SPORT — Sergent Marie Herveic de Montmartre au Mont-blanc

Renaud Da Sil­va Min­hard— — Modi­fiée le 28 octobre 2026 à 11 h 39 

Sport– Le sergent Marie Herveic est infirmière à l’antenne médicale de Massena. En août, elle a participé à un trail à Chamonix. La MCC (Martigny-Combes-Chamonix) est une course de 42 kilomètres avec 2300 mètres de dénivelé positif. Au terme d’une course effrénée, elle se classe onzième femme. 

La der­nière semaine d’août est la semaine sainte pour tous les amou­reux de trail. Cha­mo­nix prend des airs de lieu de pèle­ri­nage. Le cœur de la ville bat au rythme de la course de mon­tagne. Pen­dant une semaine, sept courses s’y déroulent. Le point d’orgue étant l’événement majeur de l’année : l’ultra-trail du Mont-Blanc (UTMB). Par­mi les sept courses de la semaine, il y a la MCC. Une course de 40 kilo­mètres avec 2 300 de déni­ve­lé. 1000 cou­reurs prennent le départ de cette course à Mar­ti­gny-Combe en Suisse pour rejoindre Cha­mo­nix. Quelques mois plus tôt, Marie Her­veic se blesse au genou. Une mésa­ven­ture qui l’a tenue éloi­gnée des sen­tiers pen­dant une longue période. Pour autant, la MCC est son objec­tif. Mais pas ques­tion de brû­ler les étapes. Il faut se recons­truire et pro­gres­si­ve­ment retrou­ver les sensations.

Vers les som­mets.Au col­lège et au lycée, Marie pra­tique l’athlétisme en club. Elle court des 10 kilo­mètres, des semi-mara­thons et dis­pute son pre­mier mara­thon à seule­ment 18 ans. Puis elle découvre le trail. Elle y trouve quelque chose qu’elle ne retrou­vait pas for­cé­ment sur la piste. « L’ambiance et l’esprit sont beau­coup plus bien­veillants qu’à l’athlétisme, nous confie la bre­tonne de 30 ans. Puis cou­rir dans la nature, c’est incroyable. On découvre des pay­sages magni­fiques.»

Mais avant de rejoindre Cha­mo­nix, il faut d’abord com­po­ser avec Paris. Et avec les gardes. À la Bri­gade depuis envi­ron quatre ans, le ser­gent effec­tue une à deux gardes par semaine. Elle équipe le véhi­cule léger infir­mier (VLI), l’ambulance de réani­ma­tion et ou prend des gardes à la coor­di­na­tion médi­cale. Les entraî­ne­ments doivent se glis­ser dans son emploi du temps. L’été der­nier, la cha­leur com­plique les choses. « Pré­pa­rer un trail à Paris c’est com­pli­qué,explique Marie. Qui plus est lorsqu’il fait chaud. J’ai fait mes séances sou­vent très tôt le matin, quand il fai­sait plus frais. »Et trou­ver du déni­ve­lé dans la capi­tale peut vite être un casse-tête. Mont­martre fut son ter­rain de jeux. Son coach adapte les séances à ses jour­nées de tra­vail. L’objectif est fixé : ter­mi­ner la MCC en moins de cinq heures.

Atten­tion au départ.Le matin de la course, à Mar­ti­gny-Combe, 1 000 cou­reurs s’élancent. Le soleil est au ren­dez-vous. Les pre­miers kilo­mètres sont ava­lés à vive allure. Marie se retrouve rapi­de­ment dans le rythme du pelo­ton. Un peu trop peut-être, nous explique-t-elle. « C’est par­ti très vite. Au bout de deux kilo­mètres, j’avais déjà le goût du sang dans la bouche. Là, je me suis dit que ça allait très long. »La cha­leur joue les pre­miers rôles. La pre­mière grosse dif­fi­cul­té approche : la mon­tée vers le col de la For­claz. Mais Marie accuse le coup. « Il fai­sait très chaud. J’ai mis du temps à ren­trer dans la course. Je me suis concen­tré sur mon ali­men­ta­tion et mon hydra­ta­tion puis au bout d’un moment, j’ai switché. »

Les choses sérieuses com­mencent. Les kilo­mètres passent, les pay­sages plus somp­tueux les uns que les autres défilent. Elle fonce vers son objec­tif. Elle n’est plus sim­ple­ment en train d’essayer de ter­mi­ner sa course. Elle com­mence à regar­der autour d’elle et à comp­ter les places. Dans les der­niers kilo­mètres, une place dans le top 10 fémi­nin devient même envi­sa­geable. Marie tente de reve­nir sur sa concur­rente directe. Mais dans les des­centes, cette der­nière est plus à l’aise. Il fau­dra fina­le­ment se conten­ter de la 11èmeplace fémi­nine et de la 98èmeplace au clas­se­ment géné­ral. À Cha­mo­nix, au milieu de la cohue, le chro­no affiche 4 heures 48. Le contrat est rem­pli. Quelques mois après son opé­ra­tion, elle signe une per­for­mance de pre­mier plan.

De Paris à Cha­mo­nix, des esca­liers de Mont­martre aux sen­tiers du Mont-Blanc, il aura fal­lu com­po­ser avec les gardes, la cha­leur et une longue réédu­ca­tion. Mais au bout des 40 kilo­mètres, il reste sur­tout une satis­fac­tion : celle d’avoir retrou­vé les sommets.



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