GRAND FORMAT — Les appuis spécialisés du GAS

Grands formats — Spécialistes NRBC ou sécurité incendie, maîtres-chiens, nageurs… le groupement des appuis et de secours (GAS) concentre la majorité des « appuis spécialisés » de la Brigade. La rédaction du magazine vous propose de découvrir la diversité de ces appuis au travers de portraits de sapeurs-pompiers de Paris aux parcours singuliers, parfois étonnants, toujours remarquables. Une carte géographique des appuis et deux présentations d’unités élémentaires spécialisées complètent l’ensemble. Visite guidée.

La rédac­tion Allo18 —  — Modi­fiée le 21 juillet 2024 à 09 h 58 

Interview du lieutenant-colonel Raphaël Roche, chef de corps du groupement des appuis spécialisés

Sergent Rémi Defeyer, Livry-Gargan : LES DÉTECTIVES NRBC

Le ser­gent Rémi Defeyer a inté­gré la BSPP à la fin de l’année 2006. Pen­dant près de huit ans, il a ser­vi à la 10e com­pa­gnie, à Châ­teau-Lan­don. Il y a fait tout son avan­ce­ment, jusqu’au grade de ser­gent. Après un pas­sage éclair de deux ans à Dran­cy, il rejoint l’unité NRBC.

Au centre de secours Livry-Gar­gan, le sous-offi­cier est tou­jours de bonne humeur et il se sent comme chez lui : « Je viens tous les jours au tra­vail avec la banane ». C’est pour cette rai­son qu’avec sa femme, ils ont pris la déci­sion de quit­ter la région de Dun­kerque pour s’installer avec leurs trois enfants au sein de la caserne.

RECHERCHE ET INVESTIGATION

Chef de garde depuis peu, le ser­gent est dans son élé­ment. « Ce qui me plaît ? C’est la diver­si­té des inter­ven­tions, on ne sait jamais sur quoi on va tom­ber. Cela peut être tout et n’importe quoi. » Dans la spé­cia­li­té NRBC, « le tra­vail d’équipe est essen­tiel, explique le ser­gent Defeyer. Cha­cun apporte sa pierre à l’édifice, avec sa propre expé­rience du ter­rain et ses com­pé­tences par­ti­cu­lières ». Géné­ra­le­ment longues, les inter­ven­tions NRBC demandent un vrai tra­vail de recherche et d’investigation. À la manière de détec­tives, les spé­cia­listes avancent pas à pas afin de trou­ver l’origine du dan­ger, et cela peut durer quelques heures. Lorsque la source de l’incident a été iden­ti­fiée, un pro­to­cole de décon­ta­mi­na­tion minu­tieux et de haute tech­ni­ci­té est réa­li­sé afin d’écarter tout danger. 

CHEF 3 ÉTOILES

À Livry, on ne plai­sante pas avec la cui­sine, on en dit le plus grand bien ! En bon chef du ser­vice RHL (res­tau­ra­tion, hôtel­le­rie, loi­sirs), le ser­gent Defeyer gère tout l’ordinaire et le foyer. « La nour­ri­ture, c’est le nerf de la guerre, alors ici, on aime faire plai­sir aux col­lègues. » Ils ont même créé un groupe de fes­ti­vi­tés. Tous les deux mois envi­ron, sont orga­ni­sées des acti­vi­tés au sein du centre de secours. « C’est lors de ces fes­ti­vi­tés que la cohé­sion se crée. Ici, un fort esprit de cama­ra­de­rie s’est développé. »

CHEF DE CENTRE ?

Le sous-offi­cier n’est pas en reste dans son milieu. Son ambi­tion pour les pro­chaines années ? Pas­ser les exa­mens qui lui per­met­tront un jour peut être de deve­nir chef de centre, à Livry ou ailleurs.

Sergent Paul Sevestre, pompier RSMU : TECHNICIEN DE L’EXTRÊME

Chef de groupe au sein de la spé­cia­li­té recherche et sau­ve­tage en milieu urbain (RSMU), le ser­gent Paul Sevestre raconte son par­cours au sein des « cou­teaux suisses » de la Brigade.

Appor­ter une ana­lyse, des conseils et des pro­po­si­tions de manœuvre sur inter­ven­tion, c’est notre rôle », explique-t-il. Calme et réflé­chi, cet homme d’action illustre le carac­tère des pom­piers de la spé­cia­li­té sau­ve­tage-déblaie­ment (SD). Une per­son­na­li­té qu’il cultive depuis son entrée à Vil­le­neuve-Saint-Georges en 2006. « Je vou­lais me rendre utile, faire un métier de cœur », se sou­vient le mili­taire. Il démarre sa car­rière à Cli­chy-sous-Bois, caserne qui l’accueille à bras ouverts puisqu’il y reste dix ans.

Le jeune sapeur devient un pom­pier aguer­ri qui gra­vi­ra les éche­lons de capo­ral puis de capo­ral-chef. En 2016, il devient sous-offi­cier et rejoint le centre de secours de Bour­sault. « J’avais envie de voir une autre facette du métier de pom­pier », explique-il. Si le groupe de recon­nais­sance et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP) l’intéresse par­ti­cu­liè­re­ment, Paul se forme d’abord au SD. « C’est l’occasion de par­faire mes connais­sances dans un domaine très proche de l’intervention en milieu périlleux (IMP) », poursuit-il.

