LA RÉVOLUTION DIPHASIQUE (ép. 4), vue depuis le SDIS 35 avec le LTN Arnaud Sourdaine.

Har­ry Cou­vin —  — Modi­fiée le 7 juin 2023 à 04 h 01 

#BrigadeInside — Pour affiner la mise au point de la lance diphasique, la BSPP a travaillé avec les marins-pompiers de Marseille, le SDMIS de la région lyonnaise, le SDIS 77 et le SDIS 35 avec notamment le lieutenant Arnaud Sourdaine, adjoint au chef de service Doctrine opérationnelle et retour d’expérience.

« Stabiliser le feu en attendant des moyens plus importants »

Char­gé en par­tie de la pros­pec­tive opé­ra­tion­nelle et de l’innovation, le lieu­te­nant Sour­daine tra­vaille conjoin­te­ment avec le nou­veau ser­vice Pros­pec­tive et Stra­té­gie d’équipement du SDIS 35. Il tient aus­si le rôle d’interface entre les ser­vices tech­niques et la for­ma­tion. Une tâche bien dense qu’il exé­cute en plus de sa cas­quette de réfé­rent incen­die auprès du direc­teur du SDIS sur les phé­no­mènes thermiques.

À quel moment le SDIS 35 a rejoint le pro­jet ?
Au moment où la BSPP a sol­li­ci­té les SDIS, nous avons répon­du pré­sents, car nous avions déjà col­la­bo­ré en 2016 avec la Bri­gade sur les tra­vaux de l’approche per­for­man­tielle et des moyens mobiles d’extinction.

Quel a été le rôle de votre SDIS ?
Notre prin­ci­pal rôle a été de four­nir des pilotes en capa­ci­té de s’engager et d’apporter des retours d’expériences construc­tifs. Nous avons aus­si beau­coup tra­vaillé avec le Labo­ra­toire cen­tral de la pré­fec­ture de Police (LCPP) pour affi­ner, et vali­der (ou non) les tests. De plus, nous n’avons pas tout à fait les mêmes sec­teurs d’interventions. Notam­ment dans les milieux ruraux qui néces­sitent des moyens opé­ra­tion­nels différents.

Quelles par­ti­cu­la­ri­tés ont séduit le SDIS 35 ?
Au départ, nous avons un besoin com­mun, celui d’améliorer encore et tou­jours le niveau de sécu­ri­té du per­son­nel. Comme l’a sou­li­gné par ailleurs le LCL Tes­ta de la BSPP, nous allons être confron­tés à des feux plus chauds dans des bâti­ments de plus en plus étanches. Pour nous, le deuxième enjeu est la défense exté­rieure contre l’incendie (DECI). En milieu rural, le point d’eau peut être assez éloi­gné du lieu d’intervention. On voit tout de suite l’intérêt d’avoir un moyen d’extinction qui, avec beau­coup moins d’eau, conserve, voire aug­mente, l’efficacité opé­ra­tion­nelle. Cela devrait per­mettre de sta­bi­li­ser le feu en atten­dant des ren­forts car contrai­re­ment à des envi­ron­ne­ments urbains où le maillage est dense, en sec­teur rural le regrou­pe­ment des moyens subit une forte temporalité.

Quand allez-vous mettre en ser­vice ce sys­tème ?
Nous sommes actuel­le­ment en phase d’étude de l’intégration d’un sys­tème dipha­sique dans notre pro­chain FPT Com­pact. Il embarque 2 000 litres (au lieu des 3 000 litres régle­men­taires) et devrait être mis en cir­cu­la­tion en 2024. Cet engin nous per­met­tra de juger de la per­ti­nence de ce type de moyen. La dimi­nu­tion de la taille des cuves nous per­met de répondre à un objec­tif de com­pa­ci­té opé­ra­tion­nelle et de ratio­na­li­té en termes d’aménagement et de coût. Sur l’ensemble du parc, l’économie d’échelle n’est pas négli­geable… Enfin, l’enjeu de l’économie de l’eau étant deve­nu majeur, ce genre de dis­po­si­tifs devrait pou­voir trou­ver sa place. Avec Zelup, nous tra­vaillons éga­le­ment sur la créa­tion d’engins plus petits, plus maniables, proche de l’idée anglo-saxonne de first respon­der, très adap­tés à notre ter­rain. Mais cette approche néces­site une pro­fonde ana­lyse de doc­trine et de réponse opérationnelle.

photographie SDIS 35

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