PORTRAIT —Dirigeant d’entreprises et réserviste à la BSPP, le défi relevé par Matthieu Douziech

— Modi­fiée le 29 octobre 2026 à 15 h 55 

#BrigadeInside– Matthieu Douziech, 47 ans, PDG de deux entreprises, a choisi de s’engager dans la réserve opérationnelle de la BSPP. Depuis 2023, chaque jeudi, il effectue une garde de 24 heures au VSAV du CS Dauphine.

Si sa double cas­quette est à l’origine de cet article, c’est avant tout sa per­son­na­li­té et son humi­li­té qui marquent ceux qui le ren­contrent. Mat­thieu fait par­tie de ces rares indi­vi­dus capables de vous récon­ci­lier avec l’humanité en une seule conver­sa­tion. La devise est celle du Dalaï Lama, « Aider les autres est la meilleure façon de s’aider soi-même »et résume bien ce qua­dra­gé­naire qui a choi­si de consa­crer son peu de temps libre à secou­rir autrui. Son par­cours pro­fes­sion­nel est lui tout aus­si impres­sion­nant. Après une car­rière dans les res­sources humaines chez L’Oréal, où il a occu­pé des postes variés (opé­ra­tions, affaires com­mer­ciales, DRH au Por­tu­gal et en Espagne), il y a même trou­vé l’amour de sa vie, Inês. Par amour pour elle, il quitte le groupe pour évi­ter tout conflit d’intérêts. 
Fort de cette expé­rience, Mat­thieu fonde Har­poon, un cabi­net d’executive search et de conseil RH pour le luxe, la dis­tri­bu­tion et l’industrie, pré­sent à Paris, Lis­bonne, Madrid et Mont­réal. Il lance ensuite Big­fish,une agence de ges­tion et repré­sen­ta­tion de diri­geants, com­pa­rable à une agence de spor­tifs mais dédiée aux patrons d’entreprises.

Une voca­tion

Pour­tant, mal­gré ce par­cours qui pour­rait ins­pi­rer l’admiration, Mat­thieu a tou­jours eu l’âme d’un pom­pier. Il s’était déjà enga­gé comme volon­taire dans le Val‑d’Oise (95), il y a 25 ans. Quand il tombe sur une annonce de recru­te­ment de réser­viste, il pos­tule sans hési­ter, est rete­nu et intègre le CS Dau­phine en jan­vier 2024. Depuis, c’est une véri­table his­toire d’amour entre lui et la BSPP. Chaque jeu­di, il enfile sa tenue F1 pour une garde de 24 heures, une expé­rience qu’il ché­rit et qui contraste avec son quo­ti­dien. Son âge, 47 ans, le dis­tingue de ses coéqui­piers, ce qui lui vaut des sur­noms comme « le fos­sile ». Mais loin de s’en offus­quer, il y voit un bain de jou­vence, une façon de res­ter connec­té aux jeunes géné­ra­tions. « Après une nuit dif­fi­cile, ma récu­pé­ra­tion est essen­tielle» avoue-t-il avec humour. Heu­reu­se­ment, en tant que patron, il peut amé­na­ger son agen­da : jour­nées allé­gées le ven­dre­di et asso­ciés infor­més. Spor­tif rigou­reux, il s’entraîne quo­ti­dien­ne­ment pour res­ter en forme, alliant dis­ci­pline phy­sique et ali­men­ta­tion équi­li­brée. Au début, son enga­ge­ment a sur­pris : un diri­geant de 47 ans repre­nant des gardes de 24 heures, ce n’était pas courant.

Mat­thieu Dou­ziech aime ce côté enga­gé et aven­tu­rier que lui pro­curent les inter­ven­tions au VSAV. Quand je lui demande quelle inter­ven­tion l’a le plus mar­qué, il répond sans hési­ter : « Mon pre­mier ACR. Voir sa propre adresse s’afficher sur l’ordre de départ ajoute un stress qui n’a rien à voir avec celui de l’intervention elle-même. On part déjà en se deman­dant qui». Il connais­sait effec­ti­ve­ment la vic­time, un visage fami­lier : la pré­pa­ra­trice en phar­ma­cie du bas de son immeuble. Il recon­naît à cet ins­tant les qua­li­tés de la BSPP capable de trans­for­mer l’urgence en gestes ordon­nés. L’histoire se ter­mine bien : la vic­time a sur­vé­cu et Mat­thieu la recroise aujourd’hui. Mal­gré ces anec­dotes qui marquent une vie, quand je lui demande ce qu’il dirait à quelqu’un qui hésite à s’engager dans la réserve, il répond sans détour : « Qu’il fonce !», il rap­pelle tou­te­fois qu’il ne faut pas se trom­per sur ce que l’on vient cher­cher à la BSPP. C’est un enga­ge­ment exi­geant avec des nuits courtes et une dis­ci­pline non négo­ciable, car il s’agit de s’intégrer à une ins­ti­tu­tion rigou­reuse. Mais celui ou celle qui en a conscience y trou­ve­ra une expé­rience unique : l’utilité immé­diate et une place dans un col­lec­tif uni par la même cause, ser­vir. Le jeu­di, Mat­thieu Dou­ziech n’est ni diri­geant ni fon­da­teur d’entreprises : il est équi­pier au VSAV, et c’est exac­te­ment ce qu’il était venu cher­cher. Preuve qu’il n’y a pas d’âge pour s’engager ni de par­cours qui l’interdise.


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