Exercice, exercice, exercice : Je demande plan rouge Alpha…

Lucie Pier­son —  — Modi­fiée le 6 mai 2026 à 15 h 11 

#BrigadeInside – Après un premier exercice aux Invalides en avril 2025, la BSPP a conduit dans la nuit du 16 au 17 avril 2026, un exercice d’engagement majeur sur les quais de Seine, en plein centre de Paris. Près de 600 intervenants BSPP, mais également des services de la préfecture de Police et des associations de sécurité civile y ont participé. Un déploiement d’envergure pour se préparer et tester la coordination et la réactivité des secours en situation de crise.

Cet exer­cice d’am­pleur, réa­li­sé une à deux fois par an, s’inscrit dans la démarche d’excellence conti­nue de la Bri­gade. Ain­si, dans un but d’évaluation et d’adaptation de ses doc­trines d’engagement, le bureau opé­ra­tion et pré­pa­ra­tion opé­ra­tion­nelle (BOPO) de la BSPP a éla­bo­ré un scé­na­rio autour de la menace atten­tat et de la prise en charge d’un nombre impor­tant de vic­times (NOVI). Ce type de crise impli­quant plu­sieurs acteurs et une coor­di­na­tion com­plexe doit être envi­sa­gé afin de pré­pa­rer effi­ca­ce­ment les secours à y répondre. Le scé­na­rio simu­lait le périple meur­trier d’un camion, joué sur les quais de Seine, sur une élon­ga­tion de 1,5 km.

Afin de tes­ter la réponse opé­ra­tion­nelle dans des condi­tions proches de la réa­li­té, la BSPP s’est appuyée sur la pré­fec­ture de Police, en coor­di­na­tion avec une quin­zaine d’équipes du SAMU de petite et grande cou­ronne, la bri­gade flu­viale, la pro­tec­tion civile et la Croix-Rouge fran­çaise, ain­si que la mai­rie de Paris. L’occasion de tra­vailler ensemble sur le ter­rain, dans un contexte d’engagement majeur, mais aus­si d’éprouver les capa­ci­tés opé­ra­tion­nelles de chaque enti­té. Chaque inter­ve­nant a pu mesu­rer l’ampleur et le stress que pour­rait engen­drer une inter­ven­tion de ce type, lors de cet exer­cice unique. Pour évo­quer cet exer­cice, nous avons ren­con­tré le lieu­te­nant-colo­nel David Meni­gon, direc­teur de l’exercice et adjoint au Bureau opé­ra­tions, pré­pa­ra­tion opé­ra­tion­nelle (BOPO).

Mon colo­nel, en quoi cette situa­tion consti­tue un exer­cice d’engagement majeur ?

Cet exer­cice s’inscrit dans notre pré­pa­ra­tion opé­ra­tion­nelle annuelle et vise à tes­ter notre capa­ci­té à répondre à une situa­tion com­plexe, impli­quant un grand nombre de vic­times, dans un contexte dégra­dé. Il est qua­li­fié de majeur à plu­sieurs titres. D’abord par son ampleur, avec près de 600 inter­ve­nants enga­gés, près de 200 engins mobi­li­sés et envi­ron 150 figu­rants, dont une grande par­tie issue du dis­po­si­tif jeu­nesse du minis­tère des armées ORION 2026. Ensuite, par son réa­lisme : les secours ont été enga­gés sans pré-affec­ta­tion ni connais­sance du scé­na­rio, comme en situa­tion réelle. L’ensemble de la chaîne de secours a été jouée, en s’appuyant sur la cou­ver­ture opé­ra­tion­nelle cou­rante, jusqu’à la prise en charge dans un hôpi­tal fic­tif ins­tal­lé dans l’hôtel de Ville de Paris.

Enfin, cet exer­cice nous per­met de tes­ter notre réponse dans le cadre de la gol­den hour, concept de méde­cine d’urgence. En effet, la plu­part des bles­sés graves (poly­trau­ma­ti­sé, ou bien vic­time d’une hémor­ra­gie interne) meurent dans les pre­mières heures. On a donc un taux de sur­vie opti­mal si la vic­time se retrouve sur une table d’o­pé­ra­tion dans l’heure qui suit l’accident.

La pre­mière heure d’engagement est donc déter­mi­nante. La coor­di­na­tion entre les dif­fé­rents acteurs du secours est l’un des cri­tères de suc­cès qui per­met d’améliorer notre capa­ci­té à prendre en charge rapi­de­ment et prio­ri­tai­re­ment les vic­times les plus graves.

Pour­quoi le choix de ce scénario ?

Nous avons rete­nu un scé­na­rio impli­quant de nom­breuses vic­times, car il per­met de simu­ler une situa­tion où les secours doivent faire face à un afflux mas­sif de bles­sés, dis­per­sés de manière désorganisée.

L’objectif de cet exer­cice était d’assurer une prise en charge effi­cace des vic­times, de hié­rar­chi­ser les urgences et de coor­don­ner l’ensemble des acteurs du secours — BSPP, SAMU, Pro­tec­tion civile et Croix-Rouge — afin de garan­tir la flui­di­té de la chaîne pré­hos­pi­ta­lière jusqu’à la fin de l’intervention.

Ce type de mise en situa­tion nous offre l’opportunité de nous entraî­ner à « sau­ver les sau­vables », en opti­mi­sant à la fois les déci­sions médi­cales et l’organisation logis­tique, dans un contexte mar­qué par une forte pression.

Pour­quoi avoir choi­si les quais de Seine ?

Le choix des quais de Seine répond à la fois à des objec­tifs opé­ra­tion­nels et à une recherche de réalisme.

Ce site per­met de déployer un scé­na­rio de grande ampleur, avec une pro­gres­sion sur plus d’un kilo­mètre et demi, met­tant à l’épreuve l’organisation des secours dans le temps et sur le ter­rain. Situé à la jonc­tion de plu­sieurs sec­teurs opé­ra­tion­nels entre les dif­fé­rents grou­pe­ments d’incendie et de secours, il offre éga­le­ment l’opportunité de tes­ter concrè­te­ment la mon­tée en puis­sance de la chaîne de com­man­de­ment avec la pré­sence de plu­sieurs véhi­cules poste de commandement.

La pré­sence de la Seine apporte en outre une dimen­sion sup­plé­men­taire avec un chan­ge­ment de milieu, ce qui per­met d’enrichir l’exercice en y inté­grant un sec­teur nau­tique avec les pro­blé­ma­tiques de recon­nais­sances et de sau­ve­tage. Enfin, cet envi­ron­ne­ment urbain dense recrée des condi­tions proches de celles ren­con­trées lors des inter­ven­tions quotidiennes.

Pour la BSPP comme pour l’ensemble des par­te­naires enga­gés, cet exer­cice met en évi­dence la capa­ci­té de la chaîne des secours à faire preuve de rési­lience face à une situa­tion com­plexe. En éprou­vant ain­si la robus­tesse de notre réponse face aux inter­ven­tions NOVI, nous pou­vons exploi­ter le retour d’expérience, ajus­ter nos doc­trines ou les faire évo­luer afin d’être plei­ne­ment prêts en cas d’évènement de ce type.


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