pour la Brigade ?

Pour avoir une vision glo­bale et exhaus­tive, je pense qu’il y a plu­sieurs sujets pour la Brigade :

Tout d’abord il faut pré­pa­rer la mon­tée en puis­sance de notre orga­ni­sa­tion et nous mobi­li­ser tout en conti­nuant à rem­plir notre mis­sion quo­ti­dienne de pro­tec­tion et de secours à la popu­la­tion pari­sienne. Nous devons iden­ti­fier par­fai­te­ment nos prio­ri­tés opé­ra­tion­nelles et éva­luer les capa­ci­tés que nous pou­vons pro­po­ser en gar­dant à l’esprit que les res­sources sont comp­tées. Ce tra­vail est déjà bien enta­mé mais cer­tains points sont encore à consolider. 

Il faut éga­le­ment avan­cer au rythme des dif­fé­rents groupes de tra­vail en s’adaptant sans cesse au chan­ge­ment. C’est par­fois la méthode de la décou­verte. Il faut donc être très réac­tif et être en mesure de tra­vailler en temps contraint pour répondre dans l’urgence aux dif­fé­rentes sol­li­ci­ta­tions et pro­gres­ser de manière coordonnée. 

Nous devons par ailleurs res­ter vigi­lants et être pré­sents sur l’ensemble des sol­li­ci­ta­tions pour ne pas pas­ser à côté d’un sujet qui nous serait pré­ju­di­ciable. Por­ter la posi­tion de la Bri­gade dans les dif­fé­rents groupes de tra­vail et ate­liers tech­niques, c’est pri­mor­dial. Même si la comi­to­lo­gie est consé­quente, il faut faire l’effort d’être sur tous les fronts. 

Nous devons par ailleurs res­ter vigi­lants et être pré­sents sur l’ensemble des sol­li­ci­ta­tions pour ne pas pas­ser à côté d’un sujet qui nous serait préjudiciable.

Est-ce dif­fi­cile de pla­ni­fier alors qu’une par­tie des infra­struc­tures n’est pas encore réalisée ?

Effec­ti­ve­ment, il y a encore des infra­struc­tures inache­vées et de nom­breuses incer­ti­tudes ou incon­nues à ce jour sur l’ensemble des sujets. Mais nous avons déjà une bonne visi­bi­li­té sur cer­tains dos­siers comme les sites de com­pé­ti­tions, les sites d’entraînements, les épreuves sur routes ou encore les sites de célé­bra­tions. En interne, la Bri­gade s’est mise en ordre de marche depuis plu­sieurs mois. La Divi­sion emploi (DIVEMP) est lea­der pour la pré­pa­ra­tion de la contri­bu­tion de la BSPP aux JOP. A ce titre, un docu­ment de pla­ni­fi­ca­tion d’état-major « Ops Desi­gn » a été ini­tié au pre­mier semestre 2022 par mon pré­dé­ces­seur. Il per­met d’identifier nos prio­ri­tés opé­ra­tion­nelles et orga­ni­sa­tion­nelles et de caden­cer l’ensemble des tra­vaux conduits par les divi­sions et les groupements. 

Dans cer­tains groupes de tra­vail ou ate­liers tech­niques, la réflexion est lente, par­fois com­pli­quée avec des sujets qui sou­vent ne sont pas encore à matu­ri­té. Mais même dans ces condi­tions, il nous est tou­jours pos­sible de pla­ni­fier. La sin­gu­la­ri­té mili­taire de notre métier de sapeur-pom­pier de Paris nous faci­lite gran­de­ment la tâche. La pla­ni­fi­ca­tion fait par­tie de notre ADN. L’anticipation des cas non-conformes et la défi­ni­tion des modes d’action font par­tie de notre culture. Après, il faut savoir faire preuve de réac­ti­vi­té et mettre tout cela en musique.

Vil­lage olym­pique (pho­to paris 2024)

En terme d’in­fra­struc­tures, quels vont être les grands chantiers ?

Le prin­ci­pal chan­tier iden­ti­fié en termes d’infrastructures, c’est la construc­tion du centre de secours dédié à la sécu­ri­té du vil­lage olym­pique. Pour le moment il s’agit d’une base de com­man­de­ment avan­cée de la pré­fec­ture de Police qui opé­re­ra pen­dant le temps des Jeux. Une fois les Jeux ter­mi­nés, ce que l’on appelle plus com­mu­né­ment la phase héri­tage, cette base avan­cée devien­dra un CS sup­plé­men­taire pour la BSPP. A ce jour, l’organisation et l’armement du CS dit « CS VOP » est vali­dée. Il sera livré au GAS et consti­tue­ra le PC d’unité de la 40e com­pa­gnie — CAS. Le nom de bap­tême en revanche n’est pas encore arrêté. 

Il y a d’autres chan­tiers d’envergure mais qui n’impactent pas direc­te­ment l’infra BSPP. Je pense notam­ment au clus­ter des médias qui com­por­te­ra deux sites dis­tincts, le vil­lage des médias qui sor­ti­ra de terre sur la com­mune de Dugny (93), site qui a voca­tion à héber­ger les 1 300 jour­na­listes et tech­ni­ciens dédiés aux JOP et l’IBC (Inter­na­tio­nal Broad­cast Cen­ter) posi­tion­né sur Le Bour­get qui a voca­tion à accueillir les nom­breux dif­fu­seurs offi­ciels, envi­ron 15 000 personnes. 

Ce plan va-t-il deman­der un effort en ce qui concerne les res­sources humaines ?

Effec­ti­ve­ment. Pour mémoire, trois risques prin­ci­paux ont été iden­ti­fiés : une aggra­va­tion du risque cou­rant lié à un afflux mas­sif de visi­teurs sur la capi­tale, un risque spé­ci­fique en rai­son de la forte concen­tra­tion du public sur cer­tains sites de com­pé­ti­tions ou de célé­bra­tions et enfin une pro­ba­bi­li­té d’occurrence plus éle­vée du risque excep­tion­nel liée au carac­tère sym­bo­lique, poli­tique et média­tique de l’évènement. La Divi­sion orga­ni­sa­tion res­sources humaines (DIVORH) a donc iden­ti­fié plu­sieurs leviers et ini­tié un cer­tain nombre de chan­tiers pour répondre à la mon­tée en puis­sance capa­ci­taire. D’une part, pour le per­son­nel d’active en rehaus­sant le plan de recru­te­ment en 2023 et 2024 pour garan­tir un niveau de réa­li­sa­tion des effec­tifs proche de la cible, mais éga­le­ment pour le per­son­nel de réserve avec la mon­tée en puis­sance du plan réserve 2024 ou l’anticipation du recru­te­ment de réser­vistes spé­cia­listes. Il y aus­si l’adaptation de la for­ma­tion, une poli­tique de per­mis­sion adap­tée à la période JOP 2024, les tra­vaux de modé­li­sa­tion de ser­vice et bien d’autres sujets encore…la manœuvre RH est conséquente.

Le sché­ma de gou­ver­nance est un peu com­plexe, mais très vite on com­prend qui fait quoi.

En inter­ser­vices, quels sont les prin­ci­paux acteurs ?

Ils sont nom­breux et au départ, le sché­ma de gou­ver­nance est un peu com­plexe à appré­hen­der mais très vite on com­prend qui fait quoi. Par­mi les acteurs nous avons tout d’abord le Comi­té orga­ni­sa­teur des JOP Paris 2024 (COJO), la mai­rie de Paris, ville hôte, la Délé­ga­tion inter­mi­nis­té­rielle aux Jeux olym­piques et para­lym­piques (DIJOP) qui est rat­ta­chée au Pre­mier ministre et qui accom­pagne la pré­pa­ra­tion des Jeux olym­piques et para­lym­piques de Paris 2024 en coor­don­nant les actions des dif­fé­rents minis­tères. SOLIDEO également…Société de livrai­son des équi­pe­ments olym­piques et para­lym­piques qui super­vise les tra­vaux des dif­fé­rents maîtres d’ouvrage publics et pri­vés. La pré­fec­ture de Police, bien évi­de­ment, et ses dif­fé­rents ser­vices avec les­quels nous avons l’habitude de tra­vailler comme la Direc­tion de la sécu­ri­té de proxi­mi­té de l’agglomération pari­sienne (DSPAP), la Direc­tion de l’ordre public et de la cir­cu­la­tion (DOPC) ou la bri­gade flu­viale. A cela s’ajoute les col­lec­ti­vi­tés, les dif­fé­rents opé­ra­teurs de trans­port public (RATP, SNCF…) pour les enjeux de trans­ports et de mobi­li­té ou encore Voies navi­gables de France (VNF), opé­ra­teur natio­nal de l’ambition flu­viale. La liste est encore bien longue et les péri­mètres de res­pon­sa­bi­li­té très variés. 

Espla­nade des inva­lides (pho­to paris 2024)

Est-ce que tous les acteurs de cet ensemble inter­ser­vices fonc­tionnent au même rythme ?

C’est par­fois com­plexe mais la Mis­sion Paris 2024 au sein du SGZDS est là pour conduire et coor­don­ner la manœuvre. La struc­ture est notam­ment dédiée à la pré­pa­ra­tion des dis­po­si­tifs de sûre­té et de sécu­ri­té. Res­pon­sable de la mise en œuvre de la feuille de route, elle veille jus­te­ment à faire avan­cer l’ensemble des acteurs au même rythme. Une fois de plus on s’adapte. L’essentiel pour nous, c’est d’être à l’heure sur l’ensemble des objec­tifs fixés. 

Arma­da, la céré­mo­nie d’ou­ver­ture devrait accueillir 600 000 per­sonnes autour de la Seine. Com­ment la BSPP doit gérer une telle affluence ? 

La céré­mo­nie d’ouverture est qua­li­fiée comme un évé­ne­ment unique en son genre, ori­gi­nal et auda­cieux. Pour la pre­mière fois des jeux d’été, une céré­mo­nie se déroule hors d’un stade. Nous devons donc anti­ci­per la mobi­li­sa­tion géné­rale et mas­sive de nos moyens maté­riels et humains pour assu­rer la mis­sion qui nous est confiée. Il s’agit d’un défi sécu­ri­taire qu’il nous faut rele­ver. Le dis­po­si­tif opé­ra­tion­nel pour assu­rer la sécu­ri­té de la grande parade flu­viale sur la Seine est en cours de fina­li­sa­tion. Des moyens de ren­for­ce­ment zonaux ont éga­le­ment été demandés. 

L’articulation des secours et le dimen­sion­ne­ment des moyens seront à la hau­teur de l’évènement. Concer­nant les effec­tifs, il y a encore des dis­cus­sions sur les dif­fé­rentes jauges des spec­ta­teurs qui assis­te­ront à cet évè­ne­ment depuis les quais bas et les quais hauts de la Seine. Le bureau pré­ven­tion est for­te­ment sol­li­ci­té sur ce sujet. De toute façon, il fau­dra être au ren­dez-vous. La Bri­gade a par­ti­ci­pé à maintes reprises, à dif­fé­rents évè­ne­ments inter­na­tio­naux comme la Confé­rence inter­na­tio­nale sur le cli­mat qui s’est dérou­lée à Paris en 2015. A nous de nous adap­ter à l’envergure de l’évènement et de mul­ti­plier les efforts. Et par ailleurs nous ne sommes pas seuls… N’oublions pas les autres ser­vices de l’Etat avec qui nous tra­vaillons de manière conjointe sur l’organisation de la cérémonie. 

Nous pour­rons consi­dé­rer cette période comme un héri­tage historique.

Une fois, les jeux ter­mi­nés, quel sera l’hé­ri­tage pour la Brigade ?

Au-delà du CS VOP men­tion­né pré­cé­dem­ment qui s’inscrit dans l’héritage direct, il y a d’autres aspects qui méritent d’être men­tion­nés : comme sur toute opé­ra­tion vien­dra le temps du bilan et du retour d’expérience. Cette séquence opé­ra­tion­nelle n’y échap­pe­ra pas. Il fau­dra tirer les ensei­gne­ments et prendre en compte les axes d’amélioration des actions conduite à la fois en amont, dans le cadre de la pré­pa­ra­tion et de la mon­tée en puis­sance, mais éga­le­ment lors de la phase de conduite pen­dant les 80 jours de pos­tures. Nous avons éga­le­ment pris part à dif­fé­rentes expé­ri­men­ta­tions de tech­no­lo­gies de sécu­ri­té pilo­tées par la Délé­ga­tion minis­té­rielle aux par­te­na­riats, aux stra­té­gies et aux inno­va­tions de sécu­ri­té (DPSIS). A ce stade, il est dif­fi­cile de pré­voir l’avenir mais consi­dé­rant que nous avons for­mu­lé des choix d’acquisition, nous pour­rions béné­fi­cier de cer­tains équi­pe­ments à l’issue des jeux. Tou­te­fois la lisi­bi­li­té sur ce sujet est encore très réduite.

Et puis un autre aspect et pas des moindres : je pense que nous pour­rons consi­dé­rer cette période comme un héri­tage his­to­rique. N’oublions pas que les célé­bra­tions de l’Olympiade à Paris remontent à 1900 et 1924 (hors édi­tions hiver­nales)… Même les plus anciens d’entre nous n’ont pas connu une telle séquence opé­ra­tion­nelle avec cette mobi­li­sa­tion hors norme. Je pense qu’on ne peut pas res­ter insen­sible à l’accueil d’un des plus grands évè­ne­ments mon­diaux. Consi­dé­rant l’élan col­lec­tif, nous pour­rons tous, par­ta­ger et reven­di­quer cet héri­tage et dire « j’y étais » !

Quelle ques­tion man­quait à cette interview ?

Je ne sais pas… Peut-être une ques­tion sur la manière dont j’ai per­çu les choses lorsque l’on m’a annon­cé que je ne n’aurai qu’un seul dos­sier à trai­ter au quo­ti­dien. Ça peut sem­bler frus­trant en pre­mière approche. Or dès les pre­mières réunions et sur­tout après avoir repris le flam­beau der­rière mon pré­dé­ces­seur à qui je dois de solides fon­da­tions, j’ai rapi­de­ment per­çu l’étendue du chan­tier qui m’attendait. En tout cas, j’en suis heu­reux et c’est une expé­rience extrê­me­ment enri­chis­sante pour un retour au sein de la BSPP…

Photo : CCH Nicolas Breiner

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