#BrigadeInside– Matthieu Douziech, 47 ans, PDG de deux entreprises, a choisi de s’engager dans la réserve opérationnelle de la BSPP. Depuis 2023, chaque jeudi, il effectue une garde de 24 heures au VSAV du CS Dauphine.
Si sa double casquette est à l’origine de cet article, c’est avant tout sa personnalité et son humilité qui marquent ceux qui le rencontrent. Matthieu fait partie de ces rares individus capables de vous réconcilier avec l’humanité en une seule conversation. La devise est celle du Dalaï Lama, « Aider les autres est la meilleure façon de s’aider soi-même »et résume bien ce quadragénaire qui a choisi de consacrer son peu de temps libre à secourir autrui. Son parcours professionnel est lui tout aussi impressionnant. Après une carrière dans les ressources humaines chez L’Oréal, où il a occupé des postes variés (opérations, affaires commerciales, DRH au Portugal et en Espagne), il y a même trouvé l’amour de sa vie, Inês. Par amour pour elle, il quitte le groupe pour éviter tout conflit d’intérêts.
Fort de cette expérience, Matthieu fonde Harpoon, un cabinet d’executive search et de conseil RH pour le luxe, la distribution et l’industrie, présent à Paris, Lisbonne, Madrid et Montréal. Il lance ensuite Bigfish,une agence de gestion et représentation de dirigeants, comparable à une agence de sportifs mais dédiée aux patrons d’entreprises.
Une vocation
Pourtant, malgré ce parcours qui pourrait inspirer l’admiration, Matthieu a toujours eu l’âme d’un pompier. Il s’était déjà engagé comme volontaire dans le Val‑d’Oise (95), il y a 25 ans. Quand il tombe sur une annonce de recrutement de réserviste, il postule sans hésiter, est retenu et intègre le CS Dauphine en janvier 2024. Depuis, c’est une véritable histoire d’amour entre lui et la BSPP. Chaque jeudi, il enfile sa tenue F1 pour une garde de 24 heures, une expérience qu’il chérit et qui contraste avec son quotidien. Son âge, 47 ans, le distingue de ses coéquipiers, ce qui lui vaut des surnoms comme « le fossile ». Mais loin de s’en offusquer, il y voit un bain de jouvence, une façon de rester connecté aux jeunes générations. « Après une nuit difficile, ma récupération est essentielle» avoue-t-il avec humour. Heureusement, en tant que patron, il peut aménager son agenda : journées allégées le vendredi et associés informés. Sportif rigoureux, il s’entraîne quotidiennement pour rester en forme, alliant discipline physique et alimentation équilibrée. Au début, son engagement a surpris : un dirigeant de 47 ans reprenant des gardes de 24 heures, ce n’était pas courant.
Matthieu Douziech aime ce côté engagé et aventurier que lui procurent les interventions au VSAV. Quand je lui demande quelle intervention l’a le plus marqué, il répond sans hésiter : « Mon premier ACR. Voir sa propre adresse s’afficher sur l’ordre de départ ajoute un stress qui n’a rien à voir avec celui de l’intervention elle-même. On part déjà en se demandant qui». Il connaissait effectivement la victime, un visage familier : la préparatrice en pharmacie du bas de son immeuble. Il reconnaît à cet instant les qualités de la BSPP capable de transformer l’urgence en gestes ordonnés. L’histoire se termine bien : la victime a survécu et Matthieu la recroise aujourd’hui. Malgré ces anecdotes qui marquent une vie, quand je lui demande ce qu’il dirait à quelqu’un qui hésite à s’engager dans la réserve, il répond sans détour : « Qu’il fonce !», il rappelle toutefois qu’il ne faut pas se tromper sur ce que l’on vient chercher à la BSPP. C’est un engagement exigeant avec des nuits courtes et une discipline non négociable, car il s’agit de s’intégrer à une institution rigoureuse. Mais celui ou celle qui en a conscience y trouvera une expérience unique : l’utilité immédiate et une place dans un collectif uni par la même cause, servir. Le jeudi, Matthieu Douziech n’est ni dirigeant ni fondateur d’entreprises : il est équipier au VSAV, et c’est exactement ce qu’il était venu chercher. Preuve qu’il n’y a pas d’âge pour s’engager ni de parcours qui l’interdise.