
Web-série — À Levallois, le caporal-chef Fleury incarne parfaitement la nouvelle génération de Brigadous : jeune, volontaire et rapidement monté à l’avancement. Il évolue dans un secteur à la frontière parisienne, au sein d’une caserne où la cohésion et la progression occupent une place centrale.
Bonjour Thibault, pourrais-tu te présenter ?
Salut, je m’appelle Thibault Fleury, j’ai 25 ans et je suis caporal-chef. J’ai intégré la BSPP en avril 2022 et j’ai rejoint la caserne de Levallois en octobre de la même année. Je me suis rapidement intégré au centre de secours et j’ai choisi de monter à l’avancement assez tôt, en devenant caporal-chef après seulement deux ans et quatre mois de service.
Avant la Brigade, j’étais pompier volontaire et titulaire de certaines qualifications, ce qui m’a permis d’obtenir directement les équivalences de conducteur engin-pompe et échelier sans passer par la remise. Je suis originaire de Rennes, plus précisément de Fougères, mais j’ai récemment emménagé à Paris pour gagner du temps sur les trajets et améliorer mon équilibre de vie.
Depuis tout petit, j’ai toujours voulu être pompier. Pour l’anecdote, j’ai récemment recroisé ma maîtresse de CE2, qui m’a dit qu’elle n’était pas surprise de me voir exercer ce métier : j’en parlais déjà tout le temps à l’époque !
Quel est le premier aspect positif qui te vient en tête en pensant à ce CS ?
Ce que j’apprécie particulièrement à Levallois, c’est la moyenne d’âge : on est une caserne très jeune, même si bien sûr il y a quelques anciens. Il y a une vraie dynamique de travail, on se pousse mutuellement vers le haut, notamment pour progresser dans les grades, tout en conservant une bonne ambiance que l’on peut retrouver entre copains, saine et agréable.
Quelles spécificités ou type d’inter’ pour ce secteur ?
Levallois est un CS extra-muros, mais qui ressemble beaucoup à un secteur parisien, tant au niveau géographique que sur le plan architectural. On a un morceau de la Seine avec l’île de la Jatte et une partie de l’île de Puteaux, ce qui est top pour aller courir le matin.
Notre secteur comprend aussi six hôpitaux et des sites sensibles comme la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Et pour compléter, nous faisons partie de la 5e compagnie, avec un point particulier : notre PC est l’état-major de la Brigade.
Quelle est l’intervention qui t’a le plus marqué dans ce CS ?
Je pense tout de suite à une intervention en tant que chef d’agrès VSAV. Nous sommes partis pour un arrêt cardio-respiratoire, l’homme était massé par son fils à notre arrivée. On a pris le relais, le défibrillateur a délivré deux chocs, et l’homme a retrouvé un pouls au moment où l’équipe médicale arrivait.
Pour son évacuation, j’ai fait demander un moyen élévateur aérien ainsi qu’une escorte motorisée pour rejoindre rapidement l’hôpital. Pendant l’évacuation, il est retombé en ACR, a été choqué à nouveau, avant de revenir à la vie. Il a été transporté avec un état stable, victime d’un infarctus, et d’après les dernières nouvelles il s’en est sorti sans séquelles. C’était une intervention classique sur le papier, mais marquante par le fait de voir concrètement l’impact qu’on peut avoir sur la vie des gens.
Souvenir personnel/cohésion le plus marquant dans ce CS ?
Comme beaucoup de brigadous, je pense qu’on se fait beaucoup de souvenirs forts en caserne, car on passe énormément de temps ensemble. Si je devais en citer un, ce serait celui du 13 juillet, la veille du bal, qui est aussi mon anniversaire. Cette année-là, j’étais de garde, et les copains sont venus me réveiller à 3 heures du matin pour me chanter joyeux anniversaire. Et évidemment, le chef de garde a fini par l’annoncer à tout le monde au rassemblement du matin. Sur le moment, on aimerait être discret, mais avec le recul, ce sont des attentions qui marquent et qui font plaisir.