Il passe la for­ma­tion « sau­ve­teur déblayeur » (SDE1) en 2017, puis celle de « chef d’unité sau­ve­teur déblayeur » (SDE2) en 2018. « Cette même année, j’intègre le RSMU à Saint-Denis (93) », explique-t-il. Le sous-offi­cier ren­contre des hommes pas­sion­nés par l’aspect très manuel de cette spé­cia­li­sa­tion, cer­tains ayant des for­ma­tions de char­pen­tiers ou d’élagueurs. Le ser­gent Sevestre décale alors au véhi­cule de recon­nais­sance sau­ve­tage déblaie­ment (VRSD), accom­pa­gné du camion d’étaiement et de sau­ve­tage déblaie­ment (CESD).

Sur inter­ven­tion, ces spé­cia­listes éva­luent le risque bâti­men­taire et échangent régu­liè­re­ment avec des archi­tectes. « Pour le COS, nous sommes la par­faite boite à outils : sécu­ri­sa­tion, étaie­ment, main cou­rante, per­ce­ment, découpe, manœuvre de force, etc., énu­mère-il. Avec cette poly­va­lence, il s’avère dif­fi­cile de lis­ter toute l’étendue de notre savoir-faire. » Riche de ses nou­velles com­pé­tences, le ser­gent sou­haite, à l’avenir, rejoindre le GRIMP. « Je conseille le RSMU à tout pom­pier poly­va­lent ayant la volon­té d’apprendre ».

L’intervention mar­quante 

Le same­di 12 jan­vier 2019, lors de la tra­gique explo­sion de la rue de Tré­vise (IXe), le ser­gent et ses hommes sont enga­gés. « Nous avons pro­cé­dé à des manœuvres de sécu­ri­sa­tion et d’extractions. La recherche de vic­times a duré plu­sieurs jours », se rap­pelle-il avec émotion.

Caporal Sébastien Alazard, GRIMP : AGILITÉ, FORCE ET PRÉCISION

Par­mi des spé­cia­li­tés toutes plus pas­sion­nantes les unes que les autres, il y a le groupe d’intervention en milieu périlleux (GRIMP). Nous avons pous­sé les portes du fort de la Briche pour en savoir plus. Ren­contre avec le capo­ral Sébas­tien Ala­zard du GRIMP.

Tout de rouge vêtu, Sébas­tien, papa de trois enfants et d’un calme olym­pien, se sou­vient. Ado, il était jeune sapeur-pom­pier en Seine-et-Marne. En 2004, il atteint son objec­tif : enfi­ler la tenue de feu de la Bri­gade. Il sert durant neuf ans à la 17e com­pa­gnie d’incendie et de secours, à Cré­teil, Join­ville puis Vil­le­neuve-Saint-Georges. Il y ren­contre des chefs pas­sion­nés, spor­tifs, prêts à tou­jours repous­ser leurs limites. Ils lui trans­mettent le goût de l’effort, lui apprennent à se sur­pas­ser. Il n’en faut pas beau­coup plus à Sébas­tien pour être sur : il pos­tule pour le groupe, encore appe­lé GREP à ce moment-là, et réus­sit les tests et les stages avec suc­cès. Sa nou­velle vie commence.

La com­pa­gnie des appuis spé­cia­li­sés est loca­li­sée au fort de la Briche, à Saint-Denis (93). Ses hommes répondent quo­ti­dien­ne­ment aux inter­ven­tions sur le sec­teur entier de la Bri­gade. Sur demande du com­man­dant des opé­ra­tions de secours ou direc­te­ment du centre opé­ra­tion­nel, le GRIMP est mis­sion­né pour pas­ser là où les sapeurs-pom­piers tra­di­tion­nels sont res­treints. L’équipement et la for­ma­tion de ces hommes, pour tra­vailler avec une notion de hau­teur, en font des spé­cia­listes extrê­me­ment deman­dés. Bran­car­dage par l’extérieur avec contraintes médi­cales lourdes, vic­time tom­bée en exca­va­tion, extinc­tion d’un foyer sur un toit inac­ces­sible ou encore per­sonnes mena­çant de se jeter dans le vide sont les inter­ven­tions les plus cou­rantes du GRIMP, tou­jours en ren­fort de leurs camarades.

« Au GRIMP, l’une des pre­mières choses que j’apprends, est que la plus petite erreur est fatale. Lorsque nous évo­luons encor­dés les uns aux autres en hau­teur, le moindre écart pour­rait entraî­ner toute la cor­dée. Voi­là entre autres, pour­quoi nous avons entre nous une confiance abso­lue où cha­cun veille tou­jours sur l’autre. Pour les autres mis­sions, c’est la même chose, un nœud mal fait, une pou­lie mal ser­rée et c’est ter­mi­né », insiste Sébastien.

Dans ce groupe, il y a tous les gaba­rits : du pro­fil fin et explo­sif au pro­fil lourd et puis­sant. Durant le tra­jet menant à l’intervention, ils se répar­tissent les mis­sions. Les grades « sautent » et les qua­li­tés phy­siques ou d’aisance entrent en jeu : notion de hau­teur, confi­ne­ment, rapi­di­té, cor­pu­lence, capa­ci­té de dis­sua­sion… Dans cette optique, le groupe manœuvre tous les jours, même le dimanche. Avec des struc­tures bâti­men­taires aus­si aty­piques sur le sec­teur BSPP, il faut faire et refaire, par­tout. Quels que soient le moral du jour, la forme phy­sique ou la météo, il faut être en capa­ci­té opti­mum de lier tech­ni­ci­té et rapi­di­té, menant for­cé­ment au suc­cès de l’intervention, car ce groupe est la der­nière solu­tion, quand tout a déjà été tenté.

