Planète Brigade – Le 1er mai 2026, le groupe d’appui médical de la Brigade de recherche et d’intervention de Paris (BRI-PP) a fêté ses quinze ans d’existence. Fondée en 2011 par le Professeur Denis Safran, cette unité d’exception intègre des médecins de la BSPP au cœur des opérations de contre-terrorisme. Retour sur quinze années d’engagement discret et d’expertise médicale de pointe au service des unités d’élite de la préfecture de Police.
Aujourd’hui composé de cinq médecins de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et du Pr Safran qui en assure la direction pour la préfecture de Police de Paris, cette unité très spéciale occupe une place indispensable dans le dispositif de la BRI .
Histoire de gestion de crise
Créée en 1964 dans un contexte d’augmentation du grand banditisme, la Brigade de recherche et d’intervention de Paris, historiquement appelée “Antigang”, s’est progressivement imposée comme une unité d’élite de la police judiciaire parisienne.À partir des années 1970, notamment après les événements internationaux majeurs impliquant des prises d’otages, les autorités françaises structurent progressivement une réponse spécialisée aux situations de crise. La BRI devient alors un acteur central de ces dispositifs, participant à la constitution de forces d’intervention capables de gérer des événements à haute intensité.
Au fil des décennies, son savoir-faire va contribuer à inspirer la création d’unités spécialisées telles que le RAID, tout en conservant sa spécificité : combiner missions de police judiciaire et capacité d’intervention en situation de crise. Aujourd’hui encore, la BRI-PP intervient aussi bien dans la lutte contre le grand banditisme que dans la gestion d’événements terroristes ou de crises complexes. Dans ce contexte opérationnel exigeant, la nécessité d’un soutien médical intégré a fait son chemin.
Au cœur de l’action
Le groupe d’appui médical de la BRI repose sur un principe simple mais ambitieux. Elle apporte une capacité médicale immédiatement disponible et directement engagée aux côtés des opérateurs.Les six médecins qui composent ce groupe sont sélectionnés pour leur expertise en médecine d’urgence, en médecine de catastrophe et pour leur capacité à évoluer en environnement contraint.
Ils assurent des permanences opérationnelles durant lesquelles ils intègrent les dispositifs de la BRI, notamment les colonnes d’assaut engagées lors d’interpellations à haut risque, de retranchements, d’enlèvements-séquestrations, de prises d’otages, ou de situations de crise majeure. Leur mission principale est d’assurer le soutien médical immédiat des opérateurs, tout en étant capables de prendre en charge toute victime présente sur zone, qu’il s’agisse de policiers ou de tiers.
Une médecine sous contrainte tactique
Intervenir au sein d’une unité d’intervention impose des contraintes spécifiques, bien différentes du cadre hospitalier ou préhospitalier classique. Le médecin peut être amené à progresser avec la colonne d’assaut en zone d’exclusion, dans un environnement potentiellement hostile, dans des conditions de visibilité dégradées, un niveau sonore élevé, une incertitude permanente sur la menace, et une contrainte temporelle majeure. Un contexte dans lequel la pratique médicale doit être adaptée. La priorisation absolue des gestes et une absence de superflu n’ont alors qu’un seul but, celui d’une efficacité maximale. Chaque décision doit concilier impératif médical et impératif tactique. Le médecin travaille en coordination étroite avec le chef de colonne et s’intègre pleinement à la manœuvre opérationnelle. Cette capacité d’adaptation constitue l’une des spécificités majeures de cette fonction.
Agir dans la phase post-crise
Une fois l’intervention terminée, le rôle du médecin évolue mais reste central. Il assure la gestion médicale de la phase post-crise immédiate. L’évaluation et tri des victimes, leur mise en condition, l’organisation de l’évacuation et la coordination avec les moyens de secours engagés (BSPP, SAMU) devient dès lors, la mission de l’unité de soutien. En situation complexe ou multi-victimes, il peut participer à la mise en place d’un point de regroupement des victimes et à l’organisation de la chaîne d’évacuation, en lien direct avec le directeur des secours médicaux. La connaissance des réseaux de soins, associée à une solide expérience en médecine de catastrophe, constitue ici un atout déterminant.
La sélection des médecins du groupe au sein de la BSPP représente également un avantage opérationnel déterminant, en favorisant une coordination fluide avec les secours engagés, une parfaite connaissance des moyens disponibles et une maîtrise des filières d’évacuation médicales franciliennes. Cette organisation illustre le caractère intégré propre à la préfecture de Police de Paris, où forces d’intervention et secours spécialisés agissent dans une logique opérationnelle commune.
Préparer, entraîner, transmettre
L’activité des médecins du groupe d’appui médical ne se limite pas aux interventions. Ils participent activement à la préparation opérationnelle de la BRI à travers d’entraînements tactiques réguliers avec les unités. Le maintien d’un potentiel physique adaptée aux exigences du terrain est, bien entendu, une condition sine qua non pour cette fonction.
Par ailleurs, les médecins du groupe d’appui forment des opérateurs au sauvetage au combat. Cette dimension de formation est essentielle. Elle permet d’améliorer la prise en charge initiale des blessés dès les premières secondes, en attendant l’intervention du médecin.
Une expertise rare au service des missions les plus exigeantes
Depuis quinze ans, les médecins du groupe d’appui médical de la BRI Paris développent une expertise singulière, à la croisée de plusieurs domaines : médecine d’urgence, médecine de catastrophe, médecine tactique et coordination opérationnelle des secours.
Leur capacité à intervenir dans des environnements hostiles tout en assurant une continuité des soins vers les structures hospitalières en fait un maillon essentiel de la chaîne opérationnelle. Discrets par nature, ils contribuent pourtant de manière déterminante à la réussite des missions et à la sécurité des opérateurs comme des victimes.
À l’occasion de cet anniversaire, c’est avant tout un collectif qui est mis à l’honneur :
celui de médecins engagés, exigeants, et profondément intégrés à une unité d’intervention d’exception.
Remerciements
Les médecins du groupe d’appui médical de la BRI-PP remercient le Professeur Denis Safran, le Professeur Stéphane Travers ainsi que la BSPP et la Préfecture de Police de Paris pour leur confiance.
Cet article est dédié à la mémoire du Dr Franck Calamai.