#BrigadeInside – Après un premier exercice aux Invalides en avril 2025, la BSPP a conduit dans la nuit du 16 au 17 avril 2026, un exercice d’engagement majeur sur les quais de Seine, en plein centre de Paris. Près de 600 intervenants BSPP, mais également des services de la préfecture de Police et des associations de sécurité civile y ont participé. Un déploiement d’envergure pour se préparer et tester la coordination et la réactivité des secours en situation de crise.
Cet exercice d’ampleur, réalisé une à deux fois par an, s’inscrit dans la démarche d’excellence continue de la Brigade. Ainsi, dans un but d’évaluation et d’adaptation de ses doctrines d’engagement, le bureau opération et préparation opérationnelle (BOPO) de la BSPP a élaboré un scénario autour de la menace attentat et de la prise en charge d’un nombre important de victimes (NOVI). Ce type de crise impliquant plusieurs acteurs et une coordination complexe doit être envisagé afin de préparer efficacement les secours à y répondre. Le scénario simulait le périple meurtrier d’un camion, joué sur les quais de Seine, sur une élongation de 1,5 km.
Afin de tester la réponse opérationnelle dans des conditions proches de la réalité, la BSPP s’est appuyée sur la préfecture de Police, en coordination avec une quinzaine d’équipes du SAMU de petite et grande couronne, la brigade fluviale, la protection civile et la Croix-Rouge française, ainsi que la mairie de Paris. L’occasion de travailler ensemble sur le terrain, dans un contexte d’engagement majeur, mais aussi d’éprouver les capacités opérationnelles de chaque entité. Chaque intervenant a pu mesurer l’ampleur et le stress que pourrait engendrer une intervention de ce type, lors de cet exercice unique. Pour évoquer cet exercice, nous avons rencontré le lieutenant-colonel David Menigon, directeur de l’exercice et adjoint au Bureau opérations, préparation opérationnelle (BOPO).
Mon colonel, en quoi cette situation constitue un exercice d’engagement majeur ?
Cet exercice s’inscrit dans notre préparation opérationnelle annuelle et vise à tester notre capacité à répondre à une situation complexe, impliquant un grand nombre de victimes, dans un contexte dégradé. Il est qualifié de majeur à plusieurs titres. D’abord par son ampleur, avec près de 600 intervenants engagés, près de 200 engins mobilisés et environ 150 figurants, dont une grande partie issue du dispositif jeunesse du ministère des armées ORION 2026. Ensuite, par son réalisme : les secours ont été engagés sans pré-affectation ni connaissance du scénario, comme en situation réelle. L’ensemble de la chaîne de secours a été jouée, en s’appuyant sur la couverture opérationnelle courante, jusqu’à la prise en charge dans un hôpital fictif installé dans l’hôtel de Ville de Paris.
Enfin, cet exercice nous permet de tester notre réponse dans le cadre de la golden hour, concept de médecine d’urgence. En effet, la plupart des blessés graves (polytraumatisé, ou bien victime d’une hémorragie interne) meurent dans les premières heures. On a donc un taux de survie optimal si la victime se retrouve sur une table d’opération dans l’heure qui suit l’accident.
La première heure d’engagement est donc déterminante. La coordination entre les différents acteurs du secours est l’un des critères de succès qui permet d’améliorer notre capacité à prendre en charge rapidement et prioritairement les victimes les plus graves.
Pourquoi le choix de ce scénario ?
Nous avons retenu un scénario impliquant de nombreuses victimes, car il permet de simuler une situation où les secours doivent faire face à un afflux massif de blessés, dispersés de manière désorganisée.
L’objectif de cet exercice était d’assurer une prise en charge efficace des victimes, de hiérarchiser les urgences et de coordonner l’ensemble des acteurs du secours — BSPP, SAMU, Protection civile et Croix-Rouge — afin de garantir la fluidité de la chaîne préhospitalière jusqu’à la fin de l’intervention.
Ce type de mise en situation nous offre l’opportunité de nous entraîner à « sauver les sauvables », en optimisant à la fois les décisions médicales et l’organisation logistique, dans un contexte marqué par une forte pression.
Pourquoi avoir choisi les quais de Seine ?
Le choix des quais de Seine répond à la fois à des objectifs opérationnels et à une recherche de réalisme.
Ce site permet de déployer un scénario de grande ampleur, avec une progression sur plus d’un kilomètre et demi, mettant à l’épreuve l’organisation des secours dans le temps et sur le terrain. Situé à la jonction de plusieurs secteurs opérationnels entre les différents groupements d’incendie et de secours, il offre également l’opportunité de tester concrètement la montée en puissance de la chaîne de commandement avec la présence de plusieurs véhicules poste de commandement.
La présence de la Seine apporte en outre une dimension supplémentaire avec un changement de milieu, ce qui permet d’enrichir l’exercice en y intégrant un secteur nautique avec les problématiques de reconnaissances et de sauvetage. Enfin, cet environnement urbain dense recrée des conditions proches de celles rencontrées lors des interventions quotidiennes.
Pour la BSPP comme pour l’ensemble des partenaires engagés, cet exercice met en évidence la capacité de la chaîne des secours à faire preuve de résilience face à une situation complexe. En éprouvant ainsi la robustesse de notre réponse face aux interventions NOVI, nous pouvons exploiter le retour d’expérience, ajuster nos doctrines ou les faire évoluer afin d’être pleinement prêts en cas d’évènement de ce type.