EXERCICE — TRITON, Semper et ubique

Raphaël Orlan­do —  — Modi­fiée le 22 octobre 2026 à 17 h 35 

#BrigadeInside – Mercredi 7 octobre, 7 h 00. Le Groupement de soutiens et de secours (GSS) lève les couleurs au Trou d’Enfer, une forteresse retranchée au cœur de la forêt de Marly. Durant 36 heures, le GSS va jouer l’un de ses exercices annuels majeurs : TRITON. Cet évènement va venir éprouver la capacité de la BSPP à garantir le soutien opérationnel, y compris lorsque les conditions d’engagement se dégradent et que les ressources viennent à manquer.

De la ges­tion de la solde à l’entretien des infra­struc­tures, la Bri­gade assure une majo­ri­té de fonc­tions de sou­tien indis­pen­sables à son fonc­tion­ne­ment. Mais cette auto­no­mie doit être entre­te­nue et mise à l’épreuve. Com­ment assu­rer sa mis­sion lorsque les moyens habi­tuels ne sont plus dis­po­nibles ou que l’engagement se déroule loin des emprises connues ? C’est à cette ques­tion que répond TRITON, en pré­pa­rant le GSS à fonc­tion­ner dans des condi­tions dégradées.

His­to­ri­que­ment consa­cré à la pré­pa­ra­tion aux crues majeures, TRITON s’est pro­gres­si­ve­ment épais­si pour se rap­pro­cher des condi­tions réelles d’engagement. L’exercice est joué en conti­nu sur 36 heures et se répar­tit sur cinq sites. Les ate­liers per­mettent de main­te­nir les savoir-faire tech­niques et opé­ra­tion­nels, mais aus­si d’éprouver la capa­ci­té col­lec­tive à s’adapter.

Tou­jours et partout

Navi­ga­tion, nata­tion uti­li­taire, secours à per­sonne, tron­çon­nage, épui­se­ment, tech­niques d’extinctions de feux nais­sants : les dif­fé­rents ate­liers entre­tiennent des com­pé­tences indis­pen­sables face à l’imprévu. Une embar­ca­tion dont le moteur tombe en panne doit pou­voir conti­nuer à pro­gres­ser à la rame, un équi­pe­ment dégra­dé doit pou­voir être rem­pla­cé, la capa­ci­té à réagir et à trou­ver une alter­na­tive guide la conti­nui­té de cet exercice.

Cette logique vaut éga­le­ment pour le sou­tien logis­tique. Lors des feux de forêt en Gironde, le GSS a par­ti­ci­pé au sou­tien des déta­che­ments enga­gés auprès des pom­piers civils. Le dis­po­si­tif pro­je­té a per­mis d’approvisionner les pom­piers au plus proche de leur enga­ge­ment et de leurs besoins. Lors des pre­miers enga­ge­ments, une tren­taine de paires de bottes à lacets rapides ont notam­ment dû être rem­pla­cées, les équi­pe­ments ayant été mis à rude épreuve par les condi­tions d’engagement.

C’est ain­si qu’un élé­ment logis­tique pro­je­té a pu être tes­té pen­dant l’exercice. Com­po­sé d’un maga­sin avan­cé et d’un centre de mise en œuvre du sou­tien, il a consti­tué le centre névral­gique per­met­tant de suivre l’exercice et les dif­fé­rents mou­ve­ments logis­tiques en mul­ti­sites. Connec­té au réseau infor­ma­tique de la Bri­gade par un groupe de sou­tien aux télé­com­mu­ni­ca­tions (GST) de la 47e com­pa­gnie, il a démon­tré la capa­ci­té du GSS à sou­te­nir la manœuvre en tout temps et tout lieu, fidèle à sa devise.

TRITON per­met aus­si de tra­vailler un chan­ge­ment d’une habi­tude bien ancrée chez les pom­piers de Paris. Sur inter­ven­tion, une demande de ren­fort est géné­ra­le­ment for­mu­lée à la radio par un « je demande » et sou­vent hono­rée. Mais lorsque les res­sources sont contraintes, tous les moyens sol­li­ci­tés ne peuvent pas néces­sai­re­ment être enga­gés, ou pas tout de suite. Le Com­man­dant des opé­ra­tions de secours (COS) doit alors adap­ter sa manœuvre aux moyens logis­tiques dis­po­nibles. Une autre manière d’aborder la résilience.

Cet exer­cice sou­ligne autre chose : le sou­tien ne consiste pas seule­ment à ache­mi­ner des res­sources pré­vues à l’avance. Il doit aus­si iden­ti­fier les besoins impré­vus, four­nir rapi­de­ment les moyens néces­saires et trou­ver des solu­tions par­fois inédites pour assu­rer la conti­nui­té de la mis­sion comme cela a été le cas cet été avec la manœuvre glace. Il en est de même quand le contexte sécu­ri­taire se dégrade : c’est pour­quoi l’exercice a éga­le­ment per­mis une ini­tia­tion à la mani­pu­la­tion de l’armement en dota­tion à la BSPP : FAMAS, Glock 17 et HK 416.

Le saviez-vous ? La BSPP dis­pose d’une armu­re­rie au camp des mate­lots à Ver­sailles. L’armement sera pro­chai­ne­ment trans­fé­ré dans une armu­re­rie plus moderne à Sato­ry, amé­lio­rant nota­ble­ment les condi­tions de tra­vail des armu­riers qui dépendent de la 32e Cie (CMAI) de Voluceau.

Rus­ti­ci­té condi­tion de la résilience

La rési­lience ne repose pas uni­que­ment sur le maté­riel et l’organisation. Elle dépend aus­si de la capa­ci­té des mili­taires à durer dans un envi­ron­ne­ment inha­bi­tuel, en l’occurrence le fort du Trou d’Enfer. Au cours de TRITON, les sapeurs-pom­piers de Paris ont quit­té leur cadre habi­tuel : cou­chages sur lits picots, rations de com­bat, som­meil réduit et acti­vi­tés noc­turnes comme autant d’occasions de tra­vailler la rési­lience du col­lec­tif. L’exercice a éga­le­ment pré­vu des par­cours de fran­chis­se­ment et des acti­vi­tés nau­tiques qui sol­li­citent l’adaptation, l’entraide et la cohésion.

…Ensemble, on va plus loin

Pour mieux tra­ver­ser les épreuves il est bon de pou­voir comp­ter sur du ren­fort. Afin d’éprouver sa capa­ci­té à inté­grer et col­la­bo­rer avec du per­son­nel exté­rieur à la BSPP, l’exercice d’ampleur a accueilli des sta­giaires du troi­sième régi­ment du ser­vice mili­taire volon­taire. Leur par­ti­ci­pa­tion a per­mis au GSS de tra­vailler sa capa­ci­té à enca­drer et employer tem­po­rai­re­ment des res­sources sup­plé­men­taires. Chose par­ti­cu­liè­re­ment cou­rante en cas de crise majeure.

Au fil des années, TRITON s’est étof­fé pour pré­pa­rer le GSS à inter­ve­nir dans des condi­tions tou­jours plus variées, loin de ses repères et avec un confort par­fois limi­té. Une bonne manière de rap­pe­ler que pour le grou­pe­ment, « tou­jours et par­tout » ne se limite pas à


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