« J’ai été pom­pier « tra­di » moi aus­si et je com­prends sin­cè­re­ment la frus­tra­tion que cer­tains d’entre eux peuvent par­fois avoir de ne plus pou­voir avan­cer. Notre rôle à nous n’est pas de jouer aux héros, mais au contraire d’être un outil pour eux. Arri­ver au suc­cès d’une inter­ven­tion c’est un vrai tra­vail d’équipe, quelle que soit la cou­leur de nos tenues. »

Caporal-chef Yoann Rousic, SIS : UNE HISTOIRE DE FAMILLE

Un Bre­ton de Brest. Il n’y aurait pas eu de pro­fil plus adé­quat pour par­ler « plon­gée » que celui du capo­ral-chef Yoann Rou­sic. C’est sur le pont de la péniche de la Mon­naie, sur les bords de Seine, que l’homme de 35 ans au phy­sique de nageur reçoit la rédac­tion d’ALLO DIX-HUIT. Immersion.

Non, il n’est pas né en Bre­tagne ! C’est plu­tôt sur les bords de la Marne et du fleuve Kou­rou, en Guyane, que le capo­ral-chef Rou­sic a pas­sé son enfance, au gré des muta­tions de son père, lui-même pom­pier de Paris. Cepen­dant, n’allez pas lui dire qu’il est Pari­sien. Son port d’attache ? C’est la Bre­tagne, le port de Brest et ses navires de la Marine. En 1997, après une belle car­rière, son père retourne dans le Finis­tère avec toute la famille. Mais pour Yoann, deve­nir sapeur-pom­pier de Paris est aus­si une voca­tion. Alors, en 2005, il décide à son tour de s’engager. C’est au GIS 2, dans le même grou­pe­ment que son père, que le jeune Bres­tois de 20 ans débute sa car­rière. Quelques mois plus tard, c’est un autre Rou­sic qui arrive à la Bri­gade. Son grand-frère, Sébas­tien, devient lui aus­si pom­pier de Paris. À Châ­teau d’eau, sa pre­mière affec­ta­tion, Yoann découvre la BSPP, les inter­ven­tions, les pre­miers feux, une ambiance si par­ti­cu­lière à ses yeux ! Il y reste cinq ans.

« CELUI QUI CRAINT LES EAUX, QU’IL RESTE sur le RIVAGE »

L’eau, il ne la craint pas, bien au contraire : c’est son élé­ment. « En bon Bre­ton, je fai­sais de la voile quand j’étais plus jeune. » Alors, lorsqu’en 2011, la Bri­gade crée le grou­pe­ment d’appuis et de secours, Yoann décide de plon­ger dans le grand bain. Après tout, être marin sur la Seine, c’est un luxe ! Après de brillants résul­tats aux sélec­tions d’entrée, vire­ment de bord réus­si pour le futur plon­geur : Yoann intègre direc­te­ment les spé­cia­listes en inter­ven­tion sub­aqua­tique. Plon­geur, pour lui c’est un abou­tis­se­ment : « J’ai tou­jours été dans le milieu nau­tique en Bre­tagne, j’ai fait de la chasse sous-marine et j’ai aus­si pas­sé mes niveaux de plon­gée là-bas ».

L’ENTRÉE EN SEINE !

Après cinq ans pas­sés à la caserne Gen­ne­vil­liers port, le capo­ral-chef embarque, quai de Conti, à bord du fameux « Com­man­dant Bei­nier ». Il passe alors le PECCH, puis est pro­pul­sé chef d’agrès de l’embarcation de secours à vic­time (ESAV). Il s’épanouit com­plè­te­ment dans ses nou­velles res­pon­sa­bi­li­tés. Yoann enchaine les gardes avec pas­sion, à l’ESAV ou à la VEDI.

Le tra­vail n’est jamais le même, dif­fi­cile de s’en las­ser. Une jour­née à La Mon­naie, c’est comme dans une caserne clas­sique, sauf que les manœuvres se déroulent dans l’eau. « Le lun­di est le seul jour par­ti­cu­lier. Nous fai­sons une manœuvre incen­die le matin, puis le soir, au lieu de faire du sport, nous fai­sons une plon­gée de nuit pour nous aguer­rir. Lorsque l’on plonge c’est sou­vent dans l’obscurité la plus totale ! C’est très spé­cial d’être dans le noir. Beau­coup disent que “le bon plon­geur, c’est le vieux plon­geur, celui qui a l’habitude”. »

ÇA DÉCALE EN FAMILLE !

Et comme si un seul SIS ne suf­fi­sait pas dans la famille, son frère Sébas­tien rejoint, lui aus­si, le centre de secours. « C’est vrai­ment authen­tique de déca­ler avec son frère, on fai­sait le même bou­lot, on avait la même pas­sion et la même spé­cia­li­té. Nous avons pris beau­coup de VSAV ensemble, ça a vrai­ment été une très belle expérience. »

Lors de ses repos bien méri­tés, direc­tion le Finis­tère. Le capo­ral-chef retrouve sa femme et ses filles de six et dix ans. Chez lui, il ne peut pas s’en empê­cher, l’appel de la mer est trop fort ! Il enfile à nou­veau sa com­bi­nai­son pour pra­ti­quer le kite surf, l’une de ses pas­sions ! On l’aura com­pris, chez le capo­ral-chef Rou­sic, tout baigne !

