MSA et BSPP — Une entente gravée dans l’histoire

Lucie Pier­son —  — Modi­fiée le 29 sep­tembre 2026 à 13 h 36 

#BrigadeInside – L’entente entre MSA et la BSPP n’est plus à démontrer. Depuis de nombreuses années, les deux entités entretiennent une relation étroite, fondée sur la confiance et l’innovation. Dans cette dynamique de partenariat, MSA a invité la rédaction d’Allo18 à découvrir son site de production à Châtillon-sur-Chalaronne. En route vers l’histoire MSA ! 

Remon­tons le temps au matin du 26 mars 1912, une explo­sion sur­vient dans la mine de Jed, en Vir­gi­nie-Occi­den­tale. En quelques ins­tants, du méthane s’enflamme et plus de 80 mineurs perdent la vie. À la suite de cette tra­gé­die, John T. Ryan Sr, ingé­nieur des mines, prend la déci­sion de mettre ses connais­sances et son exper­tise au ser­vice de la pré­ven­tion afin de réduire le risque de catas­trophes simi­laires. Son col­lègue, George H.Deike, adhère immé­dia­te­ment à ce pro­jet ; tou­te­fois, il leur manque un inven­teur capable de concré­ti­ser leurs idées. Les deux hommes s’associent alors à Tho­mas Edi­son et déve­loppent ensemble de nom­breuses inno­va­tions des­ti­nées à amé­lio­rer la sécu­ri­té des tra­vailleurs. C’est dans cet élan que naît Mine Safe­ty Appliances, plus connue sous l’acronyme MSA. Au fil des décen­nies, MSA s’est impo­sée comme l’un des lea­ders mon­diaux dans la concep­tion et la fabri­ca­tion d’équipements de pro­tec­tion indi­vi­duelle (EPI). Aujourd’hui pré­sente dans plus de 140 pays, l’entreprise accom­pagne de nom­breux sec­teurs d’activité tels que l’industrie agroa­li­men­taire, chi­mique, minière, pétro­lière, ain­si que les dif­fé­rents ser­vices publics de l’État comme la police, la sécu­ri­té civile et les forces armées.

En France, le site MSA de Châ­tillon-sur-Cha­la­ronne, dans l’Ain, ancien­ne­ment Gal­let avant d’être rache­té en 2002 est deve­nu le centre d’excellence du groupe pour la caté­go­rie « pro­tec­tion de la tête ». Fon­dée en 1860, Gal­let, a, des années plus tard, col­la­bo­ré avec la Bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris (BSPP) afin de conce­voir un casque répon­dant aux exi­gences opé­ra­tion­nelles des sapeurs-pom­piers. Ce par­te­na­riat marque un tour­nant majeur dans l’histoire de Gal­let et contri­bue à asseoir sa répu­ta­tion sur le mar­ché de la pro­tec­tion de la tête. En 1985, le pre­mier casque F1 est offi­ciel­le­ment com­mer­cia­li­sé. Tou­te­fois, son déve­lop­pe­ment débute plu­sieurs années aupa­ra­vant. À cette époque, Gal­let n’est encore qu’une entre­prise fami­liale de l’Ain, qui a notam­ment rem­por­té des mar­chés pour la fabri­ca­tion des coiffes des casques mili­taires ain­si que de casques de moto. Son acti­vi­té his­to­rique repo­sait sur la fabri­ca­tion de selles pour deux-roues des­ti­nées aux usines du bas­sin de Mont­bé­liard. Cepen­dant, Adrien Gal­let, fils du fon­da­teur, sou­hai­tait ardem­ment diver­si­fier les acti­vi­tés de l’entreprise en déve­lop­pant un dépar­te­ment consa­cré aux casques. Bien que ce pro­jet pût alors sem­bler auda­cieux, voire uto­pique, Adrien Gal­let décide pour­tant d’investir des moyens consi­dé­rables dans le déve­lop­pe­ment du casque F1, alors même que per­sonne ne pou­vait garan­tir son suc­cès. Il fait confiance aux offi­ciers du bureau études pros­pec­tives (BEP) de la BSPP qui portent ce pro­jet avec la même déter­mi­na­tion que lui. En par­ti­cu­lier le colo­nel Legendre, qui, suite à une explo­sion de gaz en inter­ven­tion, perd son œil. Legendre sait que cette bles­sure aurait pu être évi­té si ses équi­pe­ments l’avaient pro­té­gé cor­rec­te­ment. Ce der­nier s’embarque alors dans un tra­vail de taille pour faire rem­pla­cer ce mau­dit casque qui lui avait valu d’être borgne. Il fau­dra alors plu­sieurs années de recherche, d’essais et de déve­lop­pe­ment avec la Bri­gade pour qu’un casque spé­cia­le­ment conçu pour les mis­sions des sapeurs-pom­piers voie enfin le jour. Le grand public, et même une par­tie des uti­li­sa­teurs, ne voient sou­vent dans le casque F1 qu’un équi­pe­ment esthé­tique, recon­nais­sable à sa sil­houette emblé­ma­tique et à son aspect brillant. Pour­tant, peu connaissent les condi­tions de sa créa­tion, les défis tech­niques qu’il a fal­lu rele­ver ou encore les nom­breuses inno­va­tions qu’il intègre. Après des essais concluants, en aout 1985, le casque est essayé et adop­té sous le nom de casque F1 car il fait par­tie inté­grante de la nou­velle tenue de la bri­gade : la tenue SPF1.

Repor­tage pho­to de l’en­tre­prise MSA, lea­der de la fabri­ca­tion de casque pom­pier. A l’oc­ca­sion, nous avons décou­vert le poten­tiel futur casque de la BSPP

Retour dans le présent.

C’est ain­si que, le mar­di 21 juillet 2026, nous avons quit­té Paris en direc­tion de Bourg-en-Bresse. À notre arri­vée, un taxi nous atten­dait pour nous conduire jusqu’au site de MSA. Nous y avons été cha­leu­reu­se­ment accueillis par Auré­lie Favre, réfé­rente mar­ke­ting, et Chris­tian Chma­ra, réfé­rent com­mer­cial pour la région Europe du Sud. La mati­née a été consa­cré à une pré­sen­ta­tion du groupe MSA, de son his­toire et, sur­tout, de son tout nou­veau casque Gal­let F1 (GF1). Bien qu’aucune com­mande n’ait encore été pas­sée par la BSPP, celui-ci n’étant pas encore com­mer­cia­li­sé au jour de notre visite, nous avons tout de même eu le pri­vi­lège de décou­vrir ce modèle en avant-première.

Il s’agit de la sixième géné­ra­tion du célèbre casque F1. Son appel­la­tion, volon­tai­re­ment proche de celle des pré­cé­dents modèles, rend hom­mage à l’héritage de la marque et à l’histoire de ce casque emblé­ma­tique. Alors quelles sont les nou­veau­tés apportées ?

Les études les plus récentes apportent aujourd’hui un recul signi­fi­ca­tif sur les risques liés à la toxi­ci­té des fumées d’incendie. Les efforts se concentrent désor­mais sur l’hygiène post-incen­die (HPI), un enjeu que MSA a plei­ne­ment inté­gré lors du déve­lop­pe­ment de ce nou­veau casque. L’un des objec­tifs majeurs était de conce­voir un équi­pe­ment faci­le­ment décon­ta­mi­nable. Ain­si, en un seul geste, la coiffe peut être reti­rée de la calotte puis net­toyée, aus­si bien en machine qu’à la main. « Pou­voir déso­li­da­ri­ser la coiffe en un coup de main était un point impor­tant pour moi » nous explique Sabri­na CASTE-MOREL. L’ergonomie a éga­le­ment fait l’objet d’une atten­tion par­ti­cu­lière. La calotte des­cend moins bas au niveau de la nuque, per­met­tant au por­teur de rele­ver davan­tage la tête sans que celle-ci ne vienne buter contre l’arrière du casque. Le main­tien s’en trouve éga­le­ment amé­lio­ré, offrant un meilleur confort d’utilisation. Le GALLET F1 est pro­po­sé dans une taille unique. En revanche, de nom­breux élé­ments internes de la coiffe sont réglables afin de s’adapter à l’ensemble des mor­pho­lo­gies. Cette capa­ci­té d’adaptation consti­tue d’ailleurs l’un des fils conduc­teurs du pro­jet. Au-delà du simple réglage de taille, MSA per­met de per­son­na­li­ser le casque en fonc­tion des besoins de chaque uti­li­sa­teur. Les dif­fé­rents acces­soires peuvent être ins­tal­lés ou reti­rés faci­le­ment, sans alté­rer les per­for­mances ni les fonc­tion­na­li­tés de l’équipement. Par­mi les nou­veau­tés les plus mar­quantes figure l’intégration d’un feu arrière pou­vant affi­cher une lumière rouge, verte ou bleue. Celui-ci faci­lite le repé­rage d’un sapeur-pom­pier dans un envi­ron­ne­ment sombre ou enfu­mé. Le casque peut éga­le­ment rece­voir un sys­tème de com­mu­ni­ca­tion radio, des bandes rétro­ré­flé­chis­santes, dif­fé­rents modèles d’éclairage, ain­si qu’une per­son­na­li­sa­tion de la plaque attri­but, entre autres possibilités.

L’é­tape de la mise en peinture ! 

Après un repas par­ta­gé avec les membres du groupe, l’après-midi a été consa­cré à la visite de l’usine ain­si qu’à la réa­li­sa­tion de plu­sieurs inter­views. Nous avons ain­si pu décou­vrir les dif­fé­rents ate­liers de fabri­ca­tion, de pro­duc­tion, de mon­tage et d’assemblage.

Le site de Châ­tillon-sur-Cha­la­ronne emploie près de 250 col­la­bo­ra­teurs dédiés à la concep­tion des dif­fé­rents équi­pe­ments de pro­tec­tion de la tête déve­lop­pés par MSA. Car il convient de rap­pe­ler : MSA ne fabrique pas uni­que­ment des casques des­ti­nés aux sapeurs-pom­piers ; l’entreprise conçoit éga­le­ment des casques balis­tiques, des casques pour l’aéronautique ou encore pour l’industrie et bien d’autres solu­tions de pro­tec­tion, au sein des nom­breux sites de pro­duc­tion en Europe ou dans le monde.

À l’exception de quelques com­po­sants spé­ci­fiques, comme cer­taines vis ou cer­tains res­sorts, la qua­si-tota­li­té des pièces est fabri­quée sur place avant d’être assem­blée par les équipes de pro­duc­tion. Si les machines occupent natu­rel­le­ment une place impor­tante dans le pro­ces­sus indus­triel, elles inter­viennent prin­ci­pa­le­ment pour assis­ter les opé­ra­teurs et garan­tir la pré­ci­sion ain­si que la confor­mi­té des pro­duits. L’humain demeure au cœur de la fabri­ca­tion, où le savoir-faire manuel conserve une place essentielle.

Notre visite s’est ache­vée par la décou­verte du labo­ra­toire d’essais, où chaque casque est sou­mis à une bat­te­rie de tests par­ti­cu­liè­re­ment exi­geants. Rien n’est lais­sé au hasard : chute d’une masse de cinq kilo­grammes depuis une hau­teur de deux mètres cin­quante, impact d’un objet tran­chant sur la calotte, pro­jec­tion de billes sur dif­fé­rentes zones du casques, essais sous contraintes ther­miques ou encore mul­tiples contrôles méca­niques. Autant d’épreuves qui per­mettent de garan­tir la robus­tesse, la fia­bi­li­té et le niveau de pro­tec­tion de chaque casque avant sa mise sur le marché.

La jour­née se ter­mine, il est temps pour nous de rejoindre la capi­tale, cette jour­née fut riche en décou­verte et éga­le­ment en par­tage. Vous l’avez com­pris der­rière l’entente MSA-BSPP, il y a plus qu’une simple rela­tion com­mer­ciale, la col­la­bo­ra­tion his­to­rique s’est encrée et conso­li­dée avec les années. Cette visite était aus­si l’occasion de nour­rir cette ami­tié et nous serons heu­reux de les accueillir à notre tour pro­chai­ne­ment peut être.


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