Sport– Le sergent Marie Herveic est infirmière à l’antenne médicale de Massena. En août, elle a participé à un trail à Chamonix. La MCC (Martigny-Combes-Chamonix) est une course de 42 kilomètres avec 2300 mètres de dénivelé positif. Au terme d’une course effrénée, elle se classe onzième femme.
La dernière semaine d’août est la semaine sainte pour tous les amoureux de trail. Chamonix prend des airs de lieu de pèlerinage. Le cœur de la ville bat au rythme de la course de montagne. Pendant une semaine, sept courses s’y déroulent. Le point d’orgue étant l’événement majeur de l’année : l’ultra-trail du Mont-Blanc (UTMB). Parmi les sept courses de la semaine, il y a la MCC. Une course de 40 kilomètres avec 2 300 de dénivelé. 1000 coureurs prennent le départ de cette course à Martigny-Combe en Suisse pour rejoindre Chamonix. Quelques mois plus tôt, Marie Herveic se blesse au genou. Une mésaventure qui l’a tenue éloignée des sentiers pendant une longue période. Pour autant, la MCC est son objectif. Mais pas question de brûler les étapes. Il faut se reconstruire et progressivement retrouver les sensations.
Vers les sommets.Au collège et au lycée, Marie pratique l’athlétisme en club. Elle court des 10 kilomètres, des semi-marathons et dispute son premier marathon à seulement 18 ans. Puis elle découvre le trail. Elle y trouve quelque chose qu’elle ne retrouvait pas forcément sur la piste. « L’ambiance et l’esprit sont beaucoup plus bienveillants qu’à l’athlétisme, nous confie la bretonne de 30 ans. Puis courir dans la nature, c’est incroyable. On découvre des paysages magnifiques.»
Mais avant de rejoindre Chamonix, il faut d’abord composer avec Paris. Et avec les gardes. À la Brigade depuis environ quatre ans, le sergent effectue une à deux gardes par semaine. Elle équipe le véhicule léger infirmier (VLI), l’ambulance de réanimation et ou prend des gardes à la coordination médicale. Les entraînements doivent se glisser dans son emploi du temps. L’été dernier, la chaleur complique les choses. « Préparer un trail à Paris c’est compliqué,explique Marie. Qui plus est lorsqu’il fait chaud. J’ai fait mes séances souvent très tôt le matin, quand il faisait plus frais. »Et trouver du dénivelé dans la capitale peut vite être un casse-tête. Montmartre fut son terrain de jeux. Son coach adapte les séances à ses journées de travail. L’objectif est fixé : terminer la MCC en moins de cinq heures.
Attention au départ.Le matin de la course, à Martigny-Combe, 1 000 coureurs s’élancent. Le soleil est au rendez-vous. Les premiers kilomètres sont avalés à vive allure. Marie se retrouve rapidement dans le rythme du peloton. Un peu trop peut-être, nous explique-t-elle. « C’est parti très vite. Au bout de deux kilomètres, j’avais déjà le goût du sang dans la bouche. Là, je me suis dit que ça allait très long. »La chaleur joue les premiers rôles. La première grosse difficulté approche : la montée vers le col de la Forclaz. Mais Marie accuse le coup. « Il faisait très chaud. J’ai mis du temps à rentrer dans la course. Je me suis concentré sur mon alimentation et mon hydratation puis au bout d’un moment, j’ai switché. »
Les choses sérieuses commencent. Les kilomètres passent, les paysages plus somptueux les uns que les autres défilent. Elle fonce vers son objectif. Elle n’est plus simplement en train d’essayer de terminer sa course. Elle commence à regarder autour d’elle et à compter les places. Dans les derniers kilomètres, une place dans le top 10 féminin devient même envisageable. Marie tente de revenir sur sa concurrente directe. Mais dans les descentes, cette dernière est plus à l’aise. Il faudra finalement se contenter de la 11èmeplace féminine et de la 98èmeplace au classement général. À Chamonix, au milieu de la cohue, le chrono affiche 4 heures 48. Le contrat est rempli. Quelques mois après son opération, elle signe une performance de premier plan.
De Paris à Chamonix, des escaliers de Montmartre aux sentiers du Mont-Blanc, il aura fallu composer avec les gardes, la chaleur et une longue rééducation. Mais au bout des 40 kilomètres, il reste surtout une satisfaction : celle d’avoir retrouvé les sommets.