Caporal-chef Frédéric Sibeaud, UNITÉ ÉLÉMENTAIRE SPÉCIALISÉE BALARD : gardien d’un site hors-norme

Der­rière de hautes portes blin­dées, un contrôle digne d’un pas­sage aux douanes : scan­ner, fouille, véri­fi­ca­tion d’identité. Il n’en faut pas moins pour accé­der à l’état-major des armées fran­çaises. à l’intérieur, des uni­formes verts ou bleus four­millent. Pour les secou­rir, des sapeurs-pom­piers eux aus­si mili­taires. Nous avons ren­con­tré l’un d’eux, le capo­ral-chef Fré­dé­ric Sibeaud de la 42e com­pa­gnie. Repor­tage au cœur de l’unité élé­men­taire spé­cia­li­sée de Balard.

Fré­dé­ric est issu d’une famille de mili­taires. C’est donc tout natu­rel­le­ment qu’à l’âge de 17 ans et demi seule­ment, il s’engage dans l’armée, mais dans « la verte ». Les années passent et le jeune enga­gé enchaîne les opé­ra­tions exté­rieures : Guyane, Côte d’Ivoire, Koso­vo, Afgha­nis­tan. Il s’aguerrit, se per­fec­tionne et devient tireur de pré­ci­sion. Après cinq ans d’efforts, c’est d’une vie stable dont il rêve. Poser ses valises, fon­der une famille, mais pas à n’importe quel prix. Son sou­hait : deve­nir sapeur-pom­pier en rejoi­gnant la BSPP. En 2006, le défi est rele­vé. Il intègre le fort de Vil­le­neuve-Saint-Georges et recom­mence tout à zéro. Ce pas­sion­né de l’effort réus­sit avec brio sa for­ma­tion ini­tiale, mais à la fin, une mau­vaise sur­prise l’attend : le méde­cin le déclare inapte au cur­sus incen­die en rai­son de sa vue jugée trop faible. L’ancien tireur de pré­ci­sion accuse dif­fi­ci­le­ment le coup et décide mal­gré tout de pour­suivre son enga­ge­ment sur les rangs ain­si que son cur­sus d’avancement. Il devient suc­ces­si­ve­ment capo­ral puis capo­ral-chef (filière SAV) et répond à son devoir pre­mier : le secours à per­sonnes. Plu­sieurs années plus tard, la régle­men­ta­tion médi­cale a évo­lué. Sans beau­coup hési­ter, le capo­ral-chef retourne sur ses pas… Vil­le­neuve-Saint-Georges. Avec cou­rage, il se plie à tout, se repré­sente à la for­ma­tion ini­tiale puis aux sélec­tions des pelo­tons d’élèves capo­raux et capo­raux chef. Le voi­ci sapeur-pom­pier de Paris « filière incen­die » et plu­tôt deux fois qu’une ! C’est à l’orée de ses 15 ans et demi de ser­vice que son chef de centre lui pro­pose de choi­sir un nou­vel hori­zon qui, il le sait, lui plai­ra. L’unité élé­men­taire spé­cia­li­sée Balard.

« Dès mon arri­vée, je me suis vite adap­té à ce rythme bien fami­lier à tout pom­pier de Paris : ras­sem­ble­ment, planche, vérif, sport, manœuvre, repas, for­ma­tion, ser­vices inté­rieurs, ras­sem­ble­ment, sport, le tout sur un site unique, avec des infra­struc­tures spor­tives inouïes et des mis­sions dif­fé­rentes à chaque garde », se confie-il.

UN SITE HORS NORME

Le capo­ral-chef, en effet, peut être d’une garde à l’autre chef d’agrès, équi­pier, chef d’un poste de sécu­ri­té ou encore for­ma­teur. Le site est créé sous l’impulsion d’une déci­sion du minis­tère de la Défense. Il est déci­dé que tous les états-majors de l’armée fran­çaise soient regrou­pés sur un seul et même site : Balard. Éten­du sur 14,5 hec­tares, en plein XVe arron­dis­se­ment de Paris, le nou­vel « hexa­gone » se divise en deux par­celles reliées par une pas­se­relle aérienne tra­ver­sant l’avenue de la porte de Sèvres, res­pec­ti­ve­ment nom­mées par­celles Vic­tor et Valin. L’enceinte, en mesure d’accueillir jusqu’à 10 000 per­sonnes par jour, devient point d’importance vitale (PIV). Ain­si, toute indis­po­ni­bi­li­té du site consé­cu­tif à un acte mal­veillant ou ter­ro­riste entra­ve­rait gra­ve­ment la sécu­ri­té de notre pays.

« Notre com­pa­gnie est implan­tée au cœur de l’hexagone et idéa­le­ment située pour assu­rer la mis­sion de sécu­ri­té incen­die et de secours à per­sonnes, ain­si que la mis­sion de conseil tech­nique en pré­ven­tion et inter­ven­tion », explique le capo­ral-chef. Pour ce faire, l’unité com­po­sée de 62 hommes, dis­pose de six engins opérationnels.

