UN POMPIER, UN CS — Fanny au CS Montreuil

Raphaël Orlan­do —  — Modi­fiée le 20 mai 2026 à 16 h 26 

Grands formats – Double championne du monde militaire de rugby à XV, joueuse au Stade Français et caporal-chef à la BSPP, Fanny Seninge partage un quotidien brûlant d’engagement. Affectée au CS Montreuil depuis 2024, elle revient sur l’ambiance de cette caserne, son parcours à la Brigade et son ambition de devenir infirmière au sein de la BSPP.

Bon­jour Fan­ny, pour­­rais-tu te présenter ?

Salut, je suis le capo­­ral-chef Fan­ny Seninge, j’ai 27 ans et je suis ori­gi­naire de Vénis­sieux, près de Lyon, dans le Rhône. En paral­lèle de la BSPP, je pra­tique aus­si le rug­by au Stade Fran­çais, en Élite 2. À la Bri­gade, j’ai débu­té au CS Châ­­teau-Lan­­don où j’ai évo­lué comme pre­mière classe puis capo­ral et capo­­ral-chef. Je suis pas­sée par la remise et j’ai vali­dé l’ensemble des stages remise avant d’être affec­tée au CS Pan­tin. En 2024, je suis arri­vée au CS Mon­treuil en tant que capo­­ral-chef, cette fois en ser­vice per­ma­nent au bureau RHL. En paral­lèle, je suis actuel­le­ment le cur­sus CT1, ain­si qu’un cur­sus infir­mier pour inté­grer l’École du per­son­nel para­mé­di­cal des armées et deve­nir, je l’espère, infir­mière à la BSPP dans trois ans si tout se passe bien.

J’ai aus­si eu la chance de faire par­tie de l’équipe de France mili­taire et de l’équipe armée de Terre de rug­by. En 2022, nous avons rem­por­té la pre­mière Coupe du monde fémi­nine mili­taire en Nou­­velle-Zélande, puis la deuxième en 2025 en Angle­terre. Aujourd’hui, on est doubles cham­pionnes du monde mili­taires de rug­by à XV. J’ai déci­dé de suivre le par­cours infir­mier car j’adore apprendre et j’avais envie d’aller encore plus loin dans le domaine du secours. Mon objec­tif est de déve­lop­per un savoir-faire plus médi­cal, pour, plus tard je l’espère, déca­ler avec les ambu­lances de réani­ma­tion de la Brigade.

Quel est le pre­mier aspect posi­tif qui te vient en tête en pen­sant à ce CS ?

Je dirais la bien­veillance et la cohé­sion. C’est vrai­ment ce qui carac­té­rise le CS Mon­treuil. Ici, tout le monde est à l’écoute et cherche à faire pro­gres­ser les autres. Peu importe le niveau de cha­cun, l’objectif est d’a­van­cer ensemble. On se tire tous vers le haut. Je pense aus­si que c’est une caserne où le grade est res­pec­té, évi­dem­ment, mais il ne se res­sent pas dans les rela­tions humaines. On est tous ensemble et il y a vrai­ment un très bon esprit de groupe.

Quelles sont les spé­ci­fi­ci­tés ou les types d’interventions sur ce secteur ?

Le sec­teur de Mon­treuil est assez varié. On couvre Mon­treuil, une par­tie de Romain­ville, un sec­teur de Bon­dy et aus­si une petite par­tie de Vin­cennes. On retrouve à la fois des quar­tiers défa­vo­ri­sés et d’autres plus bour­geois, avec des bâti­ments très dif­fé­rents : du pavillon, du col­lec­tif, des zones plus urbaines. Cela nous expose à un panel assez large d’intervention.

Quelle est l’intervention qui t’a le plus mar­quée dans ce CS ?

C’était une inter­ven­tion pour coups de cou­teau. À notre arri­vée, la vic­time était assise sur le palier de son appar­te­ment avec plu­sieurs plaies au niveau des cuisses. Ce qui m’a le plus mar­quée en tant que chef d’agrès, ce n’était pas for­cé­ment la bles­sure en elle-même, mais la ges­tion de la sécu­ri­té de mon équi­page. La per­sonne qui avait poi­gnar­dé la vic­time était encore dans l’appartement, dont la porte était ouverte lorsque nous sommes arri­vés. Il fal­lait donc gérer simul­ta­né­ment la demande de police, la sécu­ri­sa­tion de la zone et la prise en charge rapide de la vic­time, qui pré­sen­tait des hémor­ra­gies. En soi, cela peut paraître banal, mais il y avait un risque à prendre en compte et ça m’a rap­pe­lé l’importance de l’analyse de la situation.

Sou­ve­nir per­son­nel le plus mar­quant dans ce CS ?

Je pense tout de suite au par­te­na­riat qu’on a mis en place avec le Stade Fran­çais. On avait orga­ni­sé une jour­née de cohé­sion à Jean-Bouin avec les filles du Stade Fran­çais et les pom­piers de la caserne Mon­treuil. On a fait un entraî­ne­ment ensemble puis un moment plus convi­vial autour de piz­zas. Ensuite, on a fait le « match retour » à Mon­treuil. Les joueuses sont venues décou­vrir notre uni­vers : elles ont mis la tenue de feu, sont mon­tées à la grande échelle et ont réa­li­sé un par­cours pom­pier sous ARI. C’était un super moment de par­tage. On s’est ren­du compte qu’il y avait beau­coup de valeurs com­munes entre le rug­by, les pom­piers et l’armée : l’esprit d’équipe, le dépasse­ment de soi et la cohé­sion. Et puis il y avait aus­si un vrai mes­sage autour de la fémi­ni­sa­tion. Ça mon­trait que les filles aus­si peuvent envoyer fort en sport, comme sur inter’.


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