Web-série – Derrière sa façade en brique, le centre de secours Parmentier vit au rythme d’un secteur dense et animé. Caporal-chef au centre depuis six ans, Gwendal Le Fur nous parle de son engagement à Parmentier, du quotidien opérationnel et de la vie de caserne.
Bonjour Gwendal, pourrais-tu te présenter ?
Je suis le caporal-chef Gwendal Le Fur, j’ai 25 ans et six ans et quatre mois de service à la BSPP. Je suis affecté au centre de secours Parmentier depuis mon incorporation. En 2021, j’ai passé le PEC pour devenir caporal, puis le PECCH en 2023 pour accéder au grade de caporal-chef. Je suis actuellement volontaire pour préparer le concours de sous-officier, avec des premières épreuves prévues en mars 2026 et, en cas de réussite, une mutation envisagée en 2027 en tant que sergent.
Je suis également président des militaires du rang de Parmentier. En parallèle de mes fonctions opérationnelles, je suis affecté au bureau secrétariat afin d’assister le chef de centre sur les questions de planning et de gestion administrative des effectifs.
Sur le plan personnel, je suis célibataire et sans enfant. Originaire de l’Indre, où je suis également sapeur-pompier volontaire, je suis en attente d’un logement à Paris afin de me rapprocher de la caserne et de limiter les allers-retours. Je suis passionné de trail, je prépare notamment la Volvic Expérience une course de 110 km. J’ai également préparé et terminé un Ironman dans la baie du Mont-Saint-Michel.
Quel est le premier aspect positif qui te vient en tête en pensant à ce CS ?
L’ambiance et la camaraderie. Depuis que je suis à Parmentier, la cohésion est omniprésente. On est investis à fond, aussi bien en intervention qu’au centre de secours. C’est un CS très sollicité, et cette activité renforce naturellement les liens entre nous.
Au quotidien, on passe beaucoup de temps ensemble, on discute tard le soir, on rigole, et en dehors du service on organise régulièrement des moments de cohésion : férias, carnavals, triathlons, trails, marathons… Tout cela participe à l’état d’esprit du centre.
Quelles spécificités ou type d’inter’ pour ce secteur ?
Le secteur de Parmentier est très cosmopolite. La partie nord est plutôt défavorisée, tandis que le secteur du XIe arrondissement est plus festif, avec des interventions souvent liées à la vie nocturne.
Nous sommes également concernés par de nombreuses manifestations parisiennes. Il y en a quasiment toutes les semaines, de tailles variables, qui traversent régulièrement notre secteur, notamment le boulevard Voltaire.
Quelle est l’intervention qui t’a le plus marqué dans ce CS ?
Au mois de janvier dernier, j’étais chef d’agrès VSAV. Nous sommes appelés pour un homme coincé sous une voiture. Dès le départ, un engin supplémentaire est engagé pour nous renforcer. À notre arrivée, la victime est consciente et bloquée sous son véhicule. Des témoins tentent de soulager la compression en soulevant la voiture à la force des bras.
Il s’agissait d’un maître-chien qui est descendu de son véhicule — stationné dans la rampe d’accès d’un parking souterrain — pour aller voir son malinois dans le coffre. Le frein à main n’ayant pas été correctement serré, la voiture l’a renversé et piégé sous elle.
Au cours de l’intervention, son état se dégrade rapidement. Il devient inconscient puis fait un arrêt cardio-respiratoire à l’arrivée de l’ambulance de réanimation. Le camion de désincarcération est en route, mais l’urgence ne nous permet pas d’attendre. J’ordonne alors aux pompiers présents de soulever la voiture afin de pouvoir extraire la victime. Le massage cardiaque est immédiatement débuté. Le médecin procède ensuite à une ouverture de la cage thoracique pour réaliser un massage cardiaque interne, en raison d’une hémorragie interne comprimant le cœur.
Le cœur repart et la victime est transportée en urgence à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. J’ai malheureusement appris par la suite qu’elle est décédée sur la table d’opération.
Cette intervention m’a marqué car j’ai assuré le commandement des opérations de secours du début à la fin. Elle a nécessité l’engagement de nombreux moyens et la réalisation de manœuvres rares. Même si l’issue a été défavorable, tout a été mis en œuvre pour lui donner une chance.
Souvenir personnel le plus marquant dans ce CS ?
Je pense avant tout aux moments de cohésion. J’en ai vécu beaucoup, mais l’un d’eux m’a particulièrement marqué : un déplacement à Aubagne pour Camerone. Nous avons partagé cette fête avec les légionnaires, qui nous ont accueillis dans leur régiment et fait découvrir leurs traditions.
Je retiens aussi l’ambiance générale du centre de secours. Les chefs font en sorte que l’on s’y sente bien. Les plus jeunes sont bien accueillis et accompagnés, et chacun est soutenu dans son parcours et son avancement.