#BrigadeInside – Mercredi 7 octobre, 7 h 00. Le Groupement de soutiens et de secours (GSS) lève les couleurs au Trou d’Enfer, une forteresse retranchée au cœur de la forêt de Marly. Durant 36 heures, le GSS va jouer l’un de ses exercices annuels majeurs : TRITON. Cet évènement va venir éprouver la capacité de la BSPP à garantir le soutien opérationnel, y compris lorsque les conditions d’engagement se dégradent et que les ressources viennent à manquer.
De la gestion de la solde à l’entretien des infrastructures, la Brigade assure une majorité de fonctions de soutien indispensables à son fonctionnement. Mais cette autonomie doit être entretenue et mise à l’épreuve. Comment assurer sa mission lorsque les moyens habituels ne sont plus disponibles ou que l’engagement se déroule loin des emprises connues ? C’est à cette question que répond TRITON, en préparant le GSS à fonctionner dans des conditions dégradées.
Historiquement consacré à la préparation aux crues majeures, TRITON s’est progressivement épaissi pour se rapprocher des conditions réelles d’engagement. L’exercice est joué en continu sur 36 heures et se répartit sur cinq sites. Les ateliers permettent de maintenir les savoir-faire techniques et opérationnels, mais aussi d’éprouver la capacité collective à s’adapter.
Toujours et partout
Navigation, natation utilitaire, secours à personne, tronçonnage, épuisement, techniques d’extinctions de feux naissants : les différents ateliers entretiennent des compétences indispensables face à l’imprévu. Une embarcation dont le moteur tombe en panne doit pouvoir continuer à progresser à la rame, un équipement dégradé doit pouvoir être remplacé, la capacité à réagir et à trouver une alternative guide la continuité de cet exercice.
Cette logique vaut également pour le soutien logistique. Lors des feux de forêt en Gironde, le GSS a participé au soutien des détachements engagés auprès des pompiers civils. Le dispositif projeté a permis d’approvisionner les pompiers au plus proche de leur engagement et de leurs besoins. Lors des premiers engagements, une trentaine de paires de bottes à lacets rapides ont notamment dû être remplacées, les équipements ayant été mis à rude épreuve par les conditions d’engagement.
C’est ainsi qu’un élément logistique projeté a pu être testé pendant l’exercice. Composé d’un magasin avancé et d’un centre de mise en œuvre du soutien, il a constitué le centre névralgique permettant de suivre l’exercice et les différents mouvements logistiques en multisites. Connecté au réseau informatique de la Brigade par un groupe de soutien aux télécommunications (GST) de la 47e compagnie, il a démontré la capacité du GSS à soutenir la manœuvre en tout temps et tout lieu, fidèle à sa devise.
TRITON permet aussi de travailler un changement d’une habitude bien ancrée chez les pompiers de Paris. Sur intervention, une demande de renfort est généralement formulée à la radio par un « je demande » et souvent honorée. Mais lorsque les ressources sont contraintes, tous les moyens sollicités ne peuvent pas nécessairement être engagés, ou pas tout de suite. Le Commandant des opérations de secours (COS) doit alors adapter sa manœuvre aux moyens logistiques disponibles. Une autre manière d’aborder la résilience.
Cet exercice souligne autre chose : le soutien ne consiste pas seulement à acheminer des ressources prévues à l’avance. Il doit aussi identifier les besoins imprévus, fournir rapidement les moyens nécessaires et trouver des solutions parfois inédites pour assurer la continuité de la mission comme cela a été le cas cet été avec la manœuvre glace. Il en est de même quand le contexte sécuritaire se dégrade : c’est pourquoi l’exercice a également permis une initiation à la manipulation de l’armement en dotation à la BSPP : FAMAS, Glock 17 et HK 416.
| Le saviez-vous ? La BSPP dispose d’une armurerie au camp des matelots à Versailles. L’armement sera prochainement transféré dans une armurerie plus moderne à Satory, améliorant notablement les conditions de travail des armuriers qui dépendent de la 32e Cie (CMAI) de Voluceau. |
Rusticité condition de la résilience
La résilience ne repose pas uniquement sur le matériel et l’organisation. Elle dépend aussi de la capacité des militaires à durer dans un environnement inhabituel, en l’occurrence le fort du Trou d’Enfer. Au cours de TRITON, les sapeurs-pompiers de Paris ont quitté leur cadre habituel : couchages sur lits picots, rations de combat, sommeil réduit et activités nocturnes comme autant d’occasions de travailler la résilience du collectif. L’exercice a également prévu des parcours de franchissement et des activités nautiques qui sollicitent l’adaptation, l’entraide et la cohésion.
…Ensemble, on va plus loin
Pour mieux traverser les épreuves il est bon de pouvoir compter sur du renfort. Afin d’éprouver sa capacité à intégrer et collaborer avec du personnel extérieur à la BSPP, l’exercice d’ampleur a accueilli des stagiaires du troisième régiment du service militaire volontaire. Leur participation a permis au GSS de travailler sa capacité à encadrer et employer temporairement des ressources supplémentaires. Chose particulièrement courante en cas de crise majeure.
Au fil des années, TRITON s’est étoffé pour préparer le GSS à intervenir dans des conditions toujours plus variées, loin de ses repères et avec un confort parfois limité. Une bonne manière de rappeler que pour le groupement, « toujours et partout » ne se limite pas à
| Le saviez-vous ? Les régiments du Service militaire volontaire (RSMV) accueillent chaque année plusieurs milliers de jeunes de 18 à 25 ans, majoritairement issus de milieux socialement défavorisés ou en situation d’échec scolaire. En combinant une courte formation militaire avec une remise à niveau et des qualifications reconnues (permis, CAP, stages en entreprise), le SMV vise à faciliter leur insertion durable : plus de 80 % des volontaires trouvent un emploi ou poursuivent leurs études dans les six mois qui suivent la fin du service. Ainsi, le dispositif constitue avant tout un tremplin professionnel pour les jeunes éloignés du marché du travail. |