UN POMPIER, UN CS — Noémie au CS Pierrefitte

Raphaël Orlando
17 août 2025
Raphaël Orlan­do —  — Modi­fiée le 28 août 2025 à 14 h 48 

Web-série – Première classe à la 26e compagnie, Noémie Vanvynckt évolue dans une caserne moderne où la convivialité se ressent à chaque garde. Depuis quatre ans, elle décale sur un secteur qui a forgé son expérience de pompier de Paris et lui a permis de tisser des liens de camaraderie solides.

Bon­jour Noé­mie, pour­rais-tu te présenter ?

Bon­jour, je suis la pre­mière classe Noé­mie Van­vynckt et je sers à la Bri­gade depuis main­te­nant quatre ans. Actuel­le­ment, je suis affec­tée à la 26e com­pa­gnie au CS de Pier­re­fitte-sur-Seine. J’ai débu­té au CS Saint-Denis à l’issue de ma for­ma­tion ini­tiale, avant d’être affec­tée défi­ni­ti­ve­ment ici. Je viens tout juste d’intégrer la remise, après avoir vali­dé l’ensemble des stages requis, et j’en suis très fière même si cela ne fait qu’un mois.

Ori­gi­naire de Lille, j’ai choi­si de me rap­pro­cher de l’Île-de-France pour réduire mes dépla­ce­ments. Je suis entrée rela­ti­ve­ment tard à la Bri­gade car j’ai tra­vaillé de mes 15 à mes 23 ans dans des écu­ries, en tant que cava­lière. J’ai pas­sé tous mes galops jusqu’au galop 6, pour pou­voir exer­cer ce métier.

Quel est le pre­mier aspect posi­tif qui te vient en tête en pen­sant à ce CS ?

Notre caserne est toute neuve ! C’est un vrai plus, qui contri­bue beau­coup au bien-être géné­ral et à notre confort pour exer­cer notre métier dans les meilleures conditions.

Depuis mon arri­vée à Pier­re­fitte, l’ambiance a tou­jours été très fami­liale, très saine. Nous sommes tous assez proches, quel que soit le grade. Il y a une vraie entente et cela per­met à cha­cun de se sen­tir sou­te­nu, dans les moments dif­fi­ciles comme dans les bons moments.

Quelle spé­ci­fi­ci­té ou type d’inter’ pour ce secteur ?

Notre sec­teur est très pavillon­naire, avec de belles mai­sons de maître et de très jolis parcs, comme celui de la Butte Pin­son ou le parc de La Cour­neuve. On retrouve éga­le­ment quatre grosses cités. Depuis mon arri­vée il y a quatre ans, le cli­mat s’est beau­coup apai­sé : les feux de voi­tures, les agres­sions à l’arme blanche ou par arme à feu sont beau­coup moins fré­quents qu’auparavant, même s’il nous arrive encore d’en faire.

D’un point de vue géo­gra­phique, nous sommes bien situés. Les sec­teurs voi­sins sont for­te­ment sol­li­ci­tés et l’activité opé­ra­tion­nelle y est intense, ce qui nous amène régu­liè­re­ment à leur prê­ter main-forte.

Quelle est l’intervention qui t’a le plus mar­qué dans ce CS ?

Il y en a eu beau­coup à Pier­re­fitte. Mais celle-ci, bien que dra­ma­tique, reste gra­vée dans mon esprit. Nous étions au four­gon lorsque nous avons été appe­lés pour un arrêt car­dio-res­pi­ra­toire d’un bébé de trois mois. À notre arri­vée, la police était déjà sur place en nombre. Nous ne com­pre­nions pas pour­quoi, jusqu’à fran­chir la porte de l’appartement. Là, nous avons décou­vert une famille bou­le­ver­sée : la maman — vic­time d’une très grave dépres­sion post-par­tum — venait d’égorger son bébé. Nous étions tous aba­sour­dis. Un sapeur a com­men­cé les gestes de pre­miers secours, mais il n’y avait mal­heu­reu­se­ment plus rien à faire.

Le retour au CS s’est fait dans un silence total. À notre arri­vée, nous avons tout de suite pu en par­ler ensemble, puis le psy­cho­logue de la Bri­gade est venu pour nous aider à encais­ser cette inter­ven­tion par­ti­cu­liè­re­ment difficile.

Sou­ve­nir personnel/​cohésion le plus mar­quant dans ce CS ?

Je pars bien­tôt dans les ser­vices, donc la nos­tal­gie com­mence déjà à se faire sen­tir. Il y a tel­le­ment de sou­ve­nirs qu’il est dif­fi­cile de n’en citer qu’un. Entre les moments de cohé­sion, les dis­cus­sions inter­mi­nables lors d’une garde – par­fois toute la nuit – ou encore les nuits d’émeutes pas­sées à dor­mir en tenue de feu dans la remise en atten­dant un départ pour feu, ce sont des ins­tants qui marquent.

En par­tant, ce que je retien­drai avant tout, c’est la bien­veillance, l’esprit d’équipe et le plai­sir de tra­vailler dans un CS aus­si soudé.


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