DES HOMMES D’EXPÉRIENCE POUR UN SITE SOUS HAUTE SÉCURITÉ

Ici l’expérience des hommes est néces­saire pour nombre de rai­sons. La pre­mière est la plu­ra­li­té de com­pé­tences dont ils sont dotés et qu’ils doivent main­te­nir chaque jour. Une garde à Balard, c’est la pos­si­bi­li­té d’être confron­té à un départ pour feu dans un site infra struc­tu­rel­le­ment et poli­ti­que­ment sen­sible, mais éga­le­ment à du secours à per­sonnes civiles comme mili­taires, à la ges­tion de nom­breux sys­tèmes de sécu­ri­té incen­die (SSI), aux mis­sions de for­ma­tions en secou­risme et incen­die des occu­pants du site jusqu’aux inter­ven­tions de décon­ta­mi­na­tion sur le sec­teur Bri­gade tout entier. Mais ce n’est pas tout, il faut aus­si et sur­tout avoir la par­faite connais­sance d’un site sin­gu­lier doté d’infrastructures excep­tion­nel­le­ment diverses et sen­sibles. « Les IGH, les PC de sécu­ri­té et de sûre­té, les sous-sols, les toits, les cen­taines de cou­loirs, pas­se­relles, pas­sages ultra sécu­ri­sés, parcs de sta­tion­ne­ment cou­vert, les crèches du site… n’ont aucun secret pour nous. Nous sommes, à ce titre, habi­li­tés “secret défense”. »

Le midi et le soir, à la table BSPP du réfec­toire (digne d’un vrai res­tau­rant), les dis­cus­sions sont, à l’instar de l’unité, un peu éloi­gnées des stan­dards Bri­gade. Fré­dé­ric nous le raconte d’un ton amu­sé : « La moyenne d’âge des mili­taires du rang, c’est 35 ans ! Nous sommes tous ran­gés, pères de famille et plus près de la fin que du début, alors évi­dem­ment les dis­cus­sions n’en sont plus à refaire la Bri­gade ou racon­ter nos cam­pagnes ! On parle d’avenir, du sport, de nos enfants, de nos pro­jets futurs ! ».

Dans deux ans, Fré­dé­ric sera arri­vé au terme de son contrat. Pour notre mili­taire auver­gnat, il sera temps de retrou­ver pour la der­nière fois, à la gare, sa fille et son épouse. Pour lui, la car­rière pas­sion­nante sera menée et sa mis­sion, accom­plie. Son pro­chain métier, il le trou­ve­ra peut-être ici… à table !

CENTRE DE SECOURS SPÉCIALISÉ DES INVALIDES

Implan­té dans un haut lieu his­to­rique pari­sien, à l’hôtel natio­nal des Inva­lides, le déta­che­ment de la bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris dépend lui aus­si du grou­pe­ment des appuis de secours et plus par­ti­cu­liè­re­ment de la 42e com­pa­gnie. Com­man­dé par un major et mis à la dis­po­si­tion du gou­ver­neur mili­taire de Paris, ce déta­che­ment situé au cœur du VIIe arron­dis­se­ment de Paris, compte 22 mili­taires. Chaque jour, ils sont neuf à assu­rer la pro­tec­tion du site éten­du sur seize hec­tares et com­pre­nant 41 bâti­ments. Les mis­sions dévo­lues au déta­che­ment sont des mis­sions opé­ra­tion­nelles de sau­ve­garde des per­sonnes et des biens, des mis­sions de pré­vi­sion, de pré­ven­tion ou encore de for­ma­tion. Voué ini­tia­le­ment à l’accueil des bles­sés des conflits, aujourd’hui l’hôtel natio­nal des Inva­lides répond de plus à un devoir de mémoire. C’est éga­le­ment le lieu de rési­dence de hautes auto­ri­tés civiles et mili­taires. Il reçoit annuel­le­ment plus d’un mil­lion de visiteurs.

Sergent Jean-Marc Ramanick, pompier au Louvre : TOUT UN ART

Léo­nard de Vin­ci a peint sa célèbre Joconde il y a cinq siècles. Expo­sée à Paris dans le musée le plus visi­té du monde, le Louvre, le ser­gent Jean-Marc Rama­nick en assure la sécu­ri­té incen­die depuis deux ans. Portrait.

En 2002, le sapeur Rama­nick ter­mine sa for­ma­tion ini­tiale et rejoint le troi­sième grou­pe­ment d’incendie et de secours, plus exac­te­ment, le centre de secours Cham­per­ret. Très rapi­de­ment, en 2006, le capo­ral-chef Rama­nick intègre le pres­ti­gieux groupe de recherche et d’exploration pro­fonde (GREP*) à Issy-les-Mou­li­neaux, où il pas­se­ra « six années extra­or­di­naires ». Après un pas­sage aux centres de secours de Mon­trouge et Rueil-Mal­mai­son, le désor­mais ser­gent Rama­nick découvre, en 2018, l’unité élé­men­taire spé­cia­li­sée (UES) Louvre.

