WEB-SÉRIE PLONGEURS — Le camion soutien plongée, couteau suisse sur roues

Renaud Da Sil­va Min­hard —  — Modi­fiée le 23 octobre 2026 à 11 h 58 

Web-série – Les spécialistes des interventions subaquatiques (SIS) de la BSPP disposent d’un outil indispensable avec le camion soutien plongée (CSP). Véritable plateforme technique mobile, il concentre les moyens nécessaires au soutien des plongeurs et contribue directement à leur sécurité comme à leur efficacité opérationnelle.

Un outil pen­sé pour les inter­ven­tions spé­cia­li­sées. À la BSPP, la plon­gée ne se résume pas aux opé­ra­tions de secours à per­sonne. Les SIS sont enga­gés sur des mis­sions variées où les contraintes tech­niques sont nom­breuses : recherches de per­sonnes ou d’animaux, ins­pec­tions d’ou­vrages, tra­vaux sub­aqua­tiques d’ur­gence ou encore inter­ven­tions en pré­sence de pollution.

Pour répondre à ces situa­tions, le camion sou­tien plon­gée a été conçu. Mis en ser­vice en 2020, il a élu domi­cile au centre de secours de Join­ville-le-Pont. Il s’in­tègre plei­ne­ment au dis­po­si­tif nau­tique de la BSPP. Il est armé par deux spé­cia­listes des inter­ven­tions sub­aqua­tiques. L’un d’entre eux doit à mini­ma être qua­li­fié en tra­vaux sub­aqua­tiques d’ur­gence. Ce véhi­cule inter­vient en com­plé­ment des embar­ca­tions de secours et d’as­sis­tance aux vic­times (ESAV), des embar­ca­tions de secours et d’as­sis­tance aux vic­times et incen­die (ESAVI) ain­si que de l’embarcation mul­ti-fonc­tions (EMF), qu’il est en mesure de tracter.

Un concen­tré de capa­ci­tés. Grâce à sa poly­va­lence, le CSP répond aux exi­gences de plu­sieurs spé­cia­li­tés opé­ra­tion­nelles de la Bri­gade. Il peut être enga­gé sur des inter­ven­tions à carac­tère, recherches et secours en milieux urbains (RSMU) ou nucléaire radio­lo­gique bio­lo­gique et chi­mique (NRBC). Sa réserve d’air lui per­met d’assurer la fonc­tion de camion­nette de réserve à air com­pri­mé (CRAC) et accom­pa­gner les explo­ra­tions de longue durée (ELD). 

L’or­ga­ni­sa­tion inté­rieure du véhi­cule répond à une logique simple : rendre immé­dia­te­ment acces­sibles des équi­pe­ments. Chaque com­par­ti­ment est dédié à une fonc­tion pré­cise afin de limi­ter les mani­pu­la­tions et de réduire les délais de mise en œuvre.

Le CSP embarque les équi­pe­ments de plon­gée, une réserve d’air, les outils de rele­vage, les moyens de découpe sub­aqua­tique et ter­restre, l’é­clai­rage ain­si que les équi­pe­ments des­ti­nés aux inter­ven­tions en milieux pol­lués. Par­mi eux, on trouve le célèbre casque-sca­phandre Kir­by Mor­gan 37. Il est équi­pé d’une camé­ra et d’une radio. Ce qui per­met aux plon­geurs d’évoluer jusqu’à 50 mètres de pro­fon­deur dans des eaux souillées, tout en res­tant en liai­son per­ma­nente avec la surface.

Le véhi­cule dis­pose aus­si de nom­breux outils de découpe, ali­men­tés par une cen­trale hydrau­lique : une scie à chaîne pour le bois, une meu­leuse pour les métaux ou encore une scie à chaîne dia­mant des­ti­née au béton. Enfin, il per­met la mise en œuvre de bar­rages des­ti­nés à limi­ter la pro­pa­ga­tion des eaux polluées.

Les inter­ven­tions en sur­face non libre. Le CSP embarque éga­le­ment les équi­pe­ments néces­saires aux opé­ra­tions dites en « sur­face non libre ». Ce terme désigne les situa­tions dans les­quelles les plon­geurs évo­luent à l’in­té­rieur d’une struc­ture. Cela peut être lors de l’ex­plo­ra­tion d’une épave ou d’un par­king sou­ter­rain inondé.

Ces inter­ven­tions, qua­li­fiées d’ex­plo­ra­tions de longue durée (ELD), figurent par­mi les plus exi­geantes. Elles néces­sitent une pré­pa­ra­tion rigou­reuse, des pro­cé­dures de sécu­ri­té ren­for­cées et une excel­lente condi­tion physique.

Dis­cret mais indis­pen­sable, le camion sou­tien plon­gée illustre l’im­por­tance des opé­ra­tions sub­aqua­tiques. Der­rière chaque immer­sion se cache un outil conçu pour accom­pa­gner les plon­geurs dans les envi­ron­ne­ments les plus exi­geants. En constante évo­lu­tion, le CSP témoigne de la volon­té per­ma­nente de la Bri­gade d’a­dap­ter ses moyens aux réa­li­tés du ter­rain et aux défis opé­ra­tion­nels de demain.


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