UN POMPIER, UN CS — Thibault au CS Levallois

Raphaël Orlando
20 juillet 2025
Raphaël Orlan­do —  — Modi­fiée le 1 août 2025 à 10 h 14 

Web-série – À Levallois, le caporal-chef Fleury incarne parfaitement la nouvelle génération de Brigadous : jeune, volontaire et rapidement monté à l’avancement. Il évolue dans un secteur à la frontière parisienne, au sein d’une caserne où la cohésion et la progression occupent une place centrale.

Bon­jour Thi­bault, pour­rais-tu te présenter ?

Salut, je m’ap­pelle Thi­bault Fleu­ry, j’ai 25 ans et je suis capo­ral-chef. J’ai inté­gré la BSPP en avril 2022 et j’ai rejoint la caserne de Leval­lois en octobre de la même année. Je me suis rapi­de­ment inté­gré au centre de secours et j’ai choi­si de mon­ter à l’avancement assez tôt, en deve­nant capo­ral-chef après seule­ment deux ans et quatre mois de service.

Avant la Bri­gade, j’étais pom­pier volon­taire et titu­laire de cer­taines qua­li­fi­ca­tions, ce qui m’a per­mis d’obtenir direc­te­ment les équi­va­lences de conduc­teur engin-pompe et éche­lier sans pas­ser par la remise. Je suis ori­gi­naire de Rennes, plus pré­ci­sé­ment de Fou­gères, mais j’ai récem­ment emmé­na­gé à Paris pour gagner du temps sur les tra­jets et amé­lio­rer mon équi­libre de vie.

Depuis tout petit, j’ai tou­jours vou­lu être pom­pier. Pour l’anecdote, j’ai récem­ment recroi­sé ma maî­tresse de CE2, qui m’a dit qu’elle n’était pas sur­prise de me voir exer­cer ce métier : j’en par­lais déjà tout le temps à l’époque !

Quel est le pre­mier aspect posi­tif qui te vient en tête en pen­sant à ce CS ?

Ce que j’apprécie par­ti­cu­liè­re­ment à Leval­lois, c’est la moyenne d’âge : on est une caserne très jeune, même si bien sûr il y a quelques anciens. Il y a une vraie dyna­mique de tra­vail, on se pousse mutuel­le­ment vers le haut, notam­ment pour pro­gres­ser dans les grades, tout en conser­vant une bonne ambiance que l’on peut retrou­ver entre copains, saine et agréable.

Quelles spé­ci­fi­ci­tés ou type d’inter’ pour ce secteur ?

Leval­lois est un CS extra-muros, mais qui res­semble beau­coup à un sec­teur pari­sien, tant au niveau géo­gra­phique que sur le plan archi­tec­tu­ral. On a un mor­ceau de la Seine avec l’île de la Jatte et une par­tie de l’île de Puteaux, ce qui est top pour aller cou­rir le matin.

Notre sec­teur com­prend aus­si six hôpi­taux et des sites sen­sibles comme la direc­tion géné­rale de la sécu­ri­té inté­rieure (DGSI). Et pour com­plé­ter, nous fai­sons par­tie de la 5e com­pa­gnie, avec un point par­ti­cu­lier : notre PC est l’état-major de la Brigade.

Quelle est l’intervention qui t’a le plus mar­qué dans ce CS ?

Je pense tout de suite à une inter­ven­tion en tant que chef d’agrès VSAV. Nous sommes par­tis pour un arrêt car­dio-res­pi­ra­toire, l’homme était mas­sé par son fils à notre arri­vée. On a pris le relais, le défi­bril­la­teur a déli­vré deux chocs, et l’homme a retrou­vé un pouls au moment où l’équipe médi­cale arri­vait.

Pour son éva­cua­tion, j’ai fait deman­der un moyen élé­va­teur aérien ain­si qu’une escorte moto­ri­sée pour rejoindre rapi­de­ment l’hôpital. Pen­dant l’évacuation, il est retom­bé en ACR, a été cho­qué à nou­veau, avant de reve­nir à la vie. Il a été trans­por­té avec un état stable, vic­time d’un infarc­tus, et d’après les der­nières nou­velles il s’en est sor­ti sans séquelles. C’était une inter­ven­tion clas­sique sur le papier, mais mar­quante par le fait de voir concrè­te­ment l’impact qu’on peut avoir sur la vie des gens.

Sou­ve­nir personnel/​cohésion le plus mar­quant dans ce CS ?

Comme beau­coup de bri­ga­dous, je pense qu’on se fait beau­coup de sou­ve­nirs forts en caserne, car on passe énor­mé­ment de temps ensemble. Si je devais en citer un, ce serait celui du 13 juillet, la veille du bal, qui est aus­si mon anni­ver­saire. Cette année-là, j’étais de garde, et les copains sont venus me réveiller à 3 heures du matin pour me chan­ter joyeux anni­ver­saire. Et évi­dem­ment, le chef de garde a fini par l’annoncer à tout le monde au ras­sem­ble­ment du matin. Sur le moment, on aime­rait être dis­cret, mais avec le recul, ce sont des atten­tions qui marquent et qui font plaisir.


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