UN MÉTIER

Les pom­piers de Paris sont pré­sents au musée depuis 1980. Qua­rante ans plus tard, en 2020, 52 mili­taires assurent la sécu­ri­té incen­die du site. « Notre mis­sion ? Évi­ter tout sinistre », résume le ser­gent Rama­nick. Chaque jour, qua­torze sapeurs-pom­piers de garde com­posent trois modules d’intervention. La pré­ven­tion, la pré­vi­sion et le secours rythment leur quo­ti­dien. « Le musée du Louvre accueille plus de dix mil­lions de visi­teurs annuels, soit 30 000 à 45 000 per­sonnes par jour, pré­cise le ser­gent Rama­nick. Quant à la super­fi­cie du site, elle est de plus de 360 000 m². Aug­men­ter conti­nuel­le­ment notre “connais­sance sec­teur” est fondamental. »

Le musée détient « plus de 560 000 oeuvres en conser­va­tion et 38 000 en expo­si­tion, pour­suit le ser­gent. Nous sui­vons régu­liè­re­ment des for­ma­tions de pro­tec­tion et de dépla­ce­ment des oeuvres afin de pou­voir les sau­ve­gar­der en cas d’incident. Pour nous, être les gar­diens de ce patri­moine his­to­rique est une immense fier­té ». Dans le dédale de pièces de l’aile Denon se trouvent les « salons rouges », qui abritent notam­ment les pein­tures fran­çaises et ita­liennes du XIIe au XIXe siècles. « Ma gale­rie pré­fé­rée, indique le ser­gent Rama­nick. Elle abrite La Liber­té gui­dant le peuple du peintre Eugène Dela­croix. » Une toile ins­pi­rante pour le sous-officier.

UN IDÉAL

Jean-Marc Rama­nick est né en Mar­ti­nique, en jan­vier 1981. Celui que tout le monde sur­nomme « Mar­cus » est arri­vé en métro­pole à 18 ans, « ini­tia­le­ment pour faire mes études, explique Jean-Marc, mais mon rêve était de deve­nir pom­pier de Paris. La Bri­gade, c’est une école de la vie : on arrive jeune et on y devient un homme ». Un homme bien­veillant, en per­pé­tuelle remise en ques­tion et enga­gé dans plu­sieurs for­ma­tions, du BTS assis­tant de mana­ger aux diplômes de pré­pa­ra­teur men­tal et d’entraîneur en course à pied. Car le sport occupe une place impor­tante dans la vie de Jean-Marc.

DU SPORT

« Plus jeune, j’ai fait du 100 mètres », confie modes­te­ment Jean-Marc, qui a cou­ru son pre­mier mara­thon à 24 ans. Depuis, il mul­ti­plie les kilo­mètres. « Avec mes amis, nous avons cou­ru plu­sieurs fois les 100 km de Mil­lau, mais aus­si le Swiss­Peaks Trail, en 2018. Une de mes plus belles expé­riences de course à pied. Après une année entière d’entraînement, nous avons tra­ver­sé les Alpes d’est en ouest sur 360 km. Et cette année, j’ai réus­si à m’inscrire à l’UTMB (ultra trail du Mont-Blanc) ! » Nous lui sou­hai­tons « bonne route ».

Caporal-chef Matumona Nzinga, parcours républicain vers l’Assemblée

Notre Assem­blée natio­nale compte non seule­ment 577 dépu­tés élus pour cinq ans au suf­frage uni­ver­sel direct, mais éga­le­ment 20 sapeurs-pom­piers de Paris. Par­mi eux, le capo­ral-chef Matu­mo­na Nzinga.

J’ ai été incor­po­ré en 2004. Mais je crois que mon par­cours est assez ordi­naire, confie hum­ble­ment le capo­ral-chef Matu­mo­na Nzin­ga. D’abord à la 5e com­pa­gnie, aux centres de secours Cham­per­ret et Leval­lois, où j’ai sui­vi les étapes d’avancement, puis au fort de Vil­le­neuve-Saint-Georges, en qua­li­té de gra­dé d’encadrement de 2012 à 2014. Ensuite, aux archives de Pier­re­fitte, puis à l’état-major du GAS et enfin, en 2018, j’ai rejoint l’Assemblée nationale. »

AU COEUR DE L’HÉMICYCLE

Le Palais-Bour­bon, épi­centre de l’Assemblée natio­nale, est construit entre 1722 et 1728. Après quelques « rebon­dis­se­ments » his­to­riques, dont la Révo­lu­tion Fran­çaise, l’inauguration au Palais de l’hémicycle a lieu sous la Pre­mière Répu­blique, en 1798. « L’Assemblée natio­nale, c’est l’histoire de France », résume le capo­ral-chef Nzinga.

De nos jours, six sapeurs-pom­piers de Paris assurent quo­ti­dien­ne­ment la sécu­ri­té des per­sonnes et la pro­tec­tion des biens du site, qui s’étend bien au-delà du Palais. « Un immeuble de sept étages, relié au Palais-Bour­bon par une gale­rie sou­ter­raine, se situe rue de l’Université, révèle le capo­ral-chef, mais nous défen­dons éga­le­ment d’autres bâti­ments annexes, notam­ment bou­le­vard Saint-Ger­main et rue Saint-Domi­nique. Il y a aus­si la bou­tique de l’Assemblée, rue Aris­tide Briand. Au total, nous assu­rons la sécu­ri­té incen­die de cinq sites. » Le Palais-Bour­bon et ses annexes s’étalent sur 124 000 m², occu­pés par près de 9 500 locaux de toutes natures dans les­quels tra­vaillent envi­ron 3 000 per­sonnes, dont les dépu­tés. La pré­sence et l’activité des membres du Par­le­ment impliquent d’ailleurs quelques sin­gu­la­ri­tés pour nos sapeurs-pom­piers : « Par exemple, nous n’avons pas le droit d’intervenir dans l’hémicycle lors des séances à l’Assemblée ! En cas d’incident ou de malaise, les huis­siers éva­cuent les dépu­tés de la salle pour que nous puis­sions les prendre en charge », explique le capo­ral-chef Nzinga.

