Cérémonie à la mémoire des sapeurs-pompiers tombés à Vauquois en 1915

 — Modi­fiée le 8 octobre 2026 à 10 h 38 

Associatif – Le 26 septembre, jour anniversaire de la fin de la bataille de Vauquois quatre ans presque jour pour jour après sa conquête par l’armée allemande en 1914, avec sa reconquête par la 35e division US mise sur pied par les états du Kansas et du Missouri, une cérémonie s’est déroulée au milieu des cratères qui fendent la colline de Vauquois en deux.

Dans le cadre d’un par­cours mémo­riel dans la Meuse, le stage des ser­gents de la bri­gade des sapeurs-pom­piers de Paris (BSPP) est venu rendre hom­mage aux cinq de leurs anciens qui ont per­du la vie dans l’attaque du 6 juin 1915, qui voyait pour la pre­mière fois l’utilisation par l’armée fran­çaise d’appareils de pro­jec­tion de liquides enflam­més, en réponse à l’initiative alle­mande sur­ve­nue le 23 mars dans le même sec­teur de Vauquois.

Le 18 sep­tembre 1811, l’Empereur Napo­léon Ier avait ordon­né que les pom­piers de Paris seraient doré­na­vant des mili­taires de l’arme du Génie. Cent années plus tard, leur exper­tise dans la maî­trise du feu est sol­li­ci­tée pour appuyer cette ten­ta­tive de per­cée sur le front de Vau­quois, où Fran­çais et alle­mands s’affrontent depuis plu­sieurs mois dans les ruines de ce vil­lage minuscule.

Après plu­sieurs heures de bom­bar­de­ment par l’artillerie de tran­chée fran­çaise, au signal don­né à 20h10 par l’ouverture du feu d’une mitrailleuse depuis la mai­rie, les sapeurs mettent œuvre les 16 sys­tèmes de lance-flamme « Schilt », arro­sant de pétrole enflam­mé les posi­tions alle­mandes à l’ouest de l’église. Une minute 45 plus tard, un nou­veau tir de la mitrailleuse déclenche l’assaut conduit par le 76e RI, alors que la pre­mière ligne alle­mande brûle sur 50 mètres et que les défen­seurs sont en débandade.

Mal­heu­reu­se­ment, la com­bi­nai­son d’un retour de vent et de l’explosion d’un dépôt de muni­tions alle­mand tou­ché par un obus de cra­pouillot de 58 mm rac­cour­cit la por­tée des liquides enflam­més, qui retombent sur le dos des fan­tas­sins fran­çais en tête de l’assaut. La panique change de camp. L’artillerie alle­mande écrase les posi­tions fran­çaises et enraye l’attaque dans la confu­sion. C’est la der­nière ten­ta­tive fran­çaise de per­cée à Vau­quois par un assaut clas­sique d’infanterie. Désor­mais, pour les deux armées, la prio­ri­té sera don­née à la tech­nique de la mine.

Dans cette mal­heu­reuse affaire, cinq com­bat­tants rat­ta­chés au régi­ment des pom­piers de Paris perdent la vie : le ser­gent Gau­dray P., le capo­ral Fla­ment, les sapeurs Bous­su­gug, Rade et Gau­dray Oscar. Leur mémoire est com­mé­mo­rée par une petite stèle implan­tée dans le sec­teur de l’attaque.

Conduite par le major Chris­tophe, conseiller du géné­ral com­man­dant la BSPP et l’encadrement du stage, la délé­ga­tion des 30 ser­gents a sui­vi le matin de ce 26 sep­tembre la visite gui­dée des gale­ries sou­ter­raines avec les guides de l’association des Amis de Vau­quois. Ils y ont été rejoint par une délé­ga­tion et le porte-dra­peau du grou­pe­ment natio­nal des anciens sapeurs-pom­piers de Paris.

La visite puis la céré­mo­nie ont été rehaus­sées par la pré­sence du géné­ral de corps d’armée (2e sec­tion) Autran, pré­sident de la fédé­ra­tion natio­nale du génie mili­taire, qui a signé le Livre d’Or des Amis de Vauquois.



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