UN POMPIER, UN CS — Aurélien au CS Aulnay-sous-Bois

Raphaël Orlan­do —  — Modi­fiée le 10 mars 2026 à 10 h 59 

Web-série – Sourire facile et poignée de main franche, le caporal Aurélien Ribeiro Mendes incarne l’esprit de la 13e compagnie de sapeurs-pompiers de Paris. Connu sous le surnom de « ma poule », ce père de famille originaire d’Auvergne sert à Aulnay-sous-Bois depuis sept ans. Portrait d’une figure incontournable du centre de secours, fort de onze années d’engagement au service des autres.

Bon­jour Auré­lien, pour­rais-tu te présenter ?

Salut ! Je suis le capo­ral Auré­lien Ribei­ro Mendes, j’ai 33 ans et 11 ans de ser­vice. J’ai débu­té ma car­rière à Mont­martre, où je suis res­té quatre ans. Je suis éga­le­ment pas­sé par la remise avant de deve­nir capo­ral. Cela fait main­te­nant sept ans que je sers au centre de secours Aul­nay. Ici, mon sur­nom est « ma poule » car en arri­vant, je n’arrivais pas à rete­nir tous les pré­noms, alors je me suis mis à appe­ler tout le monde comme ça… Et c’est res­té. Je fais aus­si par­tie de ceux qu’on appelle les « pom­piers TGV », c’est-à-dire des mili­taires qui vivent en pro­vince et font les allers-retours pour assu­rer leurs gardes. Je suis ori­gi­naire d’un petit vil­lage mon­dia­le­ment connu, Vol­vic, en Auvergne, dans le Puy-de-Dôme, où je réside tou­jours. Je suis papa de deux enfants, un gar­çon et une fille.

Quel est le pre­mier aspect posi­tif qui te vient en tête en pen­sant à ce CS ?

Le point posi­tif d’Aulnay, c’est l’ambiance, très fami­liale. Ici, on dit sou­vent « cool, mais pro », et je trouve que cela résume bien la men­ta­li­té de la 13e com­pa­gnie. C’est une com­pa­gnie aty­pique, avec un sec­teur unique qui nous pousse à être sou­dés les uns aux autres. La cohé­sion n’est pas qu’un mot, elle est néces­saire au vu du contexte opérationnel.

Quelles sont les spé­ci­fi­ci­tés ou les types d’interventions sur ce secteur ?

Notre sec­teur pré­sente de nom­breux risques indus­triels, avec beau­coup d’entrepôts, mais aus­si l’aéroport Rois­sy – Charles-de-Gaulle, qui repré­sente un risque majeur à tous les niveaux et dont notre com­pa­gnie défend une grande par­tie. Sur le plan humain, les risques sociaux sont éga­le­ment mar­qués car le centre de secours est encla­vé entre six cités répu­tées sen­sibles. Le sec­teur est donc très varié, mêlant zones indus­trielles, quar­tiers sen­sibles, zones pavillon­naires et un impor­tant réseau rou­tier. Nous défen­dons l’un des sec­teurs les plus vastes de la Bri­gade en super­fi­cie, cou­vrant envi­ron 160 000 habi­tants répar­tis sur Aul­nay-sous-Bois, Livry-Gar­gan, Sevran et Vil­le­pinte. Le centre réa­lise quelque 12 500 départs par an, dont 11 % concernent l’incendie.

Quelle est l’intervention qui t’a le plus mar­qué dans ce CS ?

Après sept années pas­sées ici, il est dif­fi­cile d’en iso­ler une seule. Je pense à deux sau­ve­tages réa­li­sés à Livry-Gar­gan, à un feu de cage d’escalier par­ti­cu­liè­re­ment mar­quant, à de nom­breux ren­forts incen­die ou encore à des accou­che­ments. Chaque inter­ven­tion apporte ses par­ti­cu­la­ri­tés. Les émeutes, notam­ment celles liées à l’affaire Nahel, m’ont cepen­dant mar­qué par leur inten­si­té. Ce sont les plus vio­lentes que j’ai connu. Pen­dant plu­sieurs jours, le centre de secours a été encer­clé par les CRS, car nous étions la cible de tirs de mor­tier et d’attaques directes. À une occa­sion, des émeu­tiers ont même ten­té de péné­trer dans l’enceinte. Notre sec­teur a été l’un des plus tou­chés en France : les engins étaient régu­liè­re­ment pris à par­tie et nous avons été ren­for­cés par d’autres engins-pompes de la Bri­gade ain­si que par des pom­piers pro­fes­sion­nels pour faire face à la situation.

Sou­ve­nir per­son­nel le plus mar­quant dans ce CS ?

Ce qui me marque le plus à Aul­nay, c’est l’ambiance géné­rale. Nous sommes très proches les uns des autres. Ici, on dit : « Trei­zien un jour, trei­zien tou­jours. » Nous orga­ni­sons régu­liè­re­ment des moments convi­viaux, comme des bar­be­cues ou des par­ties de pétanque, et nous pro­fi­tons de l’espace vert de la caserne, ce qui est assez rare, même pour un centre extra-muros.

Par­ti­cu­la­ri­té plus inso­lite, à laquelle je tiens beau­coup : nos deux petites chèvres, qui vivent dans l’enceinte du centre de secours depuis près d’une ving­taine d’années. Elles font plei­ne­ment par­tie de l’identité du lieu et viennent par­fois nous rendre visite pen­dant les ras­sem­ble­ments. Je me devais de les mettre à l’honneur.


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