« SÉANCE » À L’ASSEMBLÉE

« Nous fai­sons du sport matin et soir. Pour ma part, je manque rare­ment une séance », pré­cise le capo­ral-chef, dont le pal­ma­rès spor­tif est sans équi­voque. En équipe de France « sapeurs-pom­piers » de foot­ball et en équipe Bri­gade, le gra­dé tota­lise « sur dix ans, onze titres mili­taires et trois titres sapeurs-pom­piers ». Mais depuis quelques temps, c’est en cross­fit qu’il se dis­tingue : « J’ai essayé cette dis­ci­pline et je me suis fait “plier”. Donc j’ai pris un abon­ne­ment ». Résul­tat ? En décembre 2019, la pre­mière marche du podium des Reims Fire Game. Respect.

ENFANTS DE LA PATRIE

Matu­mo­na Nzin­ga est né « en Ango­la, en jan­vier 1983. Je suis arri­vé en France en 1987 avec ma famille. Nous étions réfu­giés poli­tiques. Nous avons dor­mi dans la rue. Puis en foyer, ensuite en appar­te­ment et fina­le­ment mon père a réus­si à nous ins­tal­ler dans une mai­son près de Brest ». Matu­mo­na a 12 ans lorsqu’il est natu­ra­li­sé Fran­çais. « Aujourd’hui, mes frères tra­vaillent dans l’armée de l’Air et dans l’administration péni­ten­tiaire. J’ai aus­si une sœur aide-soi­gnante dans un EHPAD et moi, la Bri­gade », pour­suit Matu­mo­na. « Je crois que nous vou­lions rendre ce que la France nous a don­né. » En défi­ni­tive, son par­cours est tout sim­ple­ment extraordinaire.

UES Biscarrosse, au coeur de la dissuasion nucléaire

Lieu d’expérimentation de la dis­sua­sion nucléaire fran­çaise dont la créa­tion remonte à 1962, la ville de Bis­car­rosse abrite un site stra­té­gique de l’armée Fran­çaise. C’est pour­quoi les sapeurs-pom­piers de Paris en assurent la sécu­ri­té incen­die depuis 54 ans. Explications.

La 36e com­pa­gnie « est une uni­té élé­men­taire spé­cia­li­sée (UES) de la Bri­gade, déta­chée au pro­fit de la direc­tion géné­rale de l’armement essais de mis­siles (DGA EM) du minis­tère des Armées », explique le capi­taine Karim Louar­di, com­man­dant d’unité depuis juin 2018. Sur place, une mis­sion des pom­piers de Paris consiste à assu­rer la sécu­ri­té des essais de mis­siles « de la concep­tion jusqu’au déman­tè­le­ment, en pas­sant par le tir. Nous sommes asso­ciés à toutes les phases des essais, en lien étroit avec les ingé­nieurs de la DGA, le chef des essais et les offi­ciers de sau­ve­garde, pré­cise le capi­taine. Nous devons notam­ment défi­nir les gaba­rits de tirs mais aus­si et sur­tout l’effectif de sapeurs-pom­piers à mobi­li­ser selon le risque incen­die identifié ».

SOUPLESSE ET AGILITÉ

Ces essais sont réa­li­sés toute l’année et requièrent des sapeurs-pom­piers de savoir faire preuve d’une réac­ti­vi­té abso­lue. En effet, le calen­drier de tir de la DGA « est extrê­me­ment variable, pour­suit le com­man­dant d’unité, les essais peuvent être repor­tés pour diverses rai­sons, qu’elles soient tech­niques, poli­tiques ou encore météo­ro­lo­giques. Mais des essais peuvent aus­si être pro­gram­més de façon assez sou­daine ». Concrè­te­ment, un essai peut mobi­li­ser « de deux sapeurs-pom­piers à toute la com­pa­gnie », soit 58 mili­taires de la Bri­gade, mobi­li­sables à tout moment. « C’est la mili­ta­ri­té du sapeur-pom­pier de Paris qui per­met cette dis­po­ni­bi­li­té totale au béné­fice de la mis­sion DGA », ana­lyse le capi­taine Louardi.ESCORTE SOUS HAUTE SÉCURITÉ

En plus d’assurer la sau­ve­garde des per­sonnes et des ins­tal­la­tions hau­te­ment sen­sibles de l’ensemble du site, pen­dant et hors période d’essais, la 36e com­pa­gnie est char­gée de l’escorte des convois de mis­siles stra­té­giques sur l’ensemble du ter­ri­toire natio­nal. Une mis­sion sin­gu­lière qui mobi­lise, près de quinze fois par an, un équi­page com­plet pen­dant plu­sieurs jours : « Nous venons d’ailleurs de per­ce­voir un nou­vel engin spé­ci­fi­que­ment dédié au convoyage, indique le com­man­dant d’unité. Avec onze mètres de long et une citerne de plus de 7 000 litres, notre “four­gon convoyage” est pro­ba­ble­ment l’engin le plus impo­sant de la Bri­gade… Il est encore plus grand qu’un BEA ! ». Côté remise, l’UES Bis­car­rosse est effec­ti­ve­ment tout à fait exceptionnelle.

UNE REMISE XXL

Les engins de l’UES sont légion. La remise de Bis­car­rosse accueille notam­ment, en plus de son camion dédié au convoyage de mis­siles, deux four­gons (FPT), deux véhi­cules de secours et d’assistance aux vic­times (VSAV), un véhi­cule dédié au risque NRBC, plu­sieurs remorques opé­ra­tion­nelles, cinq véhi­cules de liai­son hors route (VLHR) et dix camions-citernes feux de forêt (CCF) ! « Notre chef de remise ne manque pas de tra­vail », conclut mali­cieu­se­ment le com­man­dant d’unité.

LE SAVIEZ-VOUS ?

En rai­son d’un pro­to­cole d’assistance mutuelle entre le SDIS 40 et la DGA, Bis­car­rosse-Plage est défen­du par la 36e compagnie !

L’INFO EN +

En juillet 2018, à Balard, la ministre des Armées Flo­rence Par­ly a pré­sen­té un plan de trans­for­ma­tion de la DGA. « Construire la DGA de demain, c’est une ambi­tion pour toutes nos armées. C’est une ambi­tion col­lec­tive et la réus­site de cette réforme sera la réus­site de tous. C’est une ambi­tion pour le suc­cès de nos armes, pour le futur de l’Europe, pour l’avenir de nos équipements. »

UES KOUROU : les anges gardiens de l’espace

Le 30 mai 1969, la BSPP pose son pre­mier pas au sein du Centre Natio­nal d’Études Spa­tiales (CNES) à Kou­rou. 52 jours plus tard, Neil Arm­strong pose le sien sur la Lune. N’y voyez aucun lien, mais tout de même ! 51 ans plus tard, l’unité élé­men­taire spé­cia­li­sée de Kou­rou (UESK) n’en finit pas de sur­prendre tant par sa situa­tion géo­gra­phique que par ses acti­vi­tés opé­ra­tion­nelles si par­ti­cu­lières. Décol­lage immédiat.

UNE AVENTURE PROFESSIONNELLE

Les 83 sapeurs-pom­piers de Paris affec­tés au sein de la 39e com­pa­gnie sont les anges gar­diens du Centre Spa­tial Guya­nais (CSG). « Autre­fois appe­lés “pom­piers spé­cia­listes fusée”, ils sont les garants de toute inter­ven­tion se dérou­lant sur leur sec­teur de com­pé­tence. Ils apportent un appui à toutes les opé­ra­tions indus­trielles à risque pro­gram­mé », explique le capi­taine Benoît Vicainne, com­man­dant d’unité. Le CSG regroupe sept sites SEVESO à seuil « haut » et il est le plus gros site pyro­tech­nique de France. Il revêt une impor­tance capi­tale à l’échelle euro­péenne. À ce titre, le sapeur-pom­pier de Paris met en avant ses com­pé­tences acquises en com­pa­gnie d’incendie et ses for­ma­tions spé­ci­fiques au risque tech­no­lo­gique. « Une affec­ta­tion à l’UESK est autant une aven­ture pro­fes­sion­nelle qu’humaine avec un cadre de vie excep­tion­nel, unique au monde, qu’offre la Guyane », sou­ligne le capi­taine Vicainne. Cap­ture de caï­mans ou de pares­seux, cer­taines inter­ven­tions spé­ci­fiques dif­fèrent de celles que l’on peut trou­ver en région pari­sienne. « Nos opé­ra­tions sont sur­tout axées sur l’activité indus­trielle de la base spa­tiale. 2 000 opé­ra­tions indus­trielles s’y déroulent chaque année, aux­quelles nous appor­tons un sup­port sécu­ri­taire », indique le com­man­dant de l’unité.

ANGES GARDIENS DE LA CONQUÊTE SPATIALE

Lors des lan­ce­ments de fusées, 75 % des effec­tifs de l’UES sont pré-posi­tion­nés sur le ter­rain. Le déve­lop­pe­ment de la conquête spa­tiale euro­péenne a été mar­qué, le 4 juin 1996, par l’explosion du pre­mier lan­ce­ment d’Ariane 5 après moins de 37 secondes de vol. La BSPP était bien sûr pré­sente afin d’assurer la sécu­ri­té du site. « Aujourd’hui, nous sui­vons les dif­fé­rentes phases de l’installation d’Ariane 6, futur lan­ceur qui sera uti­li­sé ici, en Guyane », pré­cise le capi­taine. C’est avec fier­té qu’il conclut : « Tous les pom­piers de Paris pas­sés par Kou­rou se sentent inclus dans le dis­po­si­tif et dans l’histoire de cette conquête spa­tiale. Il n’y a pas d’opération de rem­plis­sage de satel­lites ou de lan­ceurs sans pré­sence de pom­piers sur place ».

LE SAVIEZ-VOUS ?

L’UES KOUROU com­prend quatre centres de secours. Au cours de leur séjour et afin de décou­vrir un nou­veau sec­teur, 80 % du per­son­nel change de centre de secours. Une muta­tion qui n’implique pas de démé­na­ge­ment car tous les pom­piers sont logés en ville.

DÉPART POUR FEU DE SAVANE

L’intervention la plus mar­quante de ces der­nières années est un feu de savane à proxi­mi­té de l’usine de pro­per­gol de Guyane en 2015. Dans ce sec­teur est sto­ckée une grande quan­ti­té de pro­duits chi­miques hau­te­ment dan­ge­reux tel que le per­chlo­rate d’ammonium (com­po­sant du pro­per­gol, car­bu­rant de la fusée Ariane 5). Cette inter­ven­tion a sol­li­ci­té une grande par­tie de l’effectif de la com­pa­gnie et a per­mis un rapide retour à la nor­male. Tout retard dans les pro­ces­sus indus­triels peut avoir de graves réper­cus­sions sur le lan­ce­ment de la fusée.

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