SPORT OPÉRATIONNEL (2/2)— Hyrox... Kesako ?

Harry Couvin
28 novembre 2025
 — Modi­fiée le 27 novembre 2025 à 05 h 16 

Ce cir­cuit, qui doit être réa­li­sé le plus vite pos­sible, com­porte huit sta­tions ; avant chaque ate­lier, un tour de course à pied doit être réa­li­sé. La dis­tance de course à pied entre les ate­liers est nor­mée, et le concur­rent doit réa­li­ser 1 000 mètres. Le cir­cuit peut être réa­li­sé seul ou en binôme. En binôme, la dis­tance de course est à par­cou­rir par l’ensemble de l’équipe. La réa­li­sa­tion des ate­liers est à par­ta­ger, la découpe du tra­vail mus­cu­laire est lais­sée à la dili­gence des équi­piers. Plu­sieurs caté­go­ries peuvent être choi­sies selon le niveau des pra­ti­quants. Les charges externes des ate­liers varient selon la caté­go­rie. Il n’y a pas d’utilisation de l’haltérophilie, ce qui le rend plus acces­sible et moins tech­nique dans sa pratique.

L’ensemble de cette épreuve impose une ges­tion de l’effort et uti­lise l’ensemble des filières éner­gé­tiques du pratiquant.

Les ate­liers, tous poly­ar­ti­cu­laires, sont répar­tis comme expli­qué ci-après :

Cet ate­lier uti­lise un ergo­mètre qui mime le mou­ve­ment du ski de fond. Il met en jeu le sys­tème car­dio­vas­cu­laire, le sys­tème res­pi­ra­toire, l’ensemble des muscles du haut du corps et du noyau cen­tral (abdo­mi­naux, lom­baires et muscles exten­seurs de hanche) de l’athlète. La dis­tance à par­cou­rir est de 1 000 mètres.

Il s’agit de pous­ser un traî­neau sur une dis­tance de 50 mètres. La charge dépo­sée sur le traî­neau varie en fonc­tion de la caté­go­rie dans laquelle l’athlète concourt. Cette pra­tique sol­li­cite le haut du corps. Exer­cice de force pure, il engage for­te­ment les épaules, les pec­to­raux, la sangle abdo­mi­nale et toute la chaîne pos­té­rieure. Un effort fron­tal, exi­geant, où chaque appui compte.

Le poids du traî­neau est adap­té à la caté­go­rie du pra­ti­quant. À l’aide d’une corde, il s’agit de tirer un traî­neau sur 50 mètres. Dor­saux, biceps, qua­dri­ceps et gai­nage sont sou­mis à rude épreuve. Un tra­vail qui allie force, résis­tance mus­cu­laire et ancrage au sol.

Pour cette sta­tion, il fau­dra par­cou­rir 80 m. Un enchaî­ne­ment explo­sif entre bur­pee et saut en lon­gueur pour cou­vrir 80 mètres. Cet ate­lier pousse le car­dio dans ses retran­che­ments et demande une forte com­po­sante plio­mé­trique, coor­di­na­tion et relances répé­tées mal­gré la fatigue.

La dis­tance à par­cou­rir est stan­dar­di­sée et 1000 mètres doivent être par­cou­rus. Exer­cice glo­bal par excel­lence, il mobi­lise 85 % de la masse mus­cu­laire tout en impo­sant une forte demande car­dio-vas­cu­laire. Sur 1000 mètres, la ges­tion du rythme est aus­si impor­tante que la puis­sance exprimée.

Les charges, tenues dans chaque main, doivent être trans­por­tées sur 200 mètres. Cet exer­cice met à l’épreuve l’endurance de pré­hen­sion, le gai­nage et la sta­bi­li­té du tronc, socles indis­pen­sables à tout port de charge opérationnelle.

Sur 100 mètres, l’athlète avance uni­que­ment en fentes, un sac les­té sur les épaules. Cuisses, fes­siers, lom­baires et sangle abdo­mi­nale tra­vaillent à l’unisson pour assu­rer pro­pul­sion, sta­bi­li­té et équilibre.

Der­nier effort. 100 répé­ti­tions de lan­cer de bal­lon. Chaque répé­ti­tion asso­cie un squat pro­fond puis un lan­cer vers une cible, dont les stan­dards en poids et en hau­teur varient selon le sexe et la caté­go­rie. Mou­ve­ment poly­ar­ti­cu­laire et extrê­me­ment éner­gi­vore, il met sous ten­sion jambes, tronc, épaules et capa­ci­té car­dio-res­pi­ra­toire jusqu’à la der­nière répétition.

Entre deux épreuves, une dis­tance de course à pied est imposée.

En conclu­sion, en opé­ra­tion comme en pré­pa­ra­tion, la capa­ci­té à tirer, pous­ser, por­ter, se rele­ver, sta­bi­li­ser, répé­ter et tenir l’effort n’est pas négo­ciable. L’entraînement fonc­tion­nel, qu’il soit ins­pi­ré de for­mats comme l’Hyrox ou construit sous forme de cir­cuit trai­ning, offre une réponse concrète, mesu­rable et prag­ma­tique aux exi­gences du terrain.

Simple dans sa mise en place, exi­geant dans son exé­cu­tion, il com­plète déjà les méthodes de pré­pa­ra­tion phy­sique exis­tantes et s’impose natu­rel­le­ment comme un outil per­ti­nent dans l’arsenal de pré­pa­ra­tion opé­ra­tion­nelle des sapeurs-pom­piers de Paris.


L’épreuve de l’HYROX qu’elle soit dis­pu­tée en solo ou en binôme est un vrai défi.

En effet, nous retrou­vons des moments de haute inten­si­té (traî­neaux), de ges­tion de l’effort (ergo­mètre, run…) et de résis­tance (épreuve d’environ une heure).

Tous ces élé­ments cor­res­pondent à des qua­li­tés néces­saires sur intervention.

L’épreuve en binôme demande une bonne com­mu­ni­ca­tion et un effort frac­tion­né intense.

L’épreuve en solo néces­site une ges­tion et un men­tal d’acier pour par­ve­nir à sa fin.

Le for­mat acces­sible et les nom­breuses res­sem­blances avec les mis­sions du SPP par­ti­cipent gran­de­ment au suc­cès de cette dis­ci­pline auprès des per­son­nels des centres de secours.

SCH Arlot

Un entraînement ad hoc1

Pour avoir une bonne condi­tion sur opé­ra­tion et en HYROX, le mode opé­ra­toire dans la pla­ni­fi­ca­tion de l’entraînement à des points de simi­li­tudes. Pour déve­lop­per et entre­te­nir les dif­fé­rentes qua­li­tés et filières éner­gé­tiques, le SP doit être en mesure de faire de l’endurance, mais aus­si de la haute inten­si­té en course à pied par exemple. D’où l’importance de la pla­ni­fi­ca­tion, car pour cou­rir vite il faut savoir cou­rir long­temps (len­te­ment). Le prin­cipe est valable dans toutes les qua­li­tés à déve­lop­per. Il faut chan­ger la pos­ture « no pain no gain » en « no brain no gain ». S’entraîner intel­li­gem­ment est aujourd’hui une prio­ri­té pour durer dans le temps et pré­ser­ver sa san­té. Toutes les études sont for­melles, s’entraîner tout le temps à haute inten­si­té est néfaste pour l’organisme.

Alors voi­ci quelques conseils si vous sou­hai­tez pro­gres­ser ou vous améliorer :

  • soyez pro­gres­sif :
  • modi­fier un para­mètre à la fois (suivre une logique construc­tive et pertinente),
  • aug­men­ter pro­gres­si­ve­ment le volume et l’intensité de vos séances et de vos charges
  • Inclure des séances à basse inten­si­té, la clé de la progression. 
  • Faire de la mobi­li­té (une rou­tine de 5 minutes plu­sieurs fois par semaine)
  • avoir à mini­ma un jour de repos strict par semaine = aucun sport (2 jours c’est bien aussi)
  • varier ses entraî­ne­ments sur une semaine ou quinze jours (une séance de frac­tion­né par semaine à haute inten­si­té suf­fit pour pro­gres­ser par sport)

SGT Rama­nick

1 : D’une manière qui convient, positif

Texte : Médecin en chef Cédric Ernouf (avec SGT Ramanick de EPMS GAS, SGT Bardin de l’EPMS GSS et SCH Arlot de la 5e CIS/​CS LEVA) Photos : 1CL Urvan Carbonnier


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