Grands formats – Double championne du monde militaire de rugby à XV, joueuse au Stade Français et caporal-chef à la BSPP, Fanny Seninge partage un quotidien brûlant d’engagement. Affectée au CS Montreuil depuis 2024, elle revient sur l’ambiance de cette caserne, son parcours à la Brigade et son ambition de devenir infirmière au sein de la BSPP.
Bonjour Fanny, pourrais-tu te présenter ?
Salut, je suis le caporal-chef Fanny Seninge, j’ai 27 ans et je suis originaire de Vénissieux, près de Lyon, dans le Rhône. En parallèle de la BSPP, je pratique aussi le rugby au Stade Français, en Élite 2. À la Brigade, j’ai débuté au CS Château-Landon où j’ai évolué comme première classe puis caporal et caporal-chef. Je suis passée par la remise et j’ai validé l’ensemble des stages remise avant d’être affectée au CS Pantin. En 2024, je suis arrivée au CS Montreuil en tant que caporal-chef, cette fois en service permanent au bureau RHL. En parallèle, je suis actuellement le cursus CT1, ainsi qu’un cursus infirmier pour intégrer l’École du personnel paramédical des armées et devenir, je l’espère, infirmière à la BSPP dans trois ans si tout se passe bien.
J’ai aussi eu la chance de faire partie de l’équipe de France militaire et de l’équipe armée de Terre de rugby. En 2022, nous avons remporté la première Coupe du monde féminine militaire en Nouvelle-Zélande, puis la deuxième en 2025 en Angleterre. Aujourd’hui, on est doubles championnes du monde militaires de rugby à XV. J’ai décidé de suivre le parcours infirmier car j’adore apprendre et j’avais envie d’aller encore plus loin dans le domaine du secours. Mon objectif est de développer un savoir-faire plus médical, pour, plus tard je l’espère, décaler avec les ambulances de réanimation de la Brigade.
Quel est le premier aspect positif qui te vient en tête en pensant à ce CS ?
Je dirais la bienveillance et la cohésion. C’est vraiment ce qui caractérise le CS Montreuil. Ici, tout le monde est à l’écoute et cherche à faire progresser les autres. Peu importe le niveau de chacun, l’objectif est d’avancer ensemble. On se tire tous vers le haut. Je pense aussi que c’est une caserne où le grade est respecté, évidemment, mais il ne se ressent pas dans les relations humaines. On est tous ensemble et il y a vraiment un très bon esprit de groupe.
Quelles sont les spécificités ou les types d’interventions sur ce secteur ?
Le secteur de Montreuil est assez varié. On couvre Montreuil, une partie de Romainville, un secteur de Bondy et aussi une petite partie de Vincennes. On retrouve à la fois des quartiers défavorisés et d’autres plus bourgeois, avec des bâtiments très différents : du pavillon, du collectif, des zones plus urbaines. Cela nous expose à un panel assez large d’intervention.
Quelle est l’intervention qui t’a le plus marquée dans ce CS ?
C’était une intervention pour coups de couteau. À notre arrivée, la victime était assise sur le palier de son appartement avec plusieurs plaies au niveau des cuisses. Ce qui m’a le plus marquée en tant que chef d’agrès, ce n’était pas forcément la blessure en elle-même, mais la gestion de la sécurité de mon équipage. La personne qui avait poignardé la victime était encore dans l’appartement, dont la porte était ouverte lorsque nous sommes arrivés. Il fallait donc gérer simultanément la demande de police, la sécurisation de la zone et la prise en charge rapide de la victime, qui présentait des hémorragies. En soi, cela peut paraître banal, mais il y avait un risque à prendre en compte et ça m’a rappelé l’importance de l’analyse de la situation.
Souvenir personnel le plus marquant dans ce CS ?
Je pense tout de suite au partenariat qu’on a mis en place avec le Stade Français. On avait organisé une journée de cohésion à Jean-Bouin avec les filles du Stade Français et les pompiers de la caserne Montreuil. On a fait un entraînement ensemble puis un moment plus convivial autour de pizzas. Ensuite, on a fait le « match retour » à Montreuil. Les joueuses sont venues découvrir notre univers : elles ont mis la tenue de feu, sont montées à la grande échelle et ont réalisé un parcours pompier sous ARI. C’était un super moment de partage. On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de valeurs communes entre le rugby, les pompiers et l’armée : l’esprit d’équipe, le dépassement de soi et la cohésion. Et puis il y avait aussi un vrai message autour de la féminisation. Ça montrait que les filles aussi peuvent envoyer fort en sport, comme sur inter’.