UN POMPIER, UN CS — Gwendal au CS Parmentier

Raphaël Orlan­do —  — Modi­fiée le 30 décembre 2025 à 16 h 39 

Web-série – Derrière sa façade en brique, le centre de secours Parmentier vit au rythme d’un secteur dense et animé. Caporal-chef au centre depuis six ans, Gwendal Le Fur nous parle de son engagement à Parmentier, du quotidien opérationnel et de la vie de caserne.

Bon­jour Gwen­dal, pour­rais-tu te présenter ?

Je suis le capo­ral-chef Gwen­dal Le Fur, j’ai 25 ans et six ans et quatre mois de ser­vice à la BSPP. Je suis affec­té au centre de secours Par­men­tier depuis mon incor­po­ra­tion. En 2021, j’ai pas­sé le PEC pour deve­nir capo­ral, puis le PECCH en 2023 pour accé­der au grade de capo­ral-chef. Je suis actuel­le­ment volon­taire pour pré­pa­rer le concours de sous-offi­cier, avec des pre­mières épreuves pré­vues en mars 2026 et, en cas de réus­site, une muta­tion envi­sa­gée en 2027 en tant que sergent.

Je suis éga­le­ment pré­sident des mili­taires du rang de Par­men­tier. En paral­lèle de mes fonc­tions opé­ra­tion­nelles, je suis affec­té au bureau secré­ta­riat afin d’assister le chef de centre sur les ques­tions de plan­ning et de ges­tion admi­nis­tra­tive des effectifs.

Sur le plan per­son­nel, je suis céli­ba­taire et sans enfant. Ori­gi­naire de l’Indre, où je suis éga­le­ment sapeur-pom­pier volon­taire, je suis en attente d’un loge­ment à Paris afin de me rap­pro­cher de la caserne et de limi­ter les allers-retours. Je suis pas­sion­né de trail, je pré­pare notam­ment la Vol­vic Expé­rience une course de 110 km. J’ai éga­le­ment pré­pa­ré et ter­mi­né un Iron­man dans la baie du Mont-Saint-Michel.

Quel est le pre­mier aspect posi­tif qui te vient en tête en pen­sant à ce CS ?

L’ambiance et la cama­ra­de­rie. Depuis que je suis à Par­men­tier, la cohé­sion est omni­pré­sente. On est inves­tis à fond, aus­si bien en inter­ven­tion qu’au centre de secours. C’est un CS très sol­li­ci­té, et cette acti­vi­té ren­force natu­rel­le­ment les liens entre nous.

Au quo­ti­dien, on passe beau­coup de temps ensemble, on dis­cute tard le soir, on rigole, et en dehors du ser­vice on orga­nise régu­liè­re­ment des moments de cohé­sion : férias, car­na­vals, tri­ath­lons, trails, mara­thons… Tout cela par­ti­cipe à l’état d’esprit du centre.

Quelles spé­ci­fi­ci­tés ou type d’inter’ pour ce secteur ?

Le sec­teur de Par­men­tier est très cos­mo­po­lite. La par­tie nord est plu­tôt défa­vo­ri­sée, tan­dis que le sec­teur du XIe arron­dis­se­ment est plus fes­tif, avec des inter­ven­tions sou­vent liées à la vie nocturne.

Nous sommes éga­le­ment concer­nés par de nom­breuses mani­fes­ta­tions pari­siennes. Il y en a qua­si­ment toutes les semaines, de tailles variables, qui tra­versent régu­liè­re­ment notre sec­teur, notam­ment le bou­le­vard Voltaire.

Quelle est l’intervention qui t’a le plus mar­qué dans ce CS ?

Au mois de jan­vier der­nier, j’étais chef d’agrès VSAV. Nous sommes appe­lés pour un homme coin­cé sous une voi­ture. Dès le départ, un engin sup­plé­men­taire est enga­gé pour nous ren­for­cer. À notre arri­vée, la vic­time est consciente et blo­quée sous son véhi­cule. Des témoins tentent de sou­la­ger la com­pres­sion en sou­le­vant la voi­ture à la force des bras.

Il s’agissait d’un maître-chien qui est des­cen­du de son véhi­cule — sta­tion­né dans la rampe d’accès d’un par­king sou­ter­rain — pour aller voir son mali­nois dans le coffre. Le frein à main n’ayant pas été cor­rec­te­ment ser­ré, la voi­ture l’a ren­ver­sé et pié­gé sous elle.

Au cours de l’intervention, son état se dégrade rapi­de­ment. Il devient incons­cient puis fait un arrêt car­dio-res­pi­ra­toire à l’arrivée de l’ambulance de réani­ma­tion. Le camion de dés­in­car­cé­ra­tion est en route, mais l’urgence ne nous per­met pas d’attendre. J’ordonne alors aux pom­piers pré­sents de sou­le­ver la voi­ture afin de pou­voir extraire la vic­time. Le mas­sage car­diaque est immé­dia­te­ment débu­té. Le méde­cin pro­cède ensuite à une ouver­ture de la cage tho­ra­cique pour réa­li­ser un mas­sage car­diaque interne, en rai­son d’une hémor­ra­gie interne com­pri­mant le cœur.

Le cœur repart et la vic­time est trans­por­tée en urgence à l’hôpital de la Pitié-Sal­pê­trière. J’ai mal­heu­reu­se­ment appris par la suite qu’elle est décé­dée sur la table d’opération.

Cette inter­ven­tion m’a mar­qué car j’ai assu­ré le com­man­de­ment des opé­ra­tions de secours du début à la fin. Elle a néces­si­té l’engagement de nom­breux moyens et la réa­li­sa­tion de manœuvres rares. Même si l’issue a été défa­vo­rable, tout a été mis en œuvre pour lui don­ner une chance.

Sou­ve­nir per­son­nel le plus mar­quant dans ce CS ?

Je pense avant tout aux moments de cohé­sion. J’en ai vécu beau­coup, mais l’un d’eux m’a par­ti­cu­liè­re­ment mar­qué : un dépla­ce­ment à Aubagne pour Came­rone. Nous avons par­ta­gé cette fête avec les légion­naires, qui nous ont accueillis dans leur régi­ment et fait décou­vrir leurs traditions.

Je retiens aus­si l’ambiance géné­rale du centre de secours. Les chefs font en sorte que l’on s’y sente bien. Les plus jeunes sont bien accueillis et accom­pa­gnés, et cha­cun est sou­te­nu dans son par­cours et son avancement.


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