Web-série – Sourire facile et poignée de main franche, le caporal Aurélien Ribeiro Mendes incarne l’esprit de la 13e compagnie de sapeurs-pompiers de Paris. Connu sous le surnom de « ma poule », ce père de famille originaire d’Auvergne sert à Aulnay-sous-Bois depuis sept ans. Portrait d’une figure incontournable du centre de secours, fort de onze années d’engagement au service des autres.
Bonjour Aurélien, pourrais-tu te présenter ?
Salut ! Je suis le caporal Aurélien Ribeiro Mendes, j’ai 33 ans et 11 ans de service. J’ai débuté ma carrière à Montmartre, où je suis resté quatre ans. Je suis également passé par la remise avant de devenir caporal. Cela fait maintenant sept ans que je sers au centre de secours Aulnay. Ici, mon surnom est « ma poule » car en arrivant, je n’arrivais pas à retenir tous les prénoms, alors je me suis mis à appeler tout le monde comme ça… Et c’est resté. Je fais aussi partie de ceux qu’on appelle les « pompiers TGV », c’est-à-dire des militaires qui vivent en province et font les allers-retours pour assurer leurs gardes. Je suis originaire d’un petit village mondialement connu, Volvic, en Auvergne, dans le Puy-de-Dôme, où je réside toujours. Je suis papa de deux enfants, un garçon et une fille.
Quel est le premier aspect positif qui te vient en tête en pensant à ce CS ?
Le point positif d’Aulnay, c’est l’ambiance, très familiale. Ici, on dit souvent « cool, mais pro », et je trouve que cela résume bien la mentalité de la 13e compagnie. C’est une compagnie atypique, avec un secteur unique qui nous pousse à être soudés les uns aux autres. La cohésion n’est pas qu’un mot, elle est nécessaire au vu du contexte opérationnel.
Quelles sont les spécificités ou les types d’interventions sur ce secteur ?
Notre secteur présente de nombreux risques industriels, avec beaucoup d’entrepôts, mais aussi l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle, qui représente un risque majeur à tous les niveaux et dont notre compagnie défend une grande partie. Sur le plan humain, les risques sociaux sont également marqués car le centre de secours est enclavé entre six cités réputées sensibles. Le secteur est donc très varié, mêlant zones industrielles, quartiers sensibles, zones pavillonnaires et un important réseau routier. Nous défendons l’un des secteurs les plus vastes de la Brigade en superficie, couvrant environ 160 000 habitants répartis sur Aulnay-sous-Bois, Livry-Gargan, Sevran et Villepinte. Le centre réalise quelque 12 500 départs par an, dont 11 % concernent l’incendie.
Quelle est l’intervention qui t’a le plus marqué dans ce CS ?
Après sept années passées ici, il est difficile d’en isoler une seule. Je pense à deux sauvetages réalisés à Livry-Gargan, à un feu de cage d’escalier particulièrement marquant, à de nombreux renforts incendie ou encore à des accouchements. Chaque intervention apporte ses particularités. Les émeutes, notamment celles liées à l’affaire Nahel, m’ont cependant marqué par leur intensité. Ce sont les plus violentes que j’ai connu. Pendant plusieurs jours, le centre de secours a été encerclé par les CRS, car nous étions la cible de tirs de mortier et d’attaques directes. À une occasion, des émeutiers ont même tenté de pénétrer dans l’enceinte. Notre secteur a été l’un des plus touchés en France : les engins étaient régulièrement pris à partie et nous avons été renforcés par d’autres engins-pompes de la Brigade ainsi que par des pompiers professionnels pour faire face à la situation.
Souvenir personnel le plus marquant dans ce CS ?
Ce qui me marque le plus à Aulnay, c’est l’ambiance générale. Nous sommes très proches les uns des autres. Ici, on dit : « Treizien un jour, treizien toujours. » Nous organisons régulièrement des moments conviviaux, comme des barbecues ou des parties de pétanque, et nous profitons de l’espace vert de la caserne, ce qui est assez rare, même pour un centre extra-muros.
Particularité plus insolite, à laquelle je tiens beaucoup : nos deux petites chèvres, qui vivent dans l’enceinte du centre de secours depuis près d’une vingtaine d’années. Elles font pleinement partie de l’identité du lieu et viennent parfois nous rendre visite pendant les rassemblements. Je me devais de les mettre à